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Littérature et écriture, dans les thèmes suivants : récits et nouvelles - souvenirs - chroniques - critiques littéraires et cinématographiques - humour - poésie - voyages et balades -

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Racontez-moi les flamboyants - Christine de Rivoyre -

Christine de Rivoyre m'avait laissé autrefois quelques bons souvenirs de lecture, en particulier avec son  roman : Boy et Le petit matin. C'est donc en confiance que je me suis plongé dans "Racontez-moi les Flamboyants"... Jamais deux sans trois, me disais-je... Mais les proverbes ne se vérifient pas toujours, et patatras, je me suis cassé la gueule sur de la mauvaise prose ! Rien que le titre aurait dû m'alerter : Les "Flamboyants", ce sont des arbres qui poussent en Inde, et quand un auteur va chercher un truc tarabiscoté comme ça, on devrait faire gaffe ! C'est vrai : remplacer nos roses et nos tulipes par des "flamboyants", ça dénote surtout une prétention bouffie de mauvais aloi ! Mais bon, on a beau dire, on se fait avoir !  En fait, Christine de Rivoyre a écrit là le livre de trop, celui qu'elle aurait dû laisser dormir dans le tiroir de son bureau !... Mais non... narcissisme... relations... gloire passée... amitié peut-être de l'éditeur... et le bouquin est sorti en librairie ! Une calamité ! Ce n'est qu'un long bavardage parfaitement oiseux, le soliloque d'une femme qui se souvient : elle était alors petite fille... Elle se souvient - c'est son droit- d'une autre petite fille, Edwina, et de sa mère Charlotte... Ces souvenirs ne sont qu'un long enchevêtrement de petits faits d'une grande futilité, sur fond de déclaration de guerre, nous sommes en 1939. Dans le roman, toute une foule de personnages, des oncles, des tantes, leurs copains, copines, vivent leur petite vie de privilégiés, entre Libourne, les beaux quartiers de Bordeaux et un bel appartement qui donne sur le parc Monceau à Paris. Tout ce joli monde fume des Craven et porte des gants en pécari, on nous rabâche à longueur de pages des détails de cette parfaite inutilité. A l'évidence, Christine de Rivoyre s'est amusée à égrener ses souvenirs. A l'évidence aussi,  elle nous ennuie profondément avec ce salmigondis sans intérêt. Voici quelques passages pris au hasard :

" D'un individu trop empressé, d'une maîtresse de maison qui se mettait en quatre pour ses invités, d'un enfant qui,  aux applaudissements d'une assemblée de grandes personnes, faisait volontiers le mariolle, mon bon sauvage de grand-papa Pripourn disait : Il me fout la flemme. La formule convient très bien au sentiment que m'inspirait Edwina dans ses accès de gentillesse éperdue, éparpillée, bourdonnante. Elle me foutait la flemme."

" Dans la salle à manger, elle est là, à sa place habituelle, au bout de la grande table ovale. De noir vêtue. Mais apparemment ni crispée ni anxieuse. Monsieur Bruste, son cher Alphonse, est assis à sa droite. Ses Allemands à lui sont arrivés avant le jour. Il était prêt. Il a appris l'allemand dans sa jeunesse. Il leur a fait visiter la grande maison. Deux officiers, deux ordonnances. Ils n'ont pris ni la chambre ni la bibliothèque."

On le voit à ces courts extraits, tout ça est d'une platitude effrayante, d'un total manque d'intérêt. Et c'est comme ça de la première ligne au point final. Il n'y a pas un chapitre, pas une page, pas une ligne, où l'on goûte le plaisir de lire, la joie d'une découverte, l'émotion d'un sentiment, le bonheur d'une belle surprise ou d'une jolie formule ! Rien ! Il est vrai que ce bouquin a été publié en 1995, Christine de Rivoyre avait alors 74 ans... Alors... serait-ce le déclin ? Je ne répondrai pas à cette question qui me taraude, mais je prends la décision qui s'impose : je lance ce bouquin dans le vide-ordures : il y sera mieux que sur les rayons de ma bibliothèque !

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