• Voici un roman comme on les aimait dans les années 1920 : du sang et des larmes, la vie militaire et la vie mondaine, le désert,  de l'amour et du cul dans une ambiance exotique, celle du Liban des années 1920... Un jeune militaire français,  le capitaine Domèvre, s'est montré un valeureux combattant dans le désert... Or le voici affecté aux services du Renseignement, le Deuxième Bureau... Il se trouve plongé dans l'atmosphère feutrée des bureaux  où se traitent des affaires confidentielles, secrètes, et où se côtoient officiers et diplomates, dans un tourbillon fait d'alcool, de clopes et de vie mondaine, avec les histoires de cul qui vont avec : les réceptions, le double jeu, le fayotage hiérarchique... Et notre fringant capitaine, qui était sur le point de se fiancer avec la jeune Michelle, fille d'un officier, la délaisse, happé par Athelstane, une sorte de grande cocotte mondaine, qui joue de son cul  sur les hommes ! Mais attention : pas n'importe lesquels, pas les ouvriers ! Rien que les hauts personnages, ceux qui peuvent lui payer le pain de fesses avec lequel elle mène grand train dans son château... Ebloui par cette fausse étoile emporté par le rut qu'il croit être l'amour, le capitaine va tout abandonner  pour cette aventurière, dont il ne sera pourtant pas aimé ! Il se ruine pour elle comme un imbécile ! Pire, il laisse sa fiancée mourir de chagrin... Mais heureusement, les copains, les vrais, veillent, et vont parvenir à le sauver de l'emprise de cette sulfureuse Athelsthane, qui se prend pour une châtelaine mais qui n'est qu'une pute de haute volée... Il en résultera une fin conforme à l'honneur militaire et à la morale bourgeoise, non mais !!!... Remarque : le style est alambiqué, désuet et vieillot, comme tous ces romans d'aventures sentimentalo-militaro-exotiques qui plaisaient à l'époque... Une confidence pour finir : j'ai lu ce roman  parce que l'exemplaire en ma possession avait été relié par mon père en 1927, il avait 20 ans... Et j'ai eu envie de me plonger dans ce roman que mon père avait lu avant moi, 93 ans plus tôt !....


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  • Lucien et Hervé sont deux lycéens chahuteurs et turbulents. 15 ans. L'âge bête. Leur "ennemie" est mademoiselle Chatelier, leur toute jeune prof de maths. 24 ans, nouvellement nommée. Elle a bien du mal avec ces deux élèves, et les conflits se succèdent, jusqu'à une convocation des élèves chez le proviseur et une menace d'exclusion temporaire...  C'en est trop pour les deux jeunes, qui s'estiment persécutés par la prof. Ils décident de se venger. Bientôt, une idée diabolique leur vient : profitant de quelques jours de congés scolaires, ils vont enlever mademoiselle Chatelier, et la séquestrer pendant deux jours dans une cabane de pêcheurs, loin de tout...  Juste une blague, quoi, histoire de lui donner une bonne leçon, histoire de rigoler... Ils mettent au point leur projet, et ça marche : La prof est enlevée et enfermée dans une chambre fermée à clef, dans une sorte de cabane de pêcheurs, isolée.... Les jeunes, Lucien et Hervé, ne lui parlent jamais afin de n'être pas reconnus... Mais ils lui fournissent lampe de poche, couvertures, bouteilles d'eau et sandwiches.... Lucien cependant ressent un trouble certain de se trouver ainsi à proximité d'une jeune fille de 24 ans... Et puis des événements se produisent, qui contrecarrent le déroulement des opérations. La détention  prévue de deux jours devient quatre jours... Hervé est victime d'un accident de la route. et Lucien se retrouve seul à devoir gérer la détention puis la libération de la prof.... Comment s'y prendre ?... Il échafaude le scénario d'une demande de rançon, puis le met en oeuvre. Au début ça fonctionne bien, mais là non plus, tout ne va pas se dérouler comme prévu, jusqu'au dénouement final, inattendu et fort bien amené.... Un excellent bouquin, qui se lit d'une traite, et qui, de plus, est écrit dans un très bon français, à part cette horrible bourde, trouvée deux fois dans le livre "aller en tôle" au lieu de "aller en taule" ! Rhoooooooooooo ! 


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  • Au secours ! Au secours !... J'en peux plus de cette ratatouille d'écriture ! Je me suis cramponné jusqu'à la page 249, mais trop c'est trop, je jette l'éponge !  Comment peut-on écrire ainsi 638 pages d'un tel fouillis de personnages, qui glandouillent du côté de La Hague, face à la mer, et qui distillent à longueur de pages leurs états d'âme, leurs souvenirs confus ou précis, dans des dialogues incroyablement chiants par leur petitesse étriquée, et tant pis pour ce pléonasme ! Mais comme je ne veux pas être accusé de cracher mon venin sans justification, je vous mets un passage de cette prose, page 130 : 

    "- T'as fait quoi pendant tout ce temps ?

    - Rien... J'habite dans le Morvan. Mes grands-parents étaient de là-bas, c'est eux qui m'ont récupéré.

    - Le Morvan, c'est bien ?

    - C'est bien oui... un peu comme ici, avec des prés, des vaches, des petites routes tranquilles.

    - Sauf que là-bas, t'as pas la mer !

    Ca l'a fait rigoler.

    - Non, on n'a pas la mer... on n'a pas le nucléaire non plus, il a dit  en faisant allusion  la Cogema.

    Lili a haussé les épaules. Elle est allée chercher un gant de cuisine, elle a frotté les mains de sa mère.

    - Et maintenant, tu fais quoi ?

    - Rien.

    - Plus rien ?

