Par Robertcri
Huit fois debout – film français de Xabi Molia – 2010 –
Acteurs : Julie Gayet – Denis Podalydès – Constance Dollé -
Pour ma part, je déteste ce genre de films, qui a pour objectif de nous montrer des pauvres types en voulant nous faire accroire que ce sont des héros, des courageux et qu’il convient de les admirer tout en écrasant une larme compassionnelle faussement humaniste ! Pour un peu ils seraient des modèles à suivre ! De quoi s’agit-il ici ? On a d’abord Elsa, la jeune femme nullarde dans toute sa splendeur ! Pas de diplômes, ça c’est pas grave, pas d’intelligence, ça c’est plus emmerdant mais c’est pas de sa faute, par contre c’est tabou ! Evidemment, on est tous égaux depuis la Déclaration des Droits de l’Homme ! Elsa est également sans formation, sans culture, sans compétences en quoi que ce soit, paumée, au point d’ailleurs de fumer en présence de sa môme à la maison ou dans la bagnole, ce qui en dit long le niveau de connerie de cette bonne femme de la France profonde ! Bien entendu, elle ne trouve aucun emploi, ou les perd vite fait, par des attitudes inappropriées… Elle a un voisin de palier, Mathieu, une sorte d’illuminé façon Cheminade mais sans les diplômes lui non plus, qui loupe ses entretiens d’embauche avec une régularité et une constance rares, à cause de comportements et de propos inadaptés ! Ces deux là sont des cons ou des inadaptés, un peu les deux, mais courageux ! D’où le titre du film ! Ils se cassent la gueule sept fois… mais se relèvent et sont donc huit fois debout, en dépit de l’adversité, sans sombrer dans le valium !… Belle prouesse, certes, mais finalement ils restent toujours dans leur merde ! Eh bien moins j’ai honte d’un pareil cinéma ! Humour, comme je le vois écrit dans certaines critiques ? Sensibilité émouvante ??... Pas du tout ! Moi je trouve cette histoire pitoyable ! C’est vrai, un certain nombre de personnes n’ont plus de place dans notre société devenue trop technique. Avant, un type à petit quotient intellectuel pouvait trouver des tonnes de petits boulots à la mesure de son cerveau, on le rémunérait à la journée ou à la semaine, au mois même parfois… C’est fini cela, on vit au temps des compétences pointues et de la formation permanente, mais attention aux idées reçues : il ne faut pas croire que les gens sont plus intelligents parce qu’il y a 80% de bacheliers ! Alors, on en fait quoi, des gens limités ? Rien ! On les laisse ramer dans leur panade... et on en fait des films à la con comme celui-là ! Et on en rigole, comme s’il y avait de quoi ! Les gens paumés comme ça, il faut les aider, les former, au besoin en les forçant un peu, ou bien alors il faut un peu de courage : si réellement la société est incapable de leur offrir un boulot à leur portée, eh bien laissons-les chez eux, et payons les à ne rien faire ! Car il vaut mieux payer un nul à ne rien faire qu’à le payer dans un emploi où il fait connerie sur connerie tout en se sentant mal à l’aise ! Même Mélenchon n’y a pas pensé ! Le travail est trop noble pour le confier à ceux qui n’en ont ni le désir ni les compétences ! Et puis je vous le demande : à quoi servent le progrès et la productivité si tout le monde doit continuer à travailler à plein temps toute l’année ?... On devrait pourtant y réfléchir à tout ça !... On vit dans une hypocrisie inimaginable : il y a aujourd’hui des centaines et des centaines de milliers de gens incapables de tout boulot, auxquels on verse des indemnités de chômage en les culpabilisant et en faisant semblant de les obliger à trouver un emploi qu’ils ne trouveront jamais ! Payons- les à ne rien faire ! Il n’y a rien de honteux à ne pas travailler ! Demandez donc aux nobles ce qu’ils en pensent ! Et puis mon chat, par exemple, quand il miaule pour me dire qu’il a faim, je le nourris, sans lui demandé s’il a un boulot et sans lui foutre la honte ! Pourquoi faut-il donc que les humains soient traités plus mal que les animaux ?...
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