•  

    Le Comte de Bouderbala, spectacle humoristique vu à Vitry le 8 février 2013

    J’avoue que c’est un peu par hasard et sans grande conviction que je suis allé voir le spectacle « Le Comte de Bouderbala », par l’humoriste algérien Sami Ameziane. C’était au théâtre Jean-Vilar de Vitry… Mais à la sortie, après une heure trente d’un monologue étourdissant, les côtes endolories encore d’un rire quasi ininterrompu, je me suis dit qu’il eût été infiniment dommage de louper cet humoriste « stand up » (ça veut dire tout simplement qu’il est seul en scène, debout, et raconte ses histoires)… Quelles histoires ? D’abord sa propre histoire, l’itinéraire improbable d’un Algérien arrivé en France, joueur de basket international, puis étudiant aux USA dans l’université du Connecticut… Mais à travers le fil conducteur de ce curriculum vitae, se glissent de très nombreuses digressions au vitriol, qui sont autant d’occasions de dénoncer tous les travers socio-culturels de notre société… Le Comte de Bouderbala frappe tous azimuts en traquant inlassablement la bêtise crasse, c’est dire qu’il pourrait tenir la scène pendant des journées entières sans épuiser le sujet ! Tout y passe : les footeux, les rugbymen qui posent nus pour des calendriers, le racisme, les arabes, les juifs, l’école, les chanteurs, les fautes de français des rappeurs et slameurs, le cinéma,  et l’incontournable DSK !...  On ne décrit pas Sami Ameziane, on ne résume pas son spectacle… C’est trop riche ! C’est un peu comme si je voulais vous raconter un feu d’artifice : mission impossible ! Et « Le Comte de Bouderbala » c’est un feu d’artifice : il faut le voir… Une seule conclusion : qui que vous soyez, où que vous soyez : Allez-y, courez-y ! Foncez ! Allez applaudir le Comte de Bouderbala. Vous passerez un rare moment de rire… pas le rire gras des soirées TV imbéciles… mais le plus grand des rires, celui qui, dans le même temps, fait réfléchir… Bravo Sami et merci !


    votre commentaire
  •  

    Le père, pièce de Florian Zeller

    Actuellement au théâtre Hébertot à Paris

    78 bd des Batignolles ( métro Rome ou Villiers)

     

    Une excellente pièce à l’affiche en ce moment (depuis le 20 septembre) au théâtre Hebertot : Le Père, dans laquelle l’auteur nous convie à assister au dialogue de sourds entre une fille et son père devenu vieux, très vieux, et dont la mémoire s’effiloche de plus en plus, dans quelque chose qui ressemble fort à la maladie d’Alzheimer pour parler moderne. En fait, et pour parler sans langue de bois médicalisée : Pépé devient gâteux !  Et en même temps, obstiné, têtu, borné et agressif, il ne veut pas qu’on l’aide, prétendant être capable de se débrouiller tout seul… Cela donne des réparties parfois pleines d’humour entre ce père et sa fille, tandis que peu à peu, la fille ne sait plus trop comment faire… tandis que le vieillard perd la mémoire, et que la confusion s’installe toujours plus avant dans son esprit.  Terrible logique d’un vieux qui perd la raison et trouve que nous déraisonnons… A travers les répliques se glisse un humour ironique mais triste, un humour grinçant et qui fait mal… N’est-on pas condamné souvent à devenir, un jour, le parent de nos parents?... Le père, André, est interprété par Robert Hirsch. Le rôle de sa fille Anne est tenu par Isabelle Gélinas. Et lorsque  la fille propose à son père de venir s’installer  dans le grand appartement qu’elle occupe avec son mari, elle n’imagine pas que ce sera si difficile d’aider ce père qu’elle a tant aimé. Une pièce très actuelle du fait de son sujet grave, problème humain et social qui est aujourd’hui, bien souvent, sans solutions satisfaisantes.


    votre commentaire
  •  

    Le père, pièce de Florian Zeller

    Actuellement au théâtre Hébertot à Paris

    78 bd des Batignolles ( métro Rome ou Villiers)

     

