Par Robertcri
La permission de minuit - film de Delphine Gleize – 2011 –
Voici un film bien agaçant, comme notre société aime en fabriquer : la recette en est simple : on bricole une vague histoire, peu importe laquelle : une histoire d’amour… une histoire d’amitié… ! Et l’astuce consiste alors à nous flanquer un personnage handicapé ! Là encore, peu importe le handicap, mais s’il est grave c’est encore mieux : un bon cancer généralisé, ou un beau sida, ça c’est drôlement chouette pour un scénario ! Et si le handicapé héros de l’histoire est de surcroît un enfant, alors là, ça devient grandiose dans le mélo, la tragédie compassionnelle à deux balles et le pathos ! Le populo, bouleversé, sent son petit cœur fondre comme celui d’une midinette ! On pleure à chaudes larmes dans son fauteuil devant ce petit garçon malade ! Et
comme il s’agit d’un handicapé, personne n’ose dire que le film est bien banal, car chacun, abruti par les discours médiatiques hypocrites sur les handicaps, se croit obligé d’admirer et d’applaudir le «chef d’œuvre» ! Terrible époque dans laquelle la bien-pensance officielle nous enlève jusqu’à notre liberté de pensée, et qui, dans le même temps nous bassine avec la défense des « libertés individuelles » ! Cette histoire d’un médecin qui s’attache à un petit garçon atteint d’une maladie orpheline, me laisse de marbre et ne m’émeut nullement. Le film est fade, sans grand intérêt, malgré le bon jeu de Vincent Lindon dans le rôle du médecin. Devant tous ceux qui pleurnichent sur le sort de ce petit malade, je ne puis m’empêcher de penser aux millions d’enfants de la Somalie. Leur seul handicap, à eux, c’est de devoir mourir de faim ! Tout le monde s’en fout, de ces enfants. Alors bon, ce film n’est qu’un alibi hypocrite, et les larmes de crocodile des spectateurs me font marrer ! Ce qui serait amusant, en revanche, ce serait qu’à la sortie de chaque séance, on demande à chaque spectateur de verser dix euros en faveur de la lutte contre les maladies orphelines. Ce serait plus efficace que des larmes ! Mais je gage qu’alors, la fréquentation des salles baisserait ! Car on trouve toujours davantage de gens pour pleurer que pour payer !
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