• La compagnie des spectres, roman de Lydie Salvayre, 1997

    La compagnie des spectres, roman de Lydie Salvayre, 1997

    Lorsque j’ai entendu que le Prix Goncourt 2014 avait été remis à Lydie Salvayre pour son roman « Pas pleurer », je ne me suis pas jeté sur ce livre. Comme j’ignorais tout de cet auteur, j’ai préféré lire autre chose d’elle, une œuvre moins récente... J’ai fait jouer le hasard, am-stram-gram, pic et pic et colégram... et pan ! c’est tombé sur La Compagnie des spectres, publié en 1997.  Je viens de lire ce roman, et je dois en convenir : je ne suis pas enchanté, bien que la forme du livre soit très originale. Mais l’originalité est une chose, l’intérêt d’un livre en est une autre...  De quoi s’agit-il ? La compagnie des spectres raconte une histoire très simple, qui se déroule en un seul jour et en un seul lieu : un appartement où se côtoient deux femmes : une fille (la narratrice) qui vit avec sa mère, devenue folle après le massacre de son frère Jean par des miliciens pendant la deuxième guerre mondiale. Depuis, elle voit des fascistes, des miliciens et des collabos partout. Au début du livre les deux femmes reçoivent la visite d’un huissier venu faire un inventaire avant saisie,  suite à de nombreux impayés. Et tandis que la fille tente d’amadouer l’homme de loi en faisant assaut de politesse, la mère, dans son délire, l’interpelle : « C’est Darnand qui vous envoie ?... ce suppôt du Maréchal Putain ! »... Le ton est donné... Au fil des pages, nous assistons au dialogue sans fin de la mère qui délire sur les spectres du passé noir de l’occupation, tandis que sa fille tente de la raisonner, le tout en présence de l’huissier, qui, chapitre après chapitre, continue, imperturbable, de dresser l’inventaire des biens à saisir... Idée originale, mais c’est truffé de références à la littérature antique... Pline le Jeune... Cicéron...Sénèque... Plutarque... bref, des noms qui n’évoquent pas grand-chose pour la plupart de nos contemporains. Et puis c’est un livre qu’on lit en restant extérieur, sans émotion et sans grand plaisir à mon sens. Assurément, c’est bien écrit, mais ça ressemble à un exercice d’écriture plus qu’à un livre à succès. Comme je suis un lecteur consciencieux, je suis allé jusqu’au bout des 172 pages, la dernière m’ayant enfin permis d’esquisser un sourire pâlot et tiède, il était temps. Bref, la compagnie des spectres est un livre original mais un peu terne, et finalement assez ennuyeux. Espérons que « Pas pleurer », prix Goncourt, est meilleur.


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