• Eglise Sainte-Croix d'Ivry - 7 fév 2009 -

     

     

    Eglise Sainte-Croix d’Ivry – le 7 février 2009<o:p></o:p>

     

     

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    Le 21 août 2000, un incendie accidentel détruit entièrement l’église d’Ivry-Port. Une église ? Pas vraiment. En effet, on n’a jamais construit d’église ici. On a seulement aménagé un garage en 1936, pour servir d’église. Certes, un projet avait vu le jour, en vue de remplacer le garage aménagé par une véritable église. Mais en 1939, la guerre mit fin à ce projet. Après la guerre, on entreprit plusieurs aménagements pour donner au garage l’aspect d’une église plus avenante. Alors, l’incendie de 2000, providentiel ?... Peut-être ! Car on cessa enfin de bricoler : on décida l’édification d’une véritable église. Une véritable renaissance. Les Chantiers du Cardinal se mirent à l’œuvre, et le projet fut élaboré par un architecte, Jean-Pol Hindré, dont le père, architecte aussi, avait conçu l’usine Yoplait d’Ivry. Le chantier débuta en 2004. La nouvelle église fut consacrée et inaugurée les 17 et 18 septembre 2005 par Monseigneur Daniel Mabille, évêque de Créteil, en présence de Pierre Gosnat, maire d’Ivry. Modernité et tradition coexistent dans la nouvelle église : modernité du béton, modernité dans l’absence de piliers internes, modernité dans le parti-pris de la lumière, dans une architecture contemporaine qui n’est pas sans évoquer la cathédrale d’Evry. Mais dans le même temps, la tradition se rappelle à nous par de multiples signes : la brique rappelle les usines et le passé industriel d’Ivry, emploi de la pierre en revêtement côté rue, emploi du zinc en toiture…<o:p></o:p>

    A l’extérieur, l’église marque sa présence par un signal, sorte de phare de 18 mètres de haut supportant une croix en fer en U de qualité industrielle (clin d’œil encore à la tradition). Trois cloches, offertes par des entreprises d’Ivry-Port sont disposées le long de ce signal, le transformant en un véritable campanile. Les trois cloches ont reçu des prénoms :<o:p></o:p>

    -         Marie et Madeleine ( La Vierge Marie et Madeleine Delbrel, qui vécut à Ivry de 1904 à 1964.<o:p></o:p>

    -         Christine et Guitemie, qui étaient les deux fidèles compagnes de Madeleine Delbrel<o:p></o:p>

    -         Jeanne et Monique : Sœur Jeanne était la cuisinière dévouée de l’école paroissiale, Monique Maunoury (1915-1975) était la petite-fille du Maréchal Maunoury,  qui elle gardait sa fidélité en portant son ceinturon militaire. Elle passa sa vie à travailler en usine à Ivry, partageant la vie des enfants déshérités, sur un terrain du Plateau, là où se trouve aujourd’hui le foyer d’accueil des SDF.<o:p></o:p>

    La première pierre de l’église fut posée le 15 mai 2004. Elle provient de la margelle du puits de la maison de Madeleine Delbrel, 11 rue Raspail. Cette première pierre a été scellée dans le premier panneau de béton posé, et elle contient un manuscrit calligraphié par les Sœurs Annonciades de Thiais.<o:p></o:p>

    A l’intérieur, l’église à la forme d’une nef, s’affinant et s’élevant d’arrière en avant, jusqu’au chœur.

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     Les vitraux, réalisés par les Ateliers Duchemin, ont été conçus et créés par Anne et Patrick Poirier, deux artistes qui ont travaillé 32 ans dans leur atelier du 32 rue Lénine. Les deux bandes verticales centrales, rouge vif, symbolisent à la fois le sang du Christ, mais aussi le sang versé par les Ivryens dans les guerres, les conflits et les luttes, le combat contre l’Occupant. De par et d’autres, des bandes verticales dans des camaïeux de bleu et de rose, tout en ondulations, rappellent que nous sommes là à deux pas de la Seine, de l’eau et d’un port. Des pensées de Madeleine Delbrel, extraits de son recueil "Alcide", sont gravées sur certains vitraux.  A noter : les vitraux sont insérés entre des doubles vitrages. Par ailleurs, les différents éléments de verre des vitraux ne sont pas assemblés avec du plomb, mais avec du laiton ; le laiton étant plus fin que le plomb, on y gagne en luminosité.

