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Littérature et écriture, dans les thèmes suivants : récits et nouvelles - souvenirs - chroniques - critiques littéraires et cinématographiques - humour - poésie - voyages et balades -

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Le ruban blanc - film de 2009 -

 

Le ruban blanc – film de Michael Hanecke – 2009 –

ruban blanc

Voici un film haut en couleurs, et pourtant il est en noir et blanc. Paradoxe, direz-vous ! Mais oui, et ce film allemand est un film basé justement sur les paradoxes.  Le blanc et le noir des images s’opposent violemment, comme s’opposent le bien et le mal, la pureté et le vice, le visible et le caché, dans cette sombre  chronique villageoise du début du 20è siècle, entre 1900 et 1914, début de la première guerre mondiale… Mais tout d’abord, avant de voir ce film, prenez quelques précautions, ça dure 2h 24 minutes, avis aux faiblards de la prostate ! Au moins je vous ai prévenus ! Cela étant, pourquoi un film si long ? Tout simplement, parce que la vie d’un village de l’époque, ce n’est pas la frénésie de notre période survoltée qui ne sait que zapper dans un « flashing » perpétuel… Là, dans ce village, on vit au rythme des saisons et de la religion, des rites et des moissons… Dans ce village vit tout un peuple de gens divers et variés : un pasteur austère et dogmatique, un baron hautain et paternaliste, un médecin, barbu et quelque peu étrange, un instituteur qui dirige une chorale, et des paysans, pauvres et durs à la tâche bien sûr… et puis il y a des enfants, les enfants de tous ces villageois. Entre tous ces personnages, il y a des liens de parenté, d’amitié, de sexualité aussi, enfin bref, la vie… Mais  tout n’est pas aussi simple : de même qu’il y a dans les images de ce film du noir et du blanc, il y a dans l’histoire les choses visibles et les choses cachées, pas toujours jolies jolies… Il y a la rigueur morale : le pasteur accroche au vêtement de ses enfants un ruban blanc pour leur rappeler l’exigence de pureté… et puis il y a l’enfant dont on attache les mains la nuit pour éviter qu’il ne sombre…. dans le péché de quelques chatouilles et gratouilles inconvenantes ! A l'évidence, notre fameux slogan "Y a pas de mal à se faire du bien" n'avait pas cours à l'époque !!! Et voici que dans cet univers bien réglé, surviennent d’étranges accidents : au début du film, le cheval du médecin trébuche sur un câble d’acier tendu en travers du chemin ; le médecin tombe et se blesse gravement… Qui a fait chuter le médecin ? Et pourquoi ?... Oui, je sais, vous allez dire : c'est le cheval !... Oui, mais alors,  qui a fait chuter le cheval ?... Les plus malins d'entre vous me diront que c'est le câble ! Ok, marrez-vous ! Mais alors, je vous pose la question ultime : qui a tendu le câble ? et là, vous faites moins les malins, hein !... D’autres drames se produiront encore… quels en sont les auteurs ???... On baigne ainsi dans une ambiance trouble et oppressante, toujours mystérieuse et pleine des recoins cachés de l’âme humaine… Il faut dire aussi que, sur le plan de la forme, ce film est un hommage extraordinaire au cinéma d’autrefois, ou plutôt au cinéma classique (pour éviter le passéisme de l’adverbe autrefois) : pureté du noir et blanc, rigueur des cadrages, utilisation d’une image débarrassée de la couleur pour mieux suggérer la noirceur des âmes. Pas de zapping forcené ni d’effets spéciaux à coup de laser électronique, mais des plans longs et méticuleux… On pense aux images  de René Clair et autres grands du cinéma… Bien sûr, certains seront horripilés, et hurleront à la « vieillerie » ! Qu’importe ! Qu’ils aillent voir « Intouchables »  et sa psychologie rigolarde de bazar, et nous foutent la paix !... Mais ceux qui aiment le 7ème art et qui veulent un bon moment de vrai cinéma apprécieront le ruban blanc. Mais il est nécessaire pour ça d'acheter le dvd, car il ne faudra pas compter sur TF1 pour vous le montrer. C’est un film trop intelligent !... 

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