• Giverny-Claude Monet- 6 juin 2009 -

     GIVERNY, la maison et le jardin de Claude Monet

    Balade organisée par le Centre Culturel de Vitry

    Le 6 juin 2009

    Départ de Vitry en car à 8 heures. Le temps est gris et bientôt nous roulons sous la pluie. Aïe ! Mais heureusement, pas d’embouteillages, et dès 9h15, nous sommes à Vernon-sur-Eure. Petite pause, le temps de prendre un café et un thé au tabac du coin, où l’on peut désormais s’attabler sans être enfumé, et de jouer une grille de loto, on ne sait jamais… Dame Fortune, peut-être !... Dire qu’il a fallu une loi pour contraindre les fumeurs à un minimum de respect des autres !... Saloperie de nature humaine ! Mais on philosophera une autre fois !... Revenons à Claude Monet.

    A 10 h, notre car rejoint ses nombreux camarades déjà garés en une impressionnante cohorte sur le parking : quelle foule à Giverny ! C’est la cohue du côté des tourniquets d’entrée… Heureusement, la pluie a cessé ; pas de soleil, mais le ciel est d’un gris très clair et une bonne lumière baigne l’étang des nymphéas… On fait des photos, même s’il y a dans le viseur davantage de populo que de nénuphars et de nymphéas !... Attention : nymphéas et nénuphars, ce n’est pas la même chose ! Mais je ne vous dirai pas la différence : z’avez qu’à chercher un peu sur internet, ça vous fera pas de mal ! La culture, il faut aussi l’approfondir soi-même !... Après le tour de l’étang, on parcourt le beau jardin de fleurs qu’avait créé Monet, profusion de roses, de pivoines, de géraniums, qui semblent pousser ici dans une liberté sauvage… Visite ensuite de la maison de Claude Monet, dans laquelle il vécut à partir de 1883 comme locataire, avant d’en devenir propriétaire en 1890, jusqu’à sa mort survenue en 1926. Sa première femme, Camille, n’a jamais connu Giverny, elle est décédée en 1879. Maison rose aux volets verts, la maison de Giverny est typique du 19è siècle, avec ses pièces distribuées en enfilade au rez-de-chaussée : atelier de Claude Monet, salle à manger jaune, cuisine bleue… à l’étage : chambres en enfilades longées par un corridor… la chambre de Claude Monet, et la chambre de sa femme Alice, chaque chambre disposant d’un cabinet de toilette mitoyen.

    Midi : après une halte à la boutique, on déjeune au restaurant, sur le site même de Giverny. Mais le plus important chez Claude Monet n’est pas sa demeure mais son œuvre. Découvrons-la maintenant à l’occasion de la visite du musée des impressionnismes, qui se trouvé également à Giverny et qui présente une très belle exposition jusqu’à fin août 2009. Cette exposition est assez extraordinaire car elle permet de voir un certain nombre de toiles prêtées par des collectionneurs privés, oeuvres qu'on ne peut donc jamais voir… à moins d'être pote avec les collectionneurs ! Ce n'est pas mon cas ! Pas un de mes amis ne possède un Claude Monet authentique...   

    L’œuvre de Claude Monet :

