Par Robertcri
Philibert – film de Sylvain Fusée – 2010 –
Que voici un film hautement jubilatoire, à condition d’avoir à la fois le sens de l’humour et celui d’une certaine dérision. En effet, ce film est un véritable pastiche des films de cape et d’épée comme on a pu en voir dans les années 50 ou 60, à une époque où le cinéma nous entraînait à la suite de vaillants aventuriers du temps passé, dans les épaisses forêts de la France d’autrefois. Le film nous raconte l’histoire de Philibert, un robuste et jeune Breton, fils aîné d’un producteur d’artichauts. Nous sommes en 1550. Philibert est une sorte d’idéaliste, un candide qui imagine un bel avenir dans l’artichaut local et qui reste puceau, afin de se garder pur pour l’inconnue, qu’un jour sans doute il épousera. Mais son vieux père, juste avant de mourir, lui confie un secret : Je ne suis pas ton père ! Et tu n’es pas Philibert ! Tu es le fils du comte Bérendourt de Saint-Avoise, qui a été lâchement assassiné par le comte d’Artois, un Bourguignon qui avait sur le cou une tache de vin en forme de rose… Je t’ai recueilli et élevé après la mort de ton père. Sacrée révélation paternelle avant de calancher !... Dès cet instant, Philibert décide de quitter la Bretagne et de venger son père en tuant le comte d’Artois. En chemin, il se lie d’amitié avec Martin, un manant un peu brigand dont il fera son fidèle valet. Ensemble, ils se ruent vers la Bourgogne afin de retrouver ce salopard de comte d’Artois. L’aventure sera épique, car Philibert devra non seulement triompher d’ennemis, hommes de main du comte d’Artois, mais aussi se défendre contre les assauts brûlants d’un certain nombre de femmes particulièrement délurées !... Cependant, Philibert rencontrera l’amour en la personne d’Inès de Bazouges de la Tour… Le courage de Philibert, sa grandeur chevaleresque seront évidemment récompensés comme il se doit. Le comique provient surtout des mots et des anachronismes volontaires en ce domaine : Philibert parle à plusieurs reprises de la nécessité pour lui de « se reconstruire », tandis que le comte d’Artois s’écrie à un moment, avec un savoureux anachronisme : « Pas la peine d’en faire tout un cinéma !!! » Le film est truffé de ces clins d’œil qui font de ce film à la fois un vrai film de cape et d’épée et en même temps un formidable pastiche avec tous les ingrédients du genre : le courage, les félons, les combats à l’épée, l’amour… L’image n’est pas en reste pour l’humour, tel l’interminable assaut final entre Philibert et le comte d’Artois, où les personnages quittent la salle en ferraillant, pour revenir par une autre porte, après un long combat dans le corridor, combat qu’on ne fait qu’entendre, avant le retour des combattants, qui réapparaissent enfin dans la salle où ils sont commencé leur duel !... Un excellent moment de cinéma ! Et bien sûr Philibert vaincra. Il ne perdra qu’une chose : son pucelage ! Bon film, qui permet d’oublier un moment le remboursement des dettes de la France, auquel personne ne veut participer, mais qu’un jour tout le monde paiera –au prix fort- quand tout s’effondrera !
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