• L'Appel de l'Ange, roman de Guillaume Musso, 2011

    L’Appel de l’ange, par Guillaume Musso, 2011

     

    Il paraît qu’avec l’âge on perd pas mal de neurones... C’est peut-être mon cas, puisque j’en arrive à lire du Guillaume Musso, au risque de faire de la peine à certains de mes amis... Qu’importe, j’assume ! Parlons un peu du livre : L’appel de l’ange est une histoire complètement invraisemblable ! Je vous narre un peu : Madeline et Jonathan se croisent un peu brutalement dans un aéroport de New-York, une semaine avant Noël... Sous la violence du choc, ils perdent leur portable, mais le récupèrent. Et comme vous l’avez déjà deviné, leurs deux portables sont identiques et donc ils se gourent, chacun emportant le portable de l’autre !  Madeline rentre en France, et quand son téléphone sonne, elle comprend que c’est Jonathan qu’on appelle. Lui, de son côté, et pour la même raison  réciproque, reçoit des appels destinés à Madeline. Vous n’imaginez pas tout ce qui va découler de cet échange de portable ! Car chacun fouille de manière très indiscrète dans le téléphone de l’autre, et y découvre toutes sortes de secrets inavouables : il apparaît ainsi que Jonathan tenait un des plus célèbres restaurants du monde, et qu’il l’a quitté pour tenir une honnête  et humble gargote, après s’être bizarrement séparé de Francesca. De son côté, Madeline est fleuriste à Paris, mais les entrailles de son smartphone révèlent qu’elle fut flic, et qu’elle a longuement enquêté sur la disparition d’une jeune fille de 15 ans, Alice Dixon, avant de faire une tentative de suicide après avoir reçu un jour un colis contenant le cœur de la jeune Alice ! Je vous passe le reste, tout est du même tonneau... On pourrait se moquer et ce serait tellement facile ! On est tellement loin ici de la littérature classique. Mais il ne faut pas oublier une chose : on a changé de siècle. Notre époque ne vit plus au rythme lent des saisons, où l’on lisait avec un délice tranquille un roman de Mauriac ou de Gide au coin de l’âtre où crépitait une bûche de chêne. On est à l’ère de l’image, du zapping et du flash publicitaire, tout va vite, très vite. Trop vite ? A chacun d’en juger. Le roman de Musso épouse son époque : les chapitres y sont très courts, ils se télescopent dans un jaillissement de rebondissements improbables et spectaculaires, qui évoque un feu d’artifice : on en voit de toutes les couleurs, ça éclate bruyamment, à toute vitesse, ça brille et ça scintille pour s’éteindre vite avant la fusée suivante, qui explose à son tour dans un nouvel éblouissement....  Il faut en convenir : les romans de Musso ne cassent pas trois pattes à un canard. Mais demande-t-on cela à un feu d’artifice ? Non, on veut que ça scintille, rien d’autre. De ce point de vue, L’Appel de l’Ange se lit comme on voit un feu d’artifice, c’est vif et enlevé, et il serait vain d’y chercher autre chose qu’un bon moment de lecture... Après tout, pourquoi pas ? Et puis, il faut noter un point positif : ce roman de Musso, pour n’avoir rien de littéraire, n’en est pas moins fort bien écrit. Vocabulaire et syntaxe sont corrects et n’ont rien d’un sous-produit. Enfin l’orthographe est irréprochable. Après tout, la chose est rare de nos jours. L’Appel de l’Ange, par Guillaume Musso, est publié en édition de poche chez Pocket. Pas cher, on peut donc, si on veut, le balancer par la fenêtre sans remord ni regret.


  • Commentaires

    1
    skaograch
    Mardi 18 Novembre 2014 à 23:00
    Il a peut-être un bon correcteur... Les mauvaises langues (dans l'édition) disent que, comme pour les romans d'alexandre dumas, ils sont plusieurs à écrire le bouquin
    2
    robertcri
    Mercredi 19 Novembre 2014 à 07:14
    Les romans de Musso sont comme des voitures. Ce sont des produits finis recherchés par un certain public. Ce public se fout bien de savoir si sa voiture a été fabriquée par une, dix, ou cinquante personnes ! De la même manière, que son roman ait été écrit par Musso lui-même ou une bande d'affidés ne change rien au plaisir de la lecture, aux rebondissements spectaculaires et rocambolesques qui pétillent toutes les dix lignes ! Musso a le mérite de la lucidité : il sait que les gens ne sont pas tous de fins lettrés... Il sait qu'il ne pourra les amener à la littérature... Mais il les amène à la lecture, qui est un bon exercice.. De cela on ne saurait le blâmer...
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