Par Robertcri
Le Droit à la paresse est un court essai paru en 1880, de Paul Lafargue, socialiste français du 19è siècle qui professait des idées très révolutionnaires. Et comme il est toujours dangereux d’avoir des idées qui ne sont pas celles de tout le monde, et surtout pas celles des dirigeants et des riches, il a passé pas mal de temps en prison ! Au moins, ça lui a donné le temps d’écrire… C’est ainsi qu’il a rédigé Le Droit à la Paresse. Dans cet opuscule, il s’insurge contre la notion de Droit au Travail inscrite dans la Constitution de 1848. Il y voit une terrible imposture, alors que c’est le Droit au loisir qui devrait être proclamé. On ne saurait lui donner tort. Il n’en parle pas dans son livre, mais les Romains, par exemple, utilisaient les mots suivants pour désigner l’oisiveté et le travail :
OTIUM………………L’oisiveté
NEGOTIUM…………le travail, le négoce
Or, regardez bien les deux mots : negotium est formé de neg (négation) et de otium, autrement dit le travail est la négation du loisir, preuve que le loisir est premier et que le travail n’en est qu’une triste négation ! Et pourtant, constate amèrement Paul Lafargue, c’est le travail qui est mis en avant, comme si c’était une qualité ! Pire, on a gravé cet amour du travail, cette véritable folie, dans la tête des ouvriers, qui deviennent dès lors complices des grands patrons, et se tuent au travail, démolissent leur corps et leur vie pour faire…la fortune des patrons !... Paul Lafargue note que les machines travaillent tellement plus vite que l’homme, qu’il est inutile de travailler 8 ou 12 heures par jour. Une journée de travail de trois heures suffirait, et on éviterait de ce fait la surproduction des biens et la mise au chômage des ouvriers qui ont trop produit en travaillant trop ! Y a pas de doute, Paul Lafargue se révèle bien plus hardi et novateur en ce domaine que Jean-Luc Mélenchon et Olivier Besancenot réunis, qui ne sont, à côté de lui, que deux enfants de chœur bien gentillets ! Il faut lire Le Droit à la paresse, ça change du ronronnement feutré des langues de bois contemporaines ! A noter : Paul Lafargue, révolutionnaire jusque dans ses amours, avait épousé Laura…la fille de Karl Marx. Leur fin a été dramatique, car ce couple absolu ne pouvait admettre la médiocrité de tout le monde : le 26 novembre 1911, ils se sont suicidés, ensemble, dans leur maison de Draveil, ville de la banlieue sud de Paris. Les corps de Laura et Paul Lafargue reposent à Paris au cimetière du Père-Lachaise, division 77, face au mur des Fédérés.
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