    L’autel, métallique, est l’œuvre du sculpteur Jacques Dieudonné, artiste et diacre permanent. A l’avant de l’autel, le trait épuré symbolise un nef ainsi qu’une ancre.  Cet autel contient quelques reliques de Madame Acarie, fondatrice du Carmel de France (1566-1618). Née Barbe Avrillot, elle épousa en 1582 Pierre Acarie, Conseiller à la Cour des Comptes. Elle en aura six enfants. Très dévouée et charitable, elle crée un véritable « service social pour les déshérités de Paris et ceux d’Ivry où la famille avait sa résidence d’été qui se trouvait à l’emplacement du château construit plus tard en 1692. En 1598 Madame Acarie se cassa le col du fémur en descendant l’escalier de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul d’Ivry, et demeurera infirme. Elle intervint auprès de Henri IV pour faire venir des religieuses Espagnoles et créa le premier Carmel à Paris en 1604. A la mort de son marie en 1613, elle se retira au Carmel d’Amiens en 1614, puis au Carmel de Pontoise en 1616. Elle y mourut le 16 avril 1618.<o:p></o:p>

    La croix : Située au-dessus de l’autel au centre des vitraux, elle est ici plus large que haute. L’artiste a mis l’accent sur l’ouverture des bras du Christ sur la croix. L’accueil des bras ouverts est privilégié par rapport au supplice.<o:p></o:p>

    Les fonts baptismaux : La cuve des fonts baptismaux est une marmite provenant d’une chocolaterie d’Ivry. Récupérée par Madeleine Delbrel, elle servit pour des réfugiés espagnols, qui y préparèrent des tourons qu’ils allaient ensuite vendre pour assurer leur subsistance.<o:p></o:p>

    La statue de Notre-Dame de Fatima : Dans un coin de l’église se trouve la statue en bois de la Vierge de Fatima. La statue est en bois et pourtant c’est le seul élément qui n’a pas été brûlé dans l’incendie d’août 2000 : Chance ou miracle, à chacun d’en juger…

    L'oratoire : Une petite pièce est aménagée en oratoire : elle contient trois vitraux qui représentent respectivement et de gauche à droite : Jeanne d'Arc d'après une photo de Sainte Thérèse de Lisieux, Madeleine Delbrêl jouant à la toupie avec une petite fille, et Sainte Thérèse de Lisieux. <o:p></o:p>

    Croyants et non croyants, tous peuvent se retrouver dans cette église Sainte-Croix, ou y faire une visite. Chacun pourra y trouver, selon ses croyances un moment de prière ou simplement quelques instants de calme et de lumière.

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    <o:p>Discours de Pierre Gosnat, député-maire d'Ivry, lors de la pose de la première pierre, le 15 mai 2004 :</o:p>

    <o:p>"Il y a bien des raisons pour justifier ma présence et ma prise de parole, alors que, depuis la séparation de l'Eglise et de l'Etat, les communes n'ont plus à intervenir dans le financement et la construction des nouveaux édifices religieux. D'abord pour rendre hommage à votre communauté catholique, qui avait eu la peine, voire le traumatisme, de perdre son église, où avaient été vécus tant de moments de joies et de peines, de célébrations familiales et plus larges. Si une église renvoie au spirituel, au divin, elle n'en reste pas moins un objet concret qui participe au paysage de la ville et de ses quartiers ; les élus sont très attentifs à ce qui concourt aujourd'hui à la ville de demain. C'est d'autant plus nécessaire qu'Ivry et ce quartier du Port en particulier sont en pleine mutation économique, sociale et urbaine. Qu'une église y retrouve sa place, cela me semble tout à fait symbolique. Vous avez d'ailleurs voulu que cette église soit largement ouvete sur la ville. Que vous ayez décidé d'y mettre des cloches, cela nous renvoie à notre histoire commune, que l'on croie en Dieu ou non, ainsi que l'évoquait Aragon."</o:p>


  • Commentaires

    1
    ludger
    Mardi 14 Août 2012 à 17:52

    Merci pour votre texte sur l'église d'Ivry.


    Une question : le chaudron vient-il de la chocolaterie de la rue Barbès ?


     



     

    2
    ludger
    Mardi 14 Août 2012 à 17:52

    Merci pour votre texte sur l'église d'Ivry.


    Une question : le chaudron vient-il de la chocolaterie de la rue Barbès ?


     



     

    3
    Robertcri Profil de Robertcri
    Mardi 14 Août 2012 à 19:22
    en réponse à la question, je pense que la cuve des fonts baptismaux provient de l'ancienne chocolaterie Vinay d'Ivry
    4
    Vendredi 31 Mai 2013 à 01:02
    Dans la Picardie, il y a aussi un Ivry, est-ce la même ville ?
    5
    Robertcri Profil de Robertcri
    Vendredi 31 Mai 2013 à 07:06
    Il s'agit ici d'IVRY-SUR-SEINE, dans le Val-de-Marne, juste au sud de Paris 13è arrondissement
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