Par Robertcri
Pendant les cinq heures de mon voyage en TGV, entre Biarritz et Paris, j'ai regardé courir les nuages bas dans le ciel plombé d'octobre, tandis que champs et horizons, forêts et collines se perdaient dans des lointains rendus flous par la pluie. Et tandis que, tout autour de moi, les voyageurs se ruaient sur leurs portables, dans une cacophonie téléphonico-ferroviaire à nulle autre pareille, je me suis plongé dans la lecture de "Monsieur Pinocchio", de Jean-Marc Roberts. Rien, absolument rien ne m'a plu dans ce livre. Et surtout pas le style, qui est à la littérature ce que le manger de cantine est à la gastronomie, c'est vous dire ! Le langage écrit est ici une sorte langage parlé, sans doute pour faire vrai, mais patatras, ça fait faux... Quant à l'histoire, elle est nullissime : imaginez des chapitres qui se répondent ; l'un est écrit par Emmanuelle, la fille, l'autre par "Monsieur Pinocchio", qui est le baiseur attitré de Rachel, la mère d'Emmanuelle... vous suivez ?... Bon, je poursuis : Emmanuelle a aussi un père, c'est Jean-Vincent, c'est le cocu de service, qui bien sûr est médecin (on voit peu d'ouvriers ou de manutentionnaires dans les romans et les feuilletons !)... Que se passe-t-il au fil des pages ? Rien d'intéressant, rien que du banal. A longueur des chapitres alternés, on saura pourquoi le cul de Rachel fait bander Pinocchio (car dans ce livre, contrairement à ce qu'on croit souvent, ce n'est pas le nez de Pinocchio qui s'allonge !) Rien ne nous sera épargné dans ce récit, pas plus les délicieux saignemnts menstruels de Rachel, que Pinocchio suce avec délices en se pourléchant les babines (ah, le Grand Amour romantique !), que la première gorgée de sperme avalée par la jeune Emmanuelle sur une plage d'Agadir (Vous remarquerez que, dans les romans, le sperme est toujours bien meilleur sur une plage d'Agadir ou de l'île Maurice que dans dans un entrepôt industriel à Gagny !... C'est comme ça !)... Bref, l'auteur nous emmerde avec ces personnages qui se trifouillent l'ego et étalent leurs états d'âme à propos de copulations sans le moindre intérêt, comme il s'en passe dans le moindre HLM, un peu partout, et peut-être autour de vous... ou chez vous... à votre insu peut-être !... Vous devriez vérifier.. on ne sait jamais !... En tout cas, pas de quoi en faire un roman, surtout quand il est si mal écrit et si peu intéressant.
Bio : Jean-Marc Roberts est né le 3 mai 1954. D'abord éditeur chez Seuil, puis Mercure de France, puis Fayard avant de diriger les éditions Stock, il plaque femme et enfants et plaque aussi l'édition pour passe de l'autre côté de la plume en se faisant écrivain. Il a à son actif une vingtaine de romans, dont j'espère qu'ils ne sont pas du même tonneau que "Monsieur Pinocchio". Jean-Marc Roberts a obtenu le Prix Renaudot en 1979 avec "Affaires étrangères", qui a été, par ailleurs, porté à l'écran. Un autre de ses romans "Une étrange affaire", a également fait l'objet d'un film réalisé par Pierre Granier-Defferre en 1981 et a reçu le Prix Louis Delluc.
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