    Une excellente pièce à l’affiche en ce moment (depuis le 20 septembre) au théâtre Hebertot : Le Père, dans laquelle l’auteur nous convie à assister au dialogue de sourds entre une fille et son père devenu vieux, très vieux, et dont la mémoire s’effiloche de plus en plus, dans quelque chose qui ressemble fort à la maladie d’Alzheimer pour parler moderne. En fait, et pour parler sans langue de bois médicalisée : Pépé devient gâteux !  Et en même temps, obstiné, têtu, borné et agressif, il ne veut pas qu’on l’aide, prétendant être capable de se débrouiller tout seul… Cela donne des réparties parfois pleines d’humour entre ce père et sa fille, tandis que peu à peu, la fille ne sait plus trop comment faire… tandis que le vieillard perd la mémoire, et que la confusion s’installe toujours plus avant dans son esprit.  Terrible logique d’un vieux qui perd la raison et trouve que nous déraisonnons… A travers les répliques se glisse un humour ironique mais triste, un humour grinçant et qui fait mal… N’est-on pas condamné souvent à devenir, un jour, le parent de nos parents?... Le père, André, est interprété par Robert Hirsch. Le rôle de sa fille Anne est tenu par Isabelle Gélinas. Et lorsque  la fille propose à son père de venir s’installer  dans le grand appartement qu’elle occupe avec son mari, elle n’imagine pas que ce sera si difficile d’aider ce père qu’elle a tant aimé. Une pièce très actuelle du fait de son sujet grave, problème humain et social qui est aujourd’hui, bien souvent, sans solutions satisfaisantes.


    votre commentaire
  • Maupassantes, spectacle au théâtre du Lucernaire, 12 janvier 2014

    Ce spectacle se veut un panorama de la vie de Maupassant, à travers le seul critère de sa relation aux femmes. Se voulant d’une vérité inattaquable, il ne présente pas un commentaire, mais les textes de Maupassant lui-même. En apparence donc, on peut penser qu’une indubitable vérité autobiographique est atteinte, puisque chaque mot prononcé est issu de la bouche ou de la plume de Maupassant...  Toutefois, on sait bien que pour trahir un auteur, il suffit de choisir soigneusement les textes  présentés, de manière à alimenter une thèse préconçue et préméditée, de manière à montrer non pas qui il fut, mais ce qu’on a décidé qu’il était. Pour les auteurs du spectacle, la cause est entendue : Maupassant n’a jamais aimé. Ils l’ont d’ailleurs écrit en rouge sur le carton du spectacle, je cite « Il est mort de l’amour sans avoir aimé ». Je récuse absolument cette thèse. D’abord parce que Maupassant n’est pas mort de l’amour mais de la syphilis, laquelle n’est qu’une maladie sexuellement  transmissible. Et la vérole, ce n’est pas l’amour, ce n’est qu’une pathologie sexuelle... En outre, pourquoi serait-on incapable d’aimer si l’on a des amours multiples et brèves ? Pourquoi serait-on moins sincère quand on est lucide ? Aimer, ce n’est pas seulement être pacsé  ou marié et faire quatre mouflets en attendant la mort ou une autre partenaire pour recommencer dans une famille recomposée !!! Maupassant recomposait en permanence son couple. Célibataire convaincu et homme libre, il n’a jamais violé quiconque, et ses innombrables partenaires ont été consentantes : elles avaient le droit de succomber à son charme, et lui à leurs charmes ! Donnant-donnant. Prétendre que Maupassant n’a pas aimé, c’est réduire l’amour au modèle social commun et moralement admis : le couple fidèle et pondeur... Le spectacle a donc privilégié les textes qui font frémir d’horreur les spectatrices de base, formatées depuis l’enfance au mariage et conditionnées par le « Grand Amour » des contes de fée... De ce fait, ce parti-pris délibéré de montrer Maupassant sous un « mauvais jour » risque d’éloigner de son œuvre magnifique les spectateurs qui n’ont rien lu de lui et seront tentés de juger a priori l’écrivain à l’aune des paroles négatives qu’on leur sert sur la scène du Lucernaire. Non, amis lecteurs et lectrices, Maupassant, malgré sa lucidité et son pessimisme sombre, a écrit une œuvre fabuleuse dans un style d’une extraordinaire limpidité... Notons enfin que les trois acteurs du Lucernaire sont excellents, et n’en rendent que plus crédible la noirceur de Maupassant qui mérite bien mieux que la réputation qu’on lui fait ici...


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique