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Littérature et écriture, dans les thèmes suivants : récits et nouvelles - souvenirs - chroniques - critiques littéraires et cinématographiques - humour - poésie - voyages et balades -

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Le Dernier arbre, par Tim Gautreaux, 2003

Magnifique roman ! Mais on ne baigne pas dans l'eau de rose ici ! C'est même tout le contraire ! Nous sommes aux Etats-Unis, vers 1920.  Randolph Aldridge, un fils de famille, est envoyé par son père dans une scierie  du sud des USA. Mission : aider l'actuel dirigeant de la scierie, qui n'est autre que son frère aîné, Byron Aldridge... Car Byron est revenu traumatisé de la Grande Guerre à laquelle il a participé en France en 1918.... A travers ce  roman, nous vivons au sein de cette immense exploitation forestière, où règnent de terribles conditions de vie... Les ouvriers du bois sont mal payés... les Blancs et les Noirs sont séparés... Le peu d'argent gagné par tous ces pauvres bougres quasiment illettrés est dépensé le samedi soir et le dimanche dans un saloon exploité ici par une crapule de la pègre italienne... Alcoolisme, prostitution, bagarres sanglantes, jeux de cartes truqués, telle est la vie de ces équipes isolées en pleine nature... Randolph, le nouveau directeur de la scierie, est confronté aux méthodes de management particulièrement brutales de son frère Byron, qui n'hésite pas à tirer dans le tas pour mettre fin aux bagarres... Les morts s'accumulent... Randolph voudrait gérer l'entreprise d'une manière plus douce, plus humaine.. Mais est-ce possible ? Peut-on éviter la violence face à la sauvagerie des hommes ?... Cette histoire dépeint aussi, en contrepoint, la philosophie de la croissance américaine du début du XXè siècle : une immense volonté d'entreprendre, dans un contexte capitaliste sans limite, dénué de toute morale sociale. Les hommes ne sont rien, que des outils de production... C'est marche ou crève, et malheur aux plus faibles !...  L'histoire se termine pourtant, pour une raison simple : la foret disparaît peu à peu sous les  scies et les haches des bûcherons, et un jour, on abat le dernier arbre, un immense cyprès..... Un livre à lire absolument, car il nous raconte une terrible aventure humaines, sans jamais sombrer dans le pathos, les pleurnicheries, ou pire les propos politiques....Ce roman devrait être lu obligatoirement par tous les grévistes de luxe qui paralysent la France pour préserver leur canapé Ikéa et leurs feuilletons imbéciles à la télé les jours de RTT !...

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