• Le thème de ce livre est passionnant : l'émergence en Afrique du virus Ebola et  des terribles et mortelles fièvres hémorragiques qu'il provoque. Bien sûr, il y a quelques scènes remarquables, telle celle où l'on voit un village se régaler d'un cadavre de gorille pourtant en décomposition avancée... D'autres scènes sont plus elliptiques, comme celle de la petite fille qui joue avec une chauve-souris... Cela aurait pu donner lieu à un livre extraordinaire. Il n'en est rien. L'auteur ne choisit pas son genre, elle louvoie entre le polar, le roman d'aventures, le  reportage ethnologique, le documentaire médical, le témoignage journalistique. C'est un peu tout ça à la fois. Sauf que quand on poursuit plusieurs objectifs en même temps , on n'en atteint aucun... J'ai lu ce livre plein d'espoir au début, mais avec une déception croissante au fil des pages... Je ne me suis pourtant pas endormi ; mais c'est davantage la curiosité que le talent de l'auteur qui m'ont tenu éveillé ! Dommage, vraiment.  


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  • Un beau livre que ce roman ! Non, je ne parle pas de la couverture ni de la reliure, mais du contenu. Ce roman n'en est pas tout à fait un en vérité. L'histoire est aux confins du réel, du fantastique, de la magie et de l'occultisme, le tout dans le milieu africain, dans lequel ces genres se mêlent dans la vraie vie et pas seulement dans les pages d'un livre.... Comme son titre le suggère, nous lisons ici des mémoires : c'est un porc-épic qui parle. Mais ce n'est pas à nous qu'il s'adresse, mais à son ami, un arbre, un baobab... Et il lui narre ses aventures : le porc-épic est en effet le "double nuisible" d'un humain... Selon les superstitions et traditions africaines, ce double animal est chargé de défendre son "double humain" sans la moindre moralité ! Ici, le porc-épic va donc, avec ses redoutables piquants, assassiner un tas de gens au nom des intérêts de l'humain auquel il est attaché. Bien entendu, le porc-épic parle et comprend le langage des humains... Notre porc-épic va donc tuer bon nombre de gens... Mais il le fait sans cruauté ni méchanceté, il accomplit la mission qui est la sienne, en tant que "double nuisible" d'un humain. L'auteur joue avec humour et ironie des traditions et des croyances africaines, pour nous proposer un récit étonnant, jamais monotone, et qui a parfois aussi les allures d'une fable, car les animaux parlent dans les fables... Deux points positifs dans ce roman : on le comprend facilement, sans zapping forcené, il est écrit dans un français agréable, dont la simplicité apparente est le signe d'une belle écriture ! ... A ces deux points, j'en ajoute un troisième : on lit le livre sans jamais s'ennuyer un moment ! Ce n'est pas si fréquent avec les bouquins contemporains !  Bravo et merci à Alain Mabanckou !


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  • On ne se méfie jamais assez de la télé. J'avais acheté ce livre  après en avoir entendu parler dans l'émission "La Grande Librairie"., brillamment animée par François Busnel... Hélas, comme il y a loin de la coupe aux lèvres, il y a loin du discours enthousiaste au plaisir de la lecture. Pourtant, le thème est excellent : Dans l'Allemagne des années 1930, Hitler voit croître sa popularité, tandiis que le livre va nous raconter l'histoire d'un groupe de personnes qui s'engagent dans un combat anti-nazi, notamment la photographe Ruth Becker et  son mari Hans, écrivain, ainsi que l'écrivain socialiste Ernst Toller et son amante l'ardente Dora... Oui, il y avait là tous les ingrédients d'un passionnant récit ! Mais les ingrédients ne sont pas tout, il faut savoir cuisiner ! Or ce livre sombre, comme 80% des romans d'aujourd'hui, dans le puzzle épouvantable.. Une véritable manie qui consiste à découper l'histoire, non  pas en chapitres logiques, mais en changeant à chaque fois de personnage et de lieu, et d'époque ! On est par exemple en Allemagne en 1933, avec Ruth... Au chapitre suivant on est aux USA  en 2000  avec Toller ! On revient des les années 60 au chapitre suivant où il est question de Dora/ ! Une véritable ratatouille, née probablement de cette manie contemporaine du zapping ! On zappe, on clique, on change; on regarde un petit bout de n'importe quoi, dans tous les sens, le dessert avent le plant, un coup de coca avant la pizza, un verre de rosé puis un yaourt... Et tu démerdes pour digérer tout ça ! Exactement pareil pour ce livre ! Tu lis un peu n'importe quoi, dans le plus grand désordre, et tu te démerdes après pour recoller les morceaux ! Moi, je ne supporte pas ! Et donc j'ai balancé le livre par la fenêtre à la page 74 ! Dommage ! J'avais payé pour les 500 pages du bouquin ! ... Moralité : faut pas trop écouter les conseils de François Busnel ! Qu'ils soient passionnants ne vous garantit pas un beau moment de lecture !... Mais bon, si le coeur vous en dit, allez-y  ! Si vous êtes un lecteur-zappeur, "ça peut le faire" !....


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  • Comme disent souvent les génériques des films d'aujourd'hui "ce récit est tiré d'une histoire vraie". Marc Lambron ne nous offre pas ici un roman, il nous parle de la mort de son frère Philippe, décédé à 34 ans du Sida, en  1995.  A vrai dire, il s'agit ici d'un livre étonnant. Il ne nous apprend rien sur le Sida, il ne raconte pas la mort  de Philippe... Au fond, on n'apprend pas grand-chose en lisant ce livre ! Mais on s'y enrichit de la réflexion de l'auteur sur la vie, la mort, la fratrie, la condition humaine, sa fragilité, ses ambiguïtés. Certes, j'ai commencé ce livre avec un a priori négatif, car je déteste ces étalages de souffrances, ou pire, de tripes à longueur de pages... Or, miracle de l'écriture mais aussi de la sensibilité de Marc Lambron,, ses confidences ne sont jamais  des étalages, on ne sombre pas dans l'exhibition, tout est dans la pudeur et la retenue, dans la profondeur de la pensée... Alchimie de la souffrance et de la littérature, il reste ce livre qu'on lit sans ennui, mais au contraire avec un grand intérêt, sans curiosité morbide, mais comme un moment d'humanité partagée...  Et comme on n'est pas ici dans un polar, je peux vous livrer la fin, ces paroles ultimes que l'auteur adresse à son frère décédé : "Je reste sur la terre. Et toi tu marches dans le soleil". 


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  • Il s'agit d'un premier roman. Un coup d'essai, mais on est loin du coup de maître. Ce livre est une histoire abracadabrantesque, dans laquelle une serveuse de bar a confié son mouflet à un coule qui l'a adopté. Sur cette trame se greffent des assassinats en série, un chapelet de meurtres commis par le père du mouflet... J'ai rarement lu un livre aussi chiant. C'est une ratatouille à laquelle on ne comprend pas grand-chose, Aucun suspense, aucune enquête, rien qu'une course poursuite, un jeu du chat et de la souris, et des tueries sauvages pour des motifs très cons qui ne donnent pas une haute idée de la nature humaine.....Quand on referme le livre, avant de le balancer dans la poubelle des papiers à recycler, on se demande ce qui peut plaire à certains lecteurs dans cet étalage de tripes sanguinolentes, de chapitre en chapitre !  Quelle violence imbécile, partout !...Je pardonne, parce que c'est un premier roman ! Mais attention au deuxième ! Je serai vigilant. Le roman est publié chez Payot en édition de poche à 8,90 euros. 


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