Par Robertcri
Un été italien – film de Michael Winterbottom - 2011 –
Ce film dresse, en une heure trente, un discret et original portrait de famille. Les amateurs de torrents de larmes au cinéma pourront ranger leurs kleenex, le film n’est pas un tire-larmes. Pas plus qu’il n’est un film rigolo. C’est un film factuel : il décrit, il raconte, il montre… Mais jamais il n’impose un point de vue… Pourquoi ce titre, un été italien ?... C’est simple : Nous sommes aux Etats-Unis, avec la petite famille proprette et « comme il faut » : parents enseignants de bon niveau, et deux adorables fi-filles (9ans et 15 ans), qui jouent du piano, et ne traînent pas avec les racailles de Bobigny. Et ça tombe bien puisqu’il n’y a pas de Bobigny aux States ! Dans cette famille lisse et respectable, voici que survient le drame : la maman meurt dans un accident de voiture, en présence des deux filles qui étaient passagères. Après ce malheur, le père décide de prendre un nouveau départ, ailleurs. Il s’envole avec ses deux filles. Direction l’Italie, et plus précisément Gênes… Dès lors, la caméra slalome entre ces existences qui redémarrent : le père s’investit dans les cours qu’il donne à l’université tout en veillant jalousement sur sa progéniture, la plus grande des filles part à la découverte chaotique des sentiments amoureux, tandis que la benjamine, douloureusement frappée par l’accident, entretient un dialogue permanent avec le fantôme de sa mère… Au fond, nous voyons ces trois vies se dérouler sous nos yeux, à la fois imbriquées par les liens familiaux, et dans le même temps parallèles, chacune suivant son tracé sans rejoindre les autres, chacun reconstruit son existence après l’accident… C’est la force et la faiblesse du film. Les images sont aussi lisses que les personnages. Le spectateur n’est jamais « endoctriné » ni poussé dans un sens voulu par le cinéaste. Le spectateur conserve sa liberté, c’est un plus. Mais à l’inverse, il n’est pas acteur du film, ne s’y implique pas, il reste observateur, assez extérieur, puisque le réalisateur ne prend jamais position. C’est là le point faible de l’œuvre. On n’y entre pas vraiment. Au moins, si on voit ce film à deux, on ne risque pas de s’engueuler à la fin du film, car rien ne prête à débat ou à polémique. De belles images de Gênes, qu’il s’agisse de la ville ou de la baie, des personnages sympas, mais tout de même, un peu fade tout ça…
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog
