Par Robertcri
Voici une saga comme Dickens en a le secret. Dans l'Angleterre de 1872, un jeune garçon, Pip, a perdu ses parents et tote sa famille. Orphelin, il vit chez un forgeron, Joe, un homme simple et droit... Alors qu'il se balade un soir du côté des marais, le jeune Pip croise un forçat, Abel Magwitch, qui exige que l'enfant lui apporte à manger.. Le jeune Pip vole de la nourriture et la rapporte au forçat.. Ce bienfait ne sera pas oublié... Un jour on vient annoncer à Pip qu'un bienfaiteur se charge de son éducation, et de faire de lui un gentleman.. Entre temps, le jeune Pip a fait connaissance de la vieille et implacable miss Havisham, et surtout se sa fille, la bellissime et glaciale Estelle, dont il tombe amoureux sans espoir... Dès lors Pip s'en va, et le roman nous trace sa vie, dans laquelle interfèrent nombre de personnages : Joe le beau-père de Pip, mari de sa soeur, mais également de nombreux autres que je vous laisse découvrir... Longtemps, Pip ignore qui est son bienfaiteur, qui n'est autre que le forçat, qui a fait fortune en Australie et lègue tout à Pip, mais en restant lui-même dans l'ombre... Mais quand Pip découvre la vérité, il ressens une grande désillusion, car il avait imaginé que son bienfaiteur était une bienfaitrice, la mère de la belle Estelle.. Qui plus est, voici que le forçat est repris, et que sa fortune est confisquée par la Couronne britannique. Pip redevient pauvre... Dickens avait imaginé plusieurs fins : sa préférée était pessimiste : Pip, ayant tout perdu, perdait aussi Estelle, mariée avec un autre.. Mais dans la dernière édition, il laisse la place à un espoir : Estelle a été quittée par son mari, elle est seule... Pip la retrouve, ils échangent quelques mots et quelques souvenirs... Elle n'a plus l'éclat de sa jeunesse, mais Pip, le narrateur, écrit cette dernière phrase " j'entrevis l'espérance de ne plus me séparer d'Estelle"...
Pour ce qui concerne l'écriture, et en dépit des tartines élogieuses que l'on trouve un peu partout, à commencer par Wikipedia, j'ai ramé pour lire les 535 pages du bouquin. On pourra dire tout ce qu'on voudra, mais un manuscrit écrit de cette façon aujourd'hui passerait immédiatement la poubelle ! C'est vieillot, emberlificoté, grandiloquent parfois... Pour lire ce roman avec plaisir, il faudrait s'installer dans une chaumière, près d'une cheminée, un soir d'hiver, à la lumière d'une lampe à pétrole... question d'ambiance.. ça n'enlève rien au talent de Dickens...
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