Par Robertcri
Henri Bosco fait partie de ces auteurs dont on ne retient finalement que quelques oeuvres : En l'occurrence Le Mas Théotime, ou bien l'Âne Culotte dont le titre a un arrière-goût de livre pour bibliothèque de classe d'école primaire... Alors on se dit que c'est injuste, on veut aller plus avant dans l'oeuvre, lire autre chose, sortir des sentiers battus... C'est ainsi que je me suis plongé dans Hyacinthe... Hélas, j'ai découvert au fil des pages un long soliloque à mi-distance du rêve et du réel. Bien sûr si j'étais à Normale Sup', je me délecterais de ce salmigondis incompréhensible en faisant une savante analyse, où la littérature le disputerait à la psychologie, j'entrelarderais mon propos d'envolées sémantiques du plus bel effet pour valoriser le récit... Mais je ne suis qu'un lecteur lambda, un honnête homme du 21ème siècle, et il faut convenir, sous cet angle, que Hyacinthe est un récit raté, dans lequel l'écrivain radote en répétant cent fois les mêmes choses avec les mêmes mots... Jamais ça n'avance, jamais on ne progresse, chaque page ressemble à celle qui l'a précédée et préfigure ce que sera la suivante : un déballage d'états d'âme qui ne débouchent sur rien ; au début, le héros, seul dans sa maison isolée en pleine campagne, est obsédé par la petite lumière qui brille à la fenêtre d'une autre maison, sur les terres voisines. Ca le passionne ! Moi ça m'emmerde et je me fous de cette loupiote. Je tourne donc vite la page, espérant qu'on va passer à autre chose, mais non, ça continue avec cette lampe dans la nuit... D'autres éléments viennent se greffer là-dessus pour façonner une ambiance de mystère et d'angoisse... mais ça tourne en rond, le récit se mord la queue... ça parle des roseaux, du vent, des orages, et bien entendu on entend des bruits mystérieux, des pas dans la nuit alors qu'il n'y a personne, vous voyez le genre... Et le héros du récit semble vraiment "à côté de ses pompes" ! Franchement, je me demande ce qu'avait absorbé Henri Bosco en écrivant Hyacinthe : Amphétamines ? Cannabis ? Ether ? Opium ? ... Peut-être un mélange de tout ça, sait-on jamais !... Cent-soixante-deux pages de phrases tourmentées pour étaler des états d'âme sans le moindre intérêt, avec un mec qui se demande s'il est lui ou un autre, mais lequel ? s'il a vécu ou rêvé.. Et c'est quoi cette lumière là-bas ?... pourquoi elle est allumée encore ?... et qui l'a allumée ? est-ce un signal ? un signal de qui ? et pour dire quoi ?... Bref, on est en pleine masturbation intellectuelle compulsive !... Mais j'ai finalement découvert que Hyacinthe a été publié en 1940 : c'est pour cela sans doute que cette prose n'est qu'une débâcle !...
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