• Elle est venue

    Et je l'ai vue

    Je lui ai dit

    Tu es jolie

    Elle a souri

    Elle n'a rien dit

    Car l'on y croit

    A chaque fois.


    J'ai attendu

    Je l'ai revue

    J'ai pris sa main

    Le lendemain

    Elle a souri

    Elle n'a rien dit

    Car l'on y croit

    A chaque fois.


    Ils étaient longs

    Ses cheveux blonds

    Autour d'un crème

    J'ai dit je t'aime

    Elle a souri

    Elle n'a rien dit

    Car l'on y croit

    A chaque fois.


    Je l'ai serrée

    Je l'ai aimée

    Pendant un jour

    Comme pour toujours

    Elle a souri

    Elle n'a rien dit

    Car l'on y croit

    A chaque fois.


    Je me rappelle

    Qu'elle était belle

    Et que ses yeux

    Etaient si bleus

    Elle a souri

    Elle n'a rien dit

    Elle est partie

    C'est ça la vie.


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  • Je suis le visiteur du soir

    Je suis le poète des nuits

    J'effleure parfois de ma plume

    Le papier gris du désespoir

    Et dans la nuit pâle je hume

    Ton coeur qui bat et qui s'ennuie


    Je suis le visiteur du soir

    Je suis le poète des nuits

    Mais dans ton coeur rien ne s'allume

    Lorsque tu vois tomber le soir

    Et quand tes yeux alors s'embrument

    Coule une larme dans la nuit.


    Je suis le visiteur du soir

    Je suis le poète des nuits

    Mes mots volent comme une plume

    Au vent léger de mon espoir

    Tendres souvenis qu'on parfume

    A l'heure douce de minuit.


    Je suis le visiteur du soir

    Je suis le poète des nuits

    Je suis un rêve un peu d'écume

    Dans le train qui va dans le noir

    Et qui t'emporte dans la nuit.


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  • Il y a bien longtemps quelque part sur la terre

    Une fleur sans couleur sans odeur et sans nom

    Versait tout doucement des larmes bien amères

    Dans le coin d'un jardin obscur à l'abandon.

    Un bourdon qui passait tout bruissant de ses ailes

    Entendit ses sanglots et se posa sur elle.

    Vois mes épines hélas, disait la pauvre fleur

    Elles piquent, et cruelle, aux autres je fais peur

    On se méfie de moi on me fuit on m'évite

    Et je reste si seule, oubliée et maudite...

    Ne pleure pas ô fleur, répondit le bourdon

    Car moi aussi, tu sais, on craint mon aiguillon,

    Et puis ne vois-tu pas mon coeur qui te sourit

    Au seuil d'un nouveau jour qui renaît à la vie ?

    Et si je viens vers toi, butiner matinal

    C'est que tu m'éblouis et qu'entre tes pétales

    Ivre de ton parfum je te respire telle

    Entre toutes les fleurs car tu es la plus belle...

    En entendant ces mots la fleur se redressa

    Elle embauma soudain, rougit avec éclat

    Et c'est ainsi qu'en mai naquit un jour la rose..

    De terne qu'elle était, elle se fit grandiose

    Et devint la plus belle car un jour de rosée

    Un bourdon qui passait, enfin l'avait aimée.


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  • Dans l'inventaire à la Prévert

    On trouve de la prose et des vers

    Et même à la fin ô bonheur

    Un tout petit raton-laveur.

    Dans l'inventaire à la Robert

    Beaucoup plus extraordinaire

    Où rien n'est vrai où tout est faux

    Viens découvrir les ani-mots !

    Lors tu verras des pies-panthères

    Fumantes et pleines de mystère

    Et là, faisant de grands plongeons

    Mais oui ce sont des canes-thons

    A côté, la mine hypocrite

    Se reposent les chattes-mites...


    Dans l'inventaire à la Robert

    En cherchant bien on trouve encore

    Une famille de rats-porcs...


    Quant à l'hybride magnifique

    Qu'on voit là-bas c'est un porc-tique.

    Pourtant celui que je préfère

    Qui me ressemble comme un frère

    Il a vraiment un nom ad hoc

    T'as deviné ? C'est le loup-phoque...


    Ici finit mon inventaire

    Bien loin de celui de Prévert

    Car de mes mots écrits hier

    Le temps demain fera poussière.


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  • Il fait nuit ce matin, il a son uniforme

    On a bandé ses yeux devant le peloton

    Il ne faudrait jamais que le monde s'endorme

    Sous la pluie des obus, sous les balles de plomb.


    Un ordre et  puis la salve, on voit trembler sa forme

    Avant qu'il ne s'affaisse enfin de tout son long

    Bien plus anéanti que par le chloroforme,

    Le poteau de la mort comme ultime jalon.


    Il avait déserté, trop seul, trop las, sans aide

    Lui, simple matelot servant sur l'Archimède

    De la guerre cruelle il paye l'addition.


    Est-ce bien de l'amour que notre vie procède ?

    Sur la terre saignée gît un corps froid et raide

    Un supplicié auquel nul ne porte attention.

     


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