Par Robertcri
Ma part du gâteau – Film de Cédric Klapisch – 2011 –
Ma part du gâteau est un film controversé. Les critiques y ont relevé un excès de caricature. Je ne suis pas de cet avis. La caricature est parfois nécessaire, afin de caractériser un plus nettement les situations. Un film d’une heure et trente minutes n’est pas un traité de mille pages truffé de mille nuances. Il faut raconter, raconter, vite et fort, on n’a pas le temps d’entrer dans d’infinies subtilités… Ce film est une sorte de fable sociale, dans laquelle le réalisateur nous présente finalement ce à quoi aboutit la spéculation financière mondiale. Il faut bien comprendre qu’il ne pouvait pas faire cette démonstration à coup de chiffres et d’indices boursiers qui dépassent largement l’entendement du spectateur moyen. Alors il nous raconte une histoire simple : un trader, séparé de sa femme, embauche une femme de ménage. Cette dernière a trouvé cet emploi après avoir été licenciée d’une importante usine métallurgique de Dunkerque. Bientôt, le trader voit arriver son fils Alban, dont il a la garde alternée. Mais son boulot de financier laisse peu de place pour une vie familiale. Il confie donc à la femme de ménage le soin de s’occuper aussi d’Alban. Peu à peu, la femme de ménage devient de plus en plus indispensable au trader : il l’emmène même dans des réceptions, afin de ne pas venir seul mais accompagné d’une femme. Mais un jour, d’échanges en confidences, la femme de ménage apprend une nouvelle terrible : c’est le trader, qui, en spéculant, a mis sur la paille la grosse entreprise de Dunkerque, provoquant la vague de licenciements dont la femme de ménage a été victime. Ce qui est très bien montré dans ce film, c’est que la spéculation financière entraîne un mépris complet des hommes : les spéculateurs provoquent la hausse ou la baisse des actions, c’est un jeu, comme le poker, où l’on ne se préoccupe que de gagner. Sauf que lorsqu’on spécule sur des entreprises, c’est aussi la vie des salariés, avec laquelle on joue. Le pire dans ce film, c’est que le trader n’est absolument pas conscient de cette misère induite ! Le regard braqué sur les ordinateurs, les courbes, les indices et les tendances, il ne pense même pas que, derrière, il y a des hommes… Les seules choses qu’il voit, ce sont les hausses et les baisses, ainsi que les chances de gain et les risques de perte… La femme de ménage décide alors de lui donner une leçon. Elle sera inattendue et dure. Vraisemblable ou pas ? Je m’en fous. On est au cinéma et pas dans la vraie vie, on a donc le droit d’être créatif !... Bon film, bien tourné, jamais chiant, ce qui est déjà un bel exploit). Par contre mauvais point pour Cédric Klapisch : beaucoup trop de clopes dans ce film ! Encore un sale coup de l’effrayant et hypocrite lobby des fumeurs, très puissant dans le milieu du cinéma ! Dans ce film, on voit même des bonnes femmes fumer dans une pièce fermée, au milieu de jeunes enfants ! Ce sont des connes de ce genre que l’on voit tous les jours consulter le pédiatre pour soigner bronchites et bronchiolites de leurs moutards en se demandant pourquoi ils toussent ! Quand donc se décidera-t-on à protéger enfin les enfants des parents toxiques ?... Et pendant ce temps, on remplace le mégot de Lucky Luke par une petite fleur ! On ferait mieux de sanctionner les réalisateurs de cinéma pour incitation au cancer et manque de respect d’autrui…
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog
