Par Robertcri
Il y a des livres qu'on lit par envie, d'autres qu'on découvre par hasard.... Le Fait du Prince appartient à une autre catégorie encore : celle des livres qu'on lit par erreur ! Explication : je cherchais sur internet le livre d'Amélie Nothomb "Le fait du prince"... Surfant avec frénésie sur divers sites pour comparer les prix, j'ai fini par trouver un exemplaire à 1,50 euros ! Hop, j'ai conclu le marché en deux petits clics... mais à la livraison, j'ai pris une petite claque : le bouquin reçu n'était pas celui d'Amélie Nothomb mais celui de Catherine Arley, auteur français-mais oui- puisque son vrai nom est... Pierrette Pernot ! J'avais le bon titre, mais pas le bon auteur ! Comme quoi, il faut se méfier des prix trop bas : ils cachent toujours quelque chose !.. Mais bon, à quelque chose erreur est bonne, et je me suis plongé dans le bouquin de Catherine Arley, un polar ! Et un polar original en plus ! En quelques mots : Fitzgerald Scott, grand patron de Scotland Yard, sera en retraite à la fin de l'année. Il compte bien vivre paisiblement les quelques mois de carrière qui lui restent... C'est compter sans une terrible affaire : Sa propre fille est kidnappée. Et pas par n'importe qui : par Whisland, un très grand industriel d'envergure internationale. Whisland a décidé en effet de réaliser le hold-up du siècle. Il n'a pourtant nullement besoin d'argent. Il veut seulement réussir ce hold-up comme il a réussi toutes ses affaires industrielles et commerciales... Avec la fille du chef de la police en otage, il détient un atout maître. Il va également recruter des hommes de main, avec un machiavélisme implacable et très efficace. Le hold-up ne peut que réussir. Et il réussit !... Mais l'homme d'affaires, qui avait tout prévu... a négligé quelques détails... Dommage pour lui !... Et tant mieux pour moi qui ai découvert un bon polar ! Une erreur de lecture, certes, mais sans regret !
Bio : Catherine Arley est injustement méconnue en France. De son vrai nom Pierrette Pernot, elle est née le 26 décembre 1924. Etudes classiques, Conservatoire, puis débuts à la scène et à l'écran au commencement des années 50. Mais après son mariage, elle arrête son activité de comédienne et publie en 1953 son premier roman : "Tu vas mourir"... Malgré le succès obtenu par ce livre, son deuxième roman "La femme de paille" est refusé par tous les éditeurs français. Catherine Arley se tourne alors vers l'étranger et bien lui en prend : La Femme de paille est publié en Suisse puis est traduit dans 24 langues ! Mais les éditeurs français n'ont pas seulement la vue courte parfois, ils ont aussi la rancune tenace et ne pardonnent pas à cet auteur qui a réussi sans eux en dehors de nos frontières . C'est donc seulement en 1972 que Catherine Arley sera à nouveau publiée en France, avec notamment : Duel au premier sang, Les armures de sables, A tête reposée, Le Fait du Prince... Il semble que les éditeurs des années 50 aient manqué d'audace : les romans de Catherine Arley étaient alors trop anticonformistes et les histoires racontées souvent immorales... Les éditeurs privilégiaient à l'époque le roman noir classique. Catherine Arley a eu bien raison d'ignorer une France coincée au conformisme étriqué ! Elle a trouvé ailleurs la juste reconnaissance d'un talent original et affirmé. Notons cependant que son roman unanimement rejeté en France "La Femme de paille" a fait l'objet d'une adaptation au théâtre, qui a finalement été programmée à la télévision. L'auteur vit encore à Paris, dans le XVIè arrondissement.
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