• Si je parle ici de ce livre, c'est juste par altruisme, pour vous éviter de faire la connerie de l'acheter ! La critique pourrait tenir en un seul mot : nul !.... Mais, comme l'a écrit Edmond Rostand dans Cyrano de Bergerac : "C'est un peu court, jeune homme !"... Je vais donc développer un peu : Dès la première page, on a un mort, un tué ; il gît dans l'herbe, couché sur le dos, du sang  au niveau de la poitrine... Page 90, il est encore là, dans la même position, car les morts, c'est bien connu, ne bougent guère !.. Mais il y a du monde autour : le shérif venu enquêter, et puis plein de Nègres, dont chacun s'accuse du meurtre, le tué étant un Blanc... Toute l'histoire tient là : chaque nègre tient un fusil, chaque nègre dit qu'il a tué. S'ensuivent d'interminables dialogues en forme de bla-bla, où chacun exprime la rancoeur qu'il avait, et les souffrances infligés par le Blanc pendant de longues années.. . Cela aurait pu être un polar autour de la ségrégation et du racisme... Mais c'est raté ; le style est lourd, maladroit, mal écrit (ou mal traduit ?)... Aucun suspense ne nous pousse vers la page suivante... En face, on voit s'organiser une coalition de Blancs, pour l'inévitable vengeance, dans ce terrible engrenage raciste qui n'a pas de fin, car les haines se cultivent et s'entretiennent... Et ce roman plein de verbiage va ainsi de chapitre en chapitre, pour nous infliger des tonnes de jérémiades laborieuses qui se perdent dans une foule de détails inutiles... Seul personnage intéressant : le shérif, assis entre deux chaises : il est Blanc, mais il tente de faire prévaloir la raison, ce qui le fait accuser par les Blancs de "défendre les Nègres ".... Bien entendu, il y aura une fusillade à la fin, dans la plus grande confusion. Trois morts, puis un procès qui se termine en eau de boudin....  Un roman raté, de bout en bout. A éviter absolument.


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  • Étonnamment, L'Eté finit sous les tilleuls a reçu le Prix Interallié. C'est étonnant car ce roman est bien pauvre. Sous son titre à la nostalgie bucolique, se déroule la chronique banale et sans saveur d'une vie provinciale en Charente. Florence, une femme un peu fantasque, se marie en mettant le grappin sur un instituteur. Ce n'est pas le grand amour, elle s'ennuie... C'est une sorte de madame Bovary contemporaine, sauf que Flaubert avait un talent que n'a pas Haedens. Alors, tout au long des mornes pages, nous assistons aux petits histoires de cul, pelotages et baisouillettes diverses entre un tas de protagonistes, tous plus ou moins bourgeois, conformistes bien honnêtes  et bien-pensants, mais sourdement travaillés par les hypocrites frustrations et les  lancinantes pulsions de leurs génitoires ... Florence a un rêve : égaler Rastignac et conquérir Paris ! Hélas pour elle, si Kleber Haedens n'est pas Flaubert, il n'est pas Balzac non plus, et Florence aura beau varier les coucheries en cachette, soulevant sa robe au coin d'une forêt ou dans une vieille maison cossue, elle ne trouvera ni l'orgasme ni  la gloire parisienne...  L'histoire se traîne donc de page en page, chronique fadasse que l'on suit en baillant. Heureusement, il n'y a que 159 pages, on est donc vite débarrassé de cette littérature pesante et sans éclat. L'été finit sous les tilleuls, et le roman aussi, sans suspense, au terme d'une lecture qui est un paisible emmerdement  soporifique.  Je recommande ce roman aux insomniaques : endormissement rapide garanti


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  • Pas de critique littéraire ici, ce livre n'est pas un roman, mais un essai doublé d'un témoignage et enrichi de la réflexion de l'auteur, appuyée sur des faits, des paroles, des prises de position. L'auteur part d'un constat simple : l'islam est, de nos jours, la religion qui recrute le plus d'adeptes dans le monde. Là où bien d'autres religions tergiversent, s'interrogent, se cherchent, se transforment, s'adaptent à un monde nouveau, en tout cas différent, et reculent, l'islam ne se transforme pas mais avance et progresse, en dépit des attentats terroristes.... Cela mérite qu'on s'interroge... Il existe bel et bien une "fascination" exercée par l'islam ; et ce n'est pas récent : il y a plus d'un siècle déjà, on connaissait en France la vogue de l'orientalisme... un auteur comme Pierre Loti, avait créé un superbe salon mauresque.. on peut aussi en voir un magnifique dans le château de Monte-Cristo, aménagé par Alexandre Dumas en région parisienne.... Martine Gozlan nous montre que cette admiration pour l'islam s'est formée à partir de plusieurs choses : le déclin de nos religions, la dérive de l'occident vers un hyper-capitalisme dénoncé de plus en plus par des mouvements politiques ou philosophiques......Les convertis  à la religion islamique sont toutes sortes de gens, souvent des "Français comme tout le monde... L'auteur n'est jamais sectaire ni partisane, elle ne nous montre pas du doigt où est le Bien, où est le Mal... Elle apporte au lecteur des éléments d'information, des faits, des propos et de citations ; l'analyse faite ici a le grand mérite d'éclairer la réflexion de chacun, sans haine, sans passion... Un excellent ouvrage qui tente de répondre à cette question : Quel charme possède donc, en lui, l'islamisme, pour envoûter tant d'Occidentaux en mal d'appartenance ?