    - Non, plus rien"

    La platitude de ces échanges m'insupporte ! Une interminable litanie de petits ragots sur des vies douloureuses et banales... Si encore l'action démarrait à un moment ou à un autre ! Mais non, rien ! Que dalle, ça bla-blate comme ça jusqu'au bout ! Vous imaginez ? Plus de 600 pages comme ça ?... Moi, ça me fait mal, une écriture pareille !  Je pense à toutes ces pages si belles de notre littérature, Boris Vian, Maupassant,  Zola, Henri Barbusse, Gide, et même par exemple le tandem Boileau-Narcejac, qui savait mener rondement une histoire, dans un style vivant... On dirait que le roman contemporain suit le même courbe que le baccalauréat : à la baisse, en attendant le naufrage...  Mais bon, ce roman insupportable a tout de même obtenu le Grand Prix des Lectrices de Elle !!! ... y en a donc qui aiment ! 


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  • Le sujet du livre est poignant : le viol des femmes en Afrique par les rebelles, miliciens ou autres guerriers brutaux, en Afrique, au Mali, au Soudan, qu'importe... ... Séraphine, violée sous les yeux de ses parents qui seront finalement tués, va se reconstruire  au milieu des "lionnes impavides" ces femmes violées qui deviennent des combattantes... La cause méritait  de faire l'objet d'un roman. Hélas, c'est raté sur toute la ligne... Du début à la fin, l'histoire n'est qu'un long monologue, un étalage des états d'âme forcément douloureux des protagonistes de l'histoire, mais tout cela patauge dans une écriture où se mêlent les considérations générales, des propos plus ou moins philosophiques sans envergure,  des substantifs abstraits et froids, statiques, comme si l'auteur, submergée elle-même par son sujet, avait été incapable de maîtriser son émotion, se contentant de répéter inlassablement les mêmes mots, les mêmes phrases... C'est long, touffu, lancinant, inutilement redondant, ça ressemble à une ébauche, à un brouillon inachevé... En  lisant ce roman raté, j'ai pensé au roman" Le Feu" de Henri Barbusse (1916). Lui aussi avait choisi de traiter un sujet atroce : la mort dans les tranchées pendant la guerre de 1014-1918 : mais lui, il y avait réussi : quel souffle dans l'écriture et quelle puissance dans l'évocation ! Rien de semblable ici dans ce roman, seulement un interminable bavardage, une incoercible logorrhée dont voici un des multiples exemples : " Je ne pensais pas être capable de faire un choix comme celui-là.Voyez, elle n'était pas encore tout à fait entrée dans ma vie qu'elle me transformait déjà.  Je ne connaissais pas son nom, je voyais juste ses mains qui accomplissaient une action extraordinaire : planter la lame d'un couteau dans le corps d'un homme. Vous n'imaginez pas l'intensité de mon éblouissement. De l'éblouissement de toutes les femmes qui s'occupent de charrier la terre en évitant de croiser le regard des hommes. Elle était divine et violente,  je n'imaginais pas que la violence pût être salutaire. Courber la tête, je pense que vous me comprenez. Je me suis laissé happer par l'ivresse de vivre, je n'imaginais pas un instant survivre  aux mains du milicien.."(page102)...etc... etc... Il y en a  213 pages comme ça... Je regrette vivement qu'une telle inspiration ait accouché d'une aussi piètre histoire, car il faut en convenir, Céline Lapertot sait décrire les souffrances, sans doute aussi les ressentir profondément, mais ne parvient pas à nous les faire partager... Il y a trop d'application dans son écriture, on dirait qu'elle s'écoute écrire, si je puis dire !... Est-ce une constante chez elle ? Je n'en sais rien, je n'ai encore rien lu d'autre, d'elle. Je serai donc indulgent, et puis je suis plein d'espoir : Céline Lapertot est jeune ;  née en 1986, elle a encore le temps d'affûter son écriture... Je le lui souhaite, pour elle et pour nous les lecteurs.


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  • Un été sans histoire, c'est un roman qui pourrait  s'intituler "Un livre sans intérêt", tant il est fade, inconsistant, futile, à travers le verbiage nombriliste de l'auteur.. C'est l'écrit vain d'une écrivaine qui passe un été à recevoir sa marmaille, sa parentèle variée, dans un tourbillon estival d'activités aussi fébriles qu'inutiles, et surtout dont on se fout éperdument ! Tous ces bouts de famille, avec leurs lubies, leurs déchirures, leurs histoire de cul et leurs divorces, c'est ds trucs qui concernent l'auteur, mais nous on s'en fout complètement ! Que l'héroïne de 50 ans se tape un minet de 20 ans, grand bien lui fasse, mais c'est pas une histoire, ça, c'est pas un roman, c'est une anecdote dans une vie qui ne m'intéresse pas... J'aime, dans un livre, être emporté loin, haut, et non pas assister à la sieste des uns, au petit-déjeuner des autres, avec  des détails sur l'humidité de leur entrejambe ou la température de la mer !.... Bref, je me suis emmerdé grave tout au long des 200 pages, mais je suis allé jusqu'au bout, j'ai mangé le navet jusqu'à la fin, car j'ai longtemps espéré un rebondissement, un bout d'intrigue, un peu de suspense, un brin d'originalité, un peu de littérature, quoi !.. Mais rien ! Rien que des lignes interminables où l'on se triture l'ego, on se fouaille le nombril, on nous submerge d'historiettes familiales, sans jamais réussir à nous faire partager la moindre émotion... On demeure constamment extérieur, et l'impression qui domine, finalement, c'est que ce bouquin a été rédigé pour celle qui l'a écrit, et non pour les lecteurs... Et hop,  encore un bouquin qui va dégager des étagères de ma bibliothèque !


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