    Claude Monet naît en 1840 à Paris, mais dès 1845 il suit ses parents à Rouen. C’est là qu’il s’initie à la peinture grâce à Eugène Boudin, vers 1856, il a alors 16 ans. En 1861, tandis qu’il effectue son service militaire en Algérie, sa tante propose de le faire libérer à condition qu’il étudie sérieusement l’art. Claude Monet accepte et entre aux Beaux-Arts à Paris. Mais Claude Monet n’est pas un peintre classique, et ne sombre pas dans l’académisme ; au contraire il explore des voies nouvelles : peinture dans la nature, recherche de la lumière, travail sur les « impressions » procurées par le changement de la lumière selon les heures et les saisons : c’est l’émergence de l’impressionnisme, terme qui apparaîtra en 1872 sous la plume d’un critique rejetant cette approche, à la suite de l’exposition d’une toile de Monet intitulée « Impressions soleil couchant »… L’exposition de Giverny, au-delà de l’impressionnisme, permet de voir l’évolution de l’art de Claude Monet. D’abord, l’intérêt de Monet pour les fleurs se voit  déjà dans deux tableaux provenant de collections privées : ce sont deux panneaux représentant des fleurs, panneaux qui faisaient partie d’une série de six panneaux décorant une porte… On voit ensuite une toile représentant un moulin dans des champs de tulipe. Monet a réalisé ce tableau à l’occasion se son séjour en Hollande en 1886 : la toile laisse beaucoup de place au ciel, très visible avec ses nuages, au-dessus des allées de tulipes… Monet avait beaucoup aimé ces longs alignements de fleurs, il s’en souviendra pour aménager son jardin de Giverny… Deux autres tableaux « Les palmiers » et « Sous les citronniers », montrent une évolution : en particulier, le ciel tend à disparaître peu à peu, comme si le regard du peintre se fixait que la terre. Dans « Sous les citronniers », Monet « zoome », il se concentre sur les choses qui lui importent, sans chercher à représenter l’ensemble du lieu : on est sous les citronniers, on ne sait pas où exactement, et ça n’a pas d’importance pour le peintre… Par contre, fidèle encore à l’impressionnisme, il peint des « séries », c'est-à-dire des tableaux qui représentent le même sujet, sous des éclairages différents ; ainsi la série sur les meules… Mais ça ne correspond pas au goût des acheteurs. C’est alors que Paul Durand-Ruel a l’idée de les vendre aux USA : et là, gros succès ! Des Américains viennent et achètent : Claude Monet devient riche !... L’exposition de Giverny présente deux toiles faisant partie de séries : « Les peupliers »  et « Sur la Seine »… Dans la toile « Trois jeunes femmes sur une barque » (1887), le ciel a disparu complètement. Cette tendance va s’accentuer encore lorsque Claude Monet, après avoir acheté la maison de Giverny, dont il était locataire depuis 1883, va aménager le jardin et surtout réaliser son étang où il fait pousser des nymphéas… Mais écoutons Monet, il dit ceci : « J’ai mis du temps à comprendre mes nymphéas. Je les cultivais sans songer à les peindre. Un paysage ne nous imprègne pas en un jour. Et puis tout à coup j’ai eu la révélation des féeries de mon étang. J’ai pris ma palette. Depuis ce temps, je n’ai guère eu d’autre modèle. » Dès lors, Monet va se consacrer presque exclusivement à la peinture de son jardin. Mais attention, il ne peint pas des paysages ! De plus en plus il se concentre sur les détails qui retiennent son attention ; on ne voit pas l’étang ni ses berges, seulement des nymphéas… Et même, certaines feuilles des nymphéas ne sont pas représentées en entier, elles sont coupées par le bord de la toile. Monet suggère ainsi que la toile ne représente pas un tableau fini… la toile se prolonge à l’extérieur par l’imagination du spectateur qui reconstruit dans son imaginaire ce qui n’est pas représenté. Monet ira encore plus loin dans ce sens, en ne finissant pas de remplir ses toiles, laissant des marges blanches et inégales sur les bords, afin que ces toiles ne soient pas encadrées… Ecoutons encore Monet : « Le motif est quelque chose de secondaire. Ce que je veux reproduire c’est ce qu’il y a entre le motif et moi. »

    Terminons cette balade par quelques repères sur la vie de Claude Monet :

    1840 : naissance de Claude Monet

    1883 : Installation à Giverny, en location.

    1890 : Monet achète la maison de Giverny

    1893 : il achète un grand terrain près de sa maison avec un cours d’eau et un étang qu’il aménage en jardin avec un bassin aux nymphéas.

    1895 : il érige un pont japonais et le peint pour la première fois.

    1897 : Il fait construire sur son terrain un deuxième atelier où il peut travailler pendant l’hiver.

    1903 : Premier tableau daté de la deuxième série des Nymphéas.

    1907 : Monet travaille exclusivement aux Nymphéas.

    1911 : La vue affaiblie de Monet continue de baisser, mais il surveille l’agrandissement du bassin des nymphéas.

    1914 : Clémenceau suggère à Monet de créer un ensemble de grands panneaux avec les Nymphéas et de les offrir à l’Etat. Monet accepte. Ce travail l’occupera jusqu’à sa mort.

    1918 : A l’occasion de l’Armistice, Monet offre huit tableaux des Nymphéas à l’Etat. Clémenceau vient à Giverny pour les choisir.

    1926 : Mort de Claude Monet, à l’âge de 86 ans

    1927 : Le 17 mai, les Nymphéas sont officiellement inaugurés au musée de l’Orangerie des Tuileries où ils sont toujours.



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