• Ile Saint-Louis-Paris- 15 juil 2007 -

       

    SUR L’ILE SAINT LOUIS…

    Balade organisée par la Société littéraire de La Poste

    Samedi  15 juillet 2007

    Grâce à la Société littéraire de la Poste, nous partons à l’aventure… Au programme, l’exploration fabuleuse d’une île… Mais pas besoin de jouer les Robinson Crusoë, car l’île n’est pas loin, et elle n’est pas déserte. Située en plein cœur de Paris, c’est l’île Saint-Louis… Rendez-vous à 10h30 au métro Pont Marie…Mais suivez-nous au cœur de notre périple !

    L’île Saint-Louis est située dans le quatrième arrondissement, en plein cœur de Paris, juste à l’est de l’île de la Cité qui fut le berceau de la ville, et dont elle est séparée par le Pont Saint-Louis. L’île Saint-Louis a été formée aux environs de 1620, par la réunion de deux petites îles : l’île Notre-Dame, la plus proche de la Cité, et l’île aux vaches…Ces deux îles étaient séparées par un étroit chenal franchi par une passerelle de bois. Avant le 17ème siècle, ces deux îles n’étaient pas construites ; l’île Notre-Dame, très souvent inondée, n’abritait que des activités saisonnières sans infrastructure immobilière, des pêcheries notamment ; quant à l’île aux vaches, elle était utilisée, comme son nom l’indique, comme pâturage aux troupeaux des fermes parisiennes, fort nombreuses alors… A la fin du 16ème siècle, l’ingénieur Christophe Marie propose au roi Henri IV un projet d’aménagement permettant de réunir les deux îles en une, tout en permettant le franchissement de la Seine de la rive gauche à la rive droite grâce à deux ponts. Mais l’assassinat d’Henri IV en 1610 compromet les plans de l’ingénieur Marie. Pourtant, un nouvel accord est conclu avec Marie de Médicis : Christophe Marie et ses deux associés, Poulletier et Leregrattier combleront le chenal qui sépare les deux îles, afin de réunir les deux îles en une seule (l’actuelle rue Poulletier marque l’emplacement de l’ancien chenal comblé) ; ils construiront deux ponts : le pont de La Tournelle et le pont Marie ; enfin, ils aménageront des quais tout autour de l’île. En échange de ce lourd investissement, ils toucheront pendant 80 ans des redevances sur les ventes des terrains de l’île, et percevront les péages des deux ponts.

    Pourtant, l’affaire tourne mal, et Marie et ses associés finiront « sur la paille » ; en effet, d’interminables procès sont intentés, car le Clergé conteste au Royaume la propriété de l’île Notre-Dame, et les acquéreurs éventuels de terrains renoncent à leurs projets devant l’incertitude de la propriété du sol. Finalement, c’est surtout vers le milieu du 17è siècle, vers 1630, que l’île Saint-Louis va se développer. C’est alors un quartier nouveau, qui va accueillir des « hommes nouveaux » : peu de vraie noblesse d’épée, mais plutôt une noblesse de robe, essentiellement constituée de magistrats. Mais on y trouve aussi des classes populaires, car on tient, à l’époque,  à ce que cohabitent ici « les dodus et les menus ». Comme quoi, le souci d’un brassage des populations n’est pas né d’hier !

    On va construire ici un certain nombre d’hôtels particuliers ; à noter que l’ « hôtel particulier » désigne alors la résidence d’un noble, par opposition à la « demeure », qui est la résidence d’un roturier… Il en est ainsi quand bien même la demeure est plus somptueuse que l’hôtel particulier, et cela arrive. On distingue, pour les constructions de l’île Saint-Louis, deux types de toitures : des toitures en ardoise, très pentues, construites avant 1640, et des toitures « à la Mansard », construites à partir de 1640, qui permettent de faire des combles mieux logeables, mais qui permettent aussi des constructions plus larges qui mettent fin aux pièces en enfilade qu’on trouvait auparavant, et qui autorisent les couloirs et les circulations. On note aussi que les façades du milieu du 17è siècle sont beaucoup plus sobres que celles du début du siècle. En outre, les façades les plus belles sont côté jardin ou cour, jamais sur la rue ; à cela deux raisons : On considère que la beauté de la construction ne concerne pas les « les manants »  de la rue, on la réserve aux hôtes ; par ailleurs, la discrétion des façades vise à ne pas attirer trop l’attention sur des fortunes dont l’origine est souvent plus ou moins trouble… Seule la porte est imposante côté rue, allant parfois jusqu’à occuper toute la hauteur de l’immeuble : elle doit imposer le respect.
    Sur l’île Saint-Louis, on peut encore voir deux anciennes tavernes, dont l’une est juste à l’angle de la rue des Deux Ponts et du quai de Bourbon. Les anciennes tavernes sont reconnaissables aux grilles épaisses qui protègent leur vitrine ; imposées autrefois par le pouvoir, elles avaient pour objectif d’empêcher les clients de s’échapper par les fenêtres en cas de contrôle de police… Sur le quai d’Anjou, on peut voir l’Hôtel de Lauzun. Il fut bâti par Groin, un riche négociant du 17è siècle, qui ravitaillait en vivres les armées, hommes et chevaux. Mais il reçut le nom de son occupant ultérieur, le duc de Lauzun, qui faillit épouser la sœur du roi, la Grande Mademoiselle. Mais Louis XIV interdit cette mésalliance entre une princesse de sang royal et un petit noble de Province. Lauzun fut emprisonné pendant 10 ans.

    On peut voir aussi l’Hôtel de Lambert, flanqué d’une tourelle très rare. Michèle Morgan y habita comme locataire. L’Hôtel de Lambert est aujourd’hui propriété des Rotschchild.

    Quai de Bourbon, maison où séjourna Camille Claudel jusqu’en 1913, année de son internement psychiatrique, qui ne prit fin qu’à sa mort en 1943.

    Quai de Béthune, au numéro 24, appartement de Georges Pompidou.

    On trouve aussi des maisons qui furent autrefois des maisons populaires. Etroites, leurs façades ne comportent que deux fenêtres par étage ; c’étaient des appartements verticaux, une même famille occupant les différents niveaux.

    Rue Saint Louis-en-l’île, on trouve de nombreux commerces, souvent de luxe. S’y trouve également le restaurant « L’Orangeraie », propriété naguère de Jean-Claude Brialy.

    On peut déguster aussi dans cette rue une célèbre glace « Berthillon ». (On a goûté : c’est bon, mais la réputation me semble surfaite : trop cher pour ce que c’est, franchement ! C’est aussi bon chez Auchan ! Mais bon, certains aiment frimer, tout claquer, et gueuler ensuite contre le pouvoir, forcément responsable de l’insuffisance de leur pouvoir d’achat !) Fermons la parenthèse !...

    Face au restaurant l’Orangeraie, l’église Saint-Louis présente une belle coupole surbaissée, construite à l’imitation de Rome, et sa nef est décorée de beaux vitraux polychromes du 19è siècles. Toutefois, il reste encore des vitraux du 17è siècle : ce sont les vitraux clairs, incolores ; au 17è siècle en effet, on s’efforce de mettre des vitraux très clairs, afin qu’il y ait suffisamment de lumière dans l’église pour permettre aux fidèles de suivre les offices en lisant leur missel… Et notre balade s’achève ici.  Il est 12h30. Impeccable. C’est juste l’heure de déjeuner. Nous prolongeons donc notre balade à titre personnel par un menu sympa dans un petit restaurant du coin, histoire de donner à notre balade culturelle une conclusion gastronomique !…




      




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