• Le Clan des Siciliens, par Auguste Le Breton, 1967

    Voici un bon vieux polar français à l'ancienne, dont on a tiré un film en 1969, avec Alain Delon dans le rôle du truand  et Lino Ventura dans le rôle du commissaire principal...  Mais il faut lire le livre, au vocabulaire savoureux... Roger Sartet est un truand chevronné, et au tout début de l'histoire il parvient à s'évader. Il est hébergé par des truands, le Clan des Siciliens, tandis que le commissaire Le Goff se lance à sa poursuite, sans succès. Et pendant sa cavale, Roger Sartet, surnommé le Petit Gros du vendredi, échafaude un projet fou qu'il soumet aux Siciliens : s'emparer des bijoux qui doivent être exposés à New-York par les grands bijoutiers parisiens. Comment ? Mais tout simplement en détournant le Boeing 707  qui transportera les bijoux !.... Le projet est affiné, soigneusement mis au point, et ça marche, le hold-up fabuleux est réussi.  Mais pour combien de temps ? ... Car ne l'oublions pas, ce roman a été écrit en 1967, à une époque où l'on trouvait tout à fait normal que force reste à la loi et que les crapules soient confondus, arrêtés, jugés et emprisonnés. Ce livre est un récit bien construit, jamais ennuyeux, sans hémoglobine à chaque page, et écrit dans un français agréable émaillé de langue verte, pour mieux nous plonger dans l'univers du grand banditisme. 

    Et puis il faut lire cet auteur,  né en Bretagne,de son vrai nom Auguste Monfort, au parcours singulier et dramatique : père mort en septembre 1914, sa mère l'abandonne ! Il est placé en orphelinat à 8 ans ; il s'en évade à 11 ans. Repris, il va en maison de correction. Très mauvais départ dans la vie. Puis il se fait couvreur, terrassier, et fréquente les truands de Saint-Ouen, qui le surnomment le Breton en référence à sa région natale... Et puis un jour, il a une fille, nous sommes en 1947. Il avait écrit " Si un jour j'ai un enfant, j'écrirai la mienne d'enfance, pour qu'il comprenne, pour qu'il reste humble et propre toute sa vie"... Pour elle, il décide d'écrire ses souvenirs d'enfance, notamment en maison de correction : ce sera "Les Hauts murs" et ses débuts dans l'écriture. Bientôt, il va écrire des romans policiers, dans lesquels il introduit l'argot et le verlan . C'est Auguste le Breton qui a inventé le mot RIFIFI, que l'on trouve dans son roman : Du Rififi chez les hommes, en 1953. Auguste le Breton, né en 1913 est mort en 1999 à Saint-Germain-en-Laye ; il est enterré au cimetière du Vésinet.


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