• Je vous écris dans le noir pourrait s'intituler "Tiré d'une histoire vraie". Le livre revient en effet sur le parcours d'une meurtrière, Pauline Dubuisson, étudiante en médecine qui en 1951, à l'âge de 24 ans, tue à Paris son ex-fiancé de trois balles de revolver. Condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité en 1953, Pauline est libérée pour bonne conduite neuf ans plus tard, en 1960.. Mais elle reçoit comme une gifle le film "La Vérité" de Clouzot, qui s'est inspiré de son affaire. Les journalistes harcèlent Pauline Dubuisson, Ecoeurée, elle décide de quitter la France et s'installe au Maroc à Essaouira, en 1962. Là-bas elle tente de tout oublier. Elle fait la connaissance d'un jeune ingénieur, Jean Laourcade, une idylle s'ébauche. Mais Jean, en feuilletant un numéro de Détective dans la salle d'attente d'un dentiste, découvre que sa compagne est une criminelle. Il décide de rompre. Le 22 septembre 1962, Pauline Dubuisson, âgée de 32 ans, se suicide aux barbituriques. Conformément à ses dernières volontés, elle est enterrée sans cercueil, dans un linceul mis en terre, au cimetière local d'Essaouira, sans stèle... A noter que le livre n'est pas une biographie et n'a aucune valeur historique. L'auteur se met à la place de Pauline et nous fait part des sentiments qui ont été, vraisemblablement, les siens... Nous y découvrons l'histoire familiale de Pauline Dubuisson, ses parents, ses frères... On y découvre aussi l'adolescence turbulente de Pauline et sa liaison, à l'âge de 17 ans seulement, avec un officier allemande âgé de 53 ans... Bref, un livre qui n'est qu'un roman basé sur une histoire vraie, mais n'ayant qu'un lointain rapport avec la vérité historique de cette affaire criminelle. Le propos de l'auteur semble surtout de vouloir dénoncer le climat misogyne de la justice de l'époque, qui avait requis la peine de mort à l'encontre de l'accusée, qui a sauvé sa tête grâce aux circonstances atténuantes accordées par la seule femme du jury.


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  • Voici un petit roman léger et badin. Pas de la grande littérature, mais un style incisif et primesautier, pour cette petite histoire de famille de 165 pages. Garance la narratrice, Lola sa soeur aînée, et leur frère Simon sont invités à un mariage. Et un mariage c'est toujours une épreuve épouvantable : tout le monde fait une gueule de circonstance, la joie factice éclate, on porte des tenues bouffies de ridicule, et puis on rencontre le ban et l'arrière ban des familles,  ces gens chiants  et sans intérêt au milieu desquels on s'emmerde grave autour de la jeune mariée, casée désormais et dont on espère qu'elle fera une bonne pondeuse très bientôt... Et puis, il y a la femme de Simon, Carine, une femme évidemment chiante, que Garance ne peut supporter....  Garance, Simon et Lola attendaient aussi Vincent, le frère cadet, mais celui-ci prévient qu'il ne pourra venir... Alors, juste avant la cérémonie, Garance, Simon et Lola décident de s'échapper ! Ils quittent brutalement le mariage, sans prévenir, et en voiture, s'en vont rejoindre leur jeune frère Vincent, dans le vieux château qu'il tente de restaurer.... Une échappée belle familiale et joyeuse, mais aussi empreinte d'émotion, dans ces retrouvailles fraternelles, qui font oublier, un court instant, que la vie nous sépare... Bref, sous le vernis léger et rigolo du récit, se cache un propos plus grave, l'évocation du bon vieux temps, et des ces moments qu'on a partagés et qui ne reviendront plus... ça valait bien la peine de quitter le troupeau des mariés, des belles-mères chiantes et de tout le tralala ! On se fera mal voir dans la famille, ça n'a pas fini de faire jaser, mais on s'en fout !...