    Martine Gozlan est rédactrice en chef du magazine Marianne.


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  • Voici un bon vieux polar français à l'ancienne, dont on a tiré un film en 1969, avec Alain Delon dans le rôle du truand  et Lino Ventura dans le rôle du commissaire principal...  Mais il faut lire le livre, au vocabulaire savoureux... Roger Sartet est un truand chevronné, et au tout début de l'histoire il parvient à s'évader. Il est hébergé par des truands, le Clan des Siciliens, tandis que le commissaire Le Goff se lance à sa poursuite, sans succès. Et pendant sa cavale, Roger Sartet, surnommé le Petit Gros du vendredi, échafaude un projet fou qu'il soumet aux Siciliens : s'emparer des bijoux qui doivent être exposés à New-York par les grands bijoutiers parisiens. Comment ? Mais tout simplement en détournant le Boeing 707  qui transportera les bijoux !.... Le projet est affiné, soigneusement mis au point, et ça marche, le hold-up fabuleux est réussi.  Mais pour combien de temps ? ... Car ne l'oublions pas, ce roman a été écrit en 1967, à une époque où l'on trouvait tout à fait normal que force reste à la loi et que les crapules soient confondus, arrêtés, jugés et emprisonnés. Ce livre est un récit bien construit, jamais ennuyeux, sans hémoglobine à chaque page, et écrit dans un français agréable émaillé de langue verte, pour mieux nous plonger dans l'univers du grand banditisme. 

    Et puis il faut lire cet auteur,  né en Bretagne,de son vrai nom Auguste Monfort, au parcours singulier et dramatique : père mort en septembre 1914, sa mère l'abandonne ! Il est placé en orphelinat à 8 ans ; il s'en évade à 11 ans. Repris, il va en maison de correction. Très mauvais départ dans la vie. Puis il se fait couvreur, terrassier, et fréquente les truands de Saint-Ouen, qui le surnomment le Breton en référence à sa région natale... Et puis un jour, il a une fille, nous sommes en 1947. Il avait écrit " Si un jour j'ai un enfant, j'écrirai la mienne d'enfance, pour qu'il comprenne, pour qu'il reste humble et propre toute sa vie"... Pour elle, il décide d'écrire ses souvenirs d'enfance, notamment en maison de correction : ce sera "Les Hauts murs" et ses débuts dans l'écriture. Bientôt, il va écrire des romans policiers, dans lesquels il introduit l'argot et le verlan . C'est Auguste le Breton qui a inventé le mot RIFIFI, que l'on trouve dans son roman : Du Rififi chez les hommes, en 1953. Auguste le Breton, né en 1913 est mort en 1999 à Saint-Germain-en-Laye ; il est enterré au cimetière du Vésinet.


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  • Roman extraordinaire, dont tout l'intérêt, pour moi est dans l'art d'écrire. Je m'explique : habituellement j'aime le dépaysement, l'originalité dans une histoire qui me surprend, me bouscule, m'interpelle... Et à ce titre, je déteste les histoires sentimentales ou les histoires de cul - ce sont d'ailleurs les mêmes- car on est là dans la plus extrême des banalités ! Des histoire comme ça, il y en a partout, chez vous, dans votre famille chez vs voisins, vos collègues, vos amis ! Le sexe est omniprésent et c'est pour ça qu'on est plus de sept milliards sur la Terre !...Alors pourquoi lire des histoires de ce genre quand vous les avez partout sous vos yeux autour de vous ?.... Certes ! Mais là intervient le talent fou de Foenkinos ! Sa manière de raconter, son style, ses parenthèses un tantinet humoristiques, parfois même culturelles ou informatives maintiennent constamment l'attention en éveil, suscitent la curiosité, et finalement on tourne les pages avec allégresse jusqu'à la fin... Quelques mots sur l'histoire pourtant banale, qui est un chassé-croisé d'histoires de cul ou d'amour, selon qu'on veut faire ou non sérieux : Nathalie est une jeune femme dynamique : elle épouse François, grand amour, mariage, on se dit qu'on va s'emmerder ferme à assister à la suite, les mouflets, les allocs, quelques scènes de ménage, des tromperies diverses, puis la retraite et le cancer généralisé... eh bien pas du tout ! Car François meurt accidentellement ! Nathalie, veuve,  bosse comme une folle pour oublier, tandis que son patron, Charles, la drague à mort, sans succès... Mais voici que surgit Markus, un salarié de l'entreprise qui semble réussir une liaison avec Nathalie  ! Quelle va être la réaction de Charles, le patron ?.. Je le répète, c'est le genre d'histoire dont je me fous éperdument, sauf que là, je suis resté scotché au livre, du début à la fin !  En effet, au-delà du thème banal de ces liaisons plurielles, on est pris par les personnages, leurs parcours, leurs doutes, leurs attentes, leurs souffrances ! Je ne vous raconte pas toute l'histoire, je vous laisse le plaisir de la découvrir en lisant ce roman au plus vite. Et tout cela est divinement écrit, ce qu prouve que la littérature est capable de sublimer l'histoire la plus ordinaire. Un grand bouquin, assurément et pas trop long, 210 pages. 


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