Par Robertcri
Ce n'est pas tous les jours qu'on lit un polar qui réunit tant de qualités : d'abord il est écrit en français par un écrivain français qui sait écrire !.. Ensuite il y met des pointes d'humour, qui détendent un peu l'atmosphère, bien lourde parfois du fait de la crapulerie humaine omniprésente dans cet excellent polar... De plus, il se déroule dans des lieux bien français, en plein Paris ! ça change des polars Ikéa qui se déroulent dans la neige suédoise où le commissaire s'appelle Götenberdjson et autres noms imprononçables !.. Enfin, l'auteur est en prise directe avec l'actualité, avec notre époque, avec notre environnement culturel, ce qui lui permet d'aborder avec finesse, sans lourdeur, de l'air de ne pas y toucher, toutes sortes de problèmes : la violence faite aux femmes, les rapports de la police et de la justice, le rôle du politique.. l'immunité diplomatique... Il arrive même, suprême habileté, à combattre les ravages de la clope, je dis bravo !... Et si on disait un mot de l'histoire ? Je serai bref : l'histoire débute avec une simplicité déconcertante : un soir, alors qu'un brouillard épais plombe la ville, une jeune étudiante, Lucie, quitte sa copine au coin d'une rue, pour rentrer chez elle à pied.. La description de cette fille marchant dans la nuit, dans le silence angoissant du brouillard, vaut à elle seule la lecture : on est pris, on est avec cette fille, on a peur, comme elle !... Nul ne la reverra... L'enquête démarre ; elle nous entraînera dans la vie d'un groupe de policiers, qui sont aussi des hommes, avec leurs qualités, leurs défauts, leurs failles... Il y a aussi une femme parmi eux, et finalement, tous font du bon boulot... Pourtant la tâche sera ardue ici... Un cadavre sera retrouvé, puis d'autres.. Il semble que la disparition de Lucie ne soit pas un phénomène isolé... Impossible d'en dire plus, mais croyez-moi : ruez-vous sur ce livre... à peine franchie la première page, vous ne le quitterez plus... Vous ne lirez pas un livre, vous serez au coeur d'une affaire extraordinaire, douloureuse, horrible même, vous serez au côté de ces policiers.... et de temps à autre, quand l'atmosphère est presque insoutenable.. hop, l'auteur vous balance un trait d'esprit, un couplet d'une chanson ! ... un dernier point : Nicolas Lebel aime les mots, et il en profite pour nous en placer, çà et là, quelques-uns qu'on ne comprend pas : "halieutique"... "sinople"..."gringotter"... Excellent, ça oblige à consulter internet.. on enrichit son vocabulaire... génial : Lire Nicolas Lebel, ce n'est pas seulement passer de belles heures de lecture, c'est aussi devenir moins con !... On en a tous besoin.. plus ou moins !!!
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