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  • Vu d'aujourd'hui, on a du mal à imaginer qu'un tel bouquin  puisse recevoir le prix Goncourt ! L'Araigne, c'est une histoire vieillotte et poussiéreuse : Gérard, un intello boutonneux qui passe sont temps entre la lecture, les traductions et les projets d'écriture,  vit avec ses trois soeurs, Luce, Elisabeth et Marie-Claude. Elles forment pour lui un cocon où il voudrait vivre toujours... Mais il y a la vie, ses nécessités, ses vicissitudes : Luce se marie, au grand dam de Gérard, qui se console pourtant : il lui reste deux soeurs, il n'est pas seul... Gérard n'est pas comme les autres hommes, car il ne parvient pas à être amoureux... Ce n'est pas qu'il n'en soit pas capable et qu'il n'en ait pas envie, c'est qu'il est profondément lucide. Les autres hommes ne voient pas la réalité : ils couchent avec des filles qui pourtant sentent mauvais, ont sur un sein un grain de beauté hérissé de trois poils, elles sentent la sueur, et quand on les embrasse, on perçoit dans leur bouche des odeurs mêlées de tabac et de mangeaille ! Or, tandis que les autres, anesthésiés par l'amour, ne sentent rien, lui Gérard sent tout, et ça le dégoûte ! Si une fille se colle contre lui, il pense immédiatement à une carcasse de viande chez le boucher ! Il voit les nez qui brillent ou qui coulent, les collants filés, les peaux blêmes, les maquillages loupés.. De même, il ne comprend pas le conformisme social, le faux bonheur des mariés, imaginant avec dégoût leur promiscuité à base de linge parfois douteux, de sécrétions et de bruits divers... Enfin, rien ne lui fait tant horreur que les nourrissons devant lesquels tout le monde s'extasie, alors qu'il n'y voit, lui, Gérard, que des larves rouges qui bavent et sentent le lait aigre des rots.... Comment être heureux en étant ainsi lucide ? Telle est la question posée ici, et, plus largement, quand on ne partage pas ce qui fait le ciment des autres??? ... Et comme la vie continue, Elisabeth, une autre soeur, se marie, au désespoir de Gérard. Mais lorsque sa  troisième soeur, Marie-Claude veut convoler à son tout, Gérard décide de passer à l'attaque : tout faire pour empêcher ce mariage, tout faire pour garder sa soeur Marie-Claude auprès de lui, car il se sait condamné à la solitude, dans ce monde qui ne lui offre qu'une réalité sordide, sale et poisseuse.. Mais comment va-t-il lutter ? Y parviendra-t-il ? C'est ce que je ne vous dirai pas, vous laissant le soin de le découvrir en lisant l'Araigne... Pur ma art, je n'ai guère apprécié cette histoire : trop de pesanteurs sociales, ds sentiments amoureux compliqués par la bienséance de l'époque, des tourments infinis pour seulement prendre la main d'une femme... tout ça sent le renfermé, les pièces trop sombres, les papiers peints à fleurs, les femmes alanguies et dépressives, simples objets domestiques, dont la seule raison de vivre semble être de trouver un mari et de fonder une famille pour pondre des héritiers dans la dignité !!! Lourd, triste, chiant...


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  • C'est une histoire romanesque qui se déroule en Italie, dans les années qui précèdent la deuxième guerre mondiale. Valério, le héros, est médecin dans une petite ville d'Italie. Et tandis que sa femme se repose à Naples, il s'envoie en l'air avec Clara, une femme volcanique qui le tient par les couilles ! Dans le langage des gens bien on dit qu'ils vivent une folle passion, mais c'est la même chose ! Or un jour, le médecin retrouve un des ses anciens compagnons, Sandro. Ce dernier est fou amoureux de Magda. Il est le gardien de la propriété du riche Gorzone, lequel pourtant le fout à la porte. Voici le pauvre Sandro viré, et sa femme Magda qui tombe malade, car un malheur n'arrive jamais seul. Et malgré les soins du médecin Valério, Magda meurt. Fou de douleur et de désespoir, Sandro abat d'un coup de revolver le sieur Gorzone, qu'il estime responsable de la mort de Magda... Son forfait accompli, le meurtrier s'enfuit. La police le recherche mais Valério, son ami médecin, le recueille chez lui, et le cache dans la chambre de bonne... Car Valério, raide dingue de sa Clara (qui le tient toujours par les génitoires comme je l'ai déjà dit plus haut) comprend le désespoir de Sandro, soudain privé de sa femelle favorite !... Mais voici qu'Angela, la femme de Valério, revient de Naples pour retrouver son mari ! Je vous laisse imaginer l'embrouille que ça va faire : va-t-elle découvrir le meurtrier caché ? Et Valério, comment fera-t-il pour retrouver Clara, comme il le faisait en l'absence de son épouse ?.... Et la police qui ne retrouve pas Sandro, et commence à se demander si quelqu'un ne le protège pas, en le cachant....  Un vrai sac de noeuds, que je vous laisse résoudre, si le coeur vous en dit, en lisant ce livre... Son titre, "Cela s'apelle l'aurore" est tiré d'une pièce de Jean Giraudoux, Electre : 

    "Femme Narsès : Comment cela s'appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd'hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé,et que l'air pourtant se respire, et qu'on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s'entre-tuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ?

    Le mendiant : Cela a un très beau nom, femme Narsès. Cela s'appelle l'aurore..."


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  • Livre étonnant, remarquablement traduit du portugais, et qui se lit d'une seule traite, tant on est embarqué dans l'ambiance de la vie rude  et  aventureuse en Angola dans les années 1920... Voici l'histoire :  Alfonso Nogueira, responsable d'un poste administratif portugais de l'Angola situé au milieu des plantations de coton et sur les bords du Cuango, tombe gravement malade. Il part se faire soigner en ville et laisse dans la brousse sa maîtresse, une belle jeune femme, Paulina, et sa vieille grand-mère, Dona Joana, bavarde et intrigante. Les deux femmes, isolées au milieu de gardes et de domestiques noirs, ont peur. Quelques jours après le départ e Nogueira, arrive son remplaçant, l'aspirant  Antonio Alves, qui était auparavant gardien de prison. Il supporte mal le climat  et terrorise les Noirs.  Il tombe amoureux de Paulina, et brûle du désir de la posséder, tandis qu'elle se dérobe...Mais il arrive à lui faire l'amour.... Mais elle se dérobe à nouveau.. Et puis une nouvelle arrive : Nogueira, le compagnon de Paulina, est mort... Alves se dit que le champ est libre... mais Nogueira revient, et il est vivant !..... 

    Bien écrit, aventures, dépaysement, suspense...


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