Par Robertcri
Robert Sabatier le dit lui-même à propos de son livre : « J’ai désiré écrire un roman simple, économe de mots, se référant en priorité aux sentiments et aux personnes ». Objectif atteint !… Ce roman de 230 pages, pas très long, juste ce qu’il faut, nous transporte dans un quartier populaire de Paris, pendant la deuxième guerre mondiale. Il y a là une petite rue commerçante surnommée « la rue triste », dans laquelle évoluent toutes sortes de personnages : Marc, le lettré devenu cordonnier par hasard, son copain Paulo, un cancre bourré de qualités, et tout un menu peuple qui va et vient dans cette époque trouble de l’occupation allemande. On croisera, au gré des chapitres, Madame Gustave qui tient un café, mais aussi une religieuse, sœur Evangeline et même une prostituée… L’histoire se construit autour de Marc. Il ne marche pas dans les rues, il court. Toujours et vite. Si vite et si imprudemment que dès le début de l’histoire il est fauché par une voiture en traversant une rue. Il se retrouve paralysé des deux jambes. Avec l’aide des amis de la rue triste, il s’établit cependant comme cordonnier. Un jour, il remarque que, depuis la fenêtre de la maison d’en face, une petite fille le regarde travailler. Qui est-elle ? pourquoi semble-t-elle si craintive ? Robert Sabatier nous raconte la vie de tous ces personnages. Pas de hauts faits, pas de sensationnel, rien que du quotidien, mais sans bassesse. Et des sentiments pudiques mais riches… Je ne vous dévoilerai pas la fin du roman, qui intervient à l’avant-dernier chapitre ! Ah bon ! Mais alors, je vous entends déjà : c’est quoi le dernier chapitre, puisque le roman est déjà fini avant ?.... Eh bien c’est tout simple, l’auteur fait comme au cinéma. Vous savez, parfois, après le mot fin, un bandeau défile qui vous raconte ce que sont devenus les personnages ultérieurement. C’est ce que fait ici Robert Sabatier. Le dernier chapitre se place soixante ans après, et l’auteur nous dit ce que sont devenus les personnages de la rue triste… Un roman simple et touchant, tout de richesse intérieure, mais finalement très triste. A déconseiller aux déprimés et aux abrutis de neuroleptiques, qui, entre nous, feraient mieux de prendre moins de saloperies médicamenteuses et de faire à la place quatre fois le tour du lac Daumesnil ou du pâté de maison en petites foulées ! Se bouger le cul, c’est plus efficace que le Prozac, et ça évite de se fouiller le nombril à la moindre misère ! Mais là, je ne suis plus dans la critique littéraire !... Pour finir sur une note positive et pour vous remercier de m’avoir lu jusque là, je vous souhaite de passer de très bonnes fêtes de fin d’année !
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