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           TURCS ET  HINDOUS DE PARIS

                                                          

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     Pour la première fois, j’effectue une balade à Paris, grâce à la Société Littéraire de la Poste dont je fais partie depuis peu ; au programme aujourd’hui, une balade dans le 10è arrondissement de Paris, pour découvrir les communautés turque et hindoue de Paris. Le rendez-vous est fixé au métro « Château d’eau ». Nous ne sommes guère nombreux pour parcourir ce quartier cosmopolite ; à la sortie du métro, tout un groupe de noirs vocifère et s’anime, ce sont des « rabatteurs » travaillant pour le compte des salons de coiffure « afro » du quartier…Ils abordent toutes les filles qui sortent du métro, leur proposent la carte de visite d’un salon de coiffure dont ils vantent les mérites… Finalement, nous ne sommes que trois « touristes »… Du métro Château d’Eau, nous remontons le Boulevard de Strasbourg sur une vingtaine de mètres, pour nous engager dans la rue du Désir, aujourd’hui coupée en deux par le boulevard de Strasbourg percé par Haussmann. La rue du désir est l’exemple d’une rue devenue industrielle à la suite de l’implantation de la gare de l’Est… Se sont alors construits nombre d’entrepôts et d’industries, puisque désormais les matériaux lourds étaient acheminés jusque là par le train. Se construisirent aussi des immeubles populaires, contrastant avec les hôtels particuliers ou les bâtisses antérieures, plus prestigieuses… Mais c’est dans la rue de la Fidélité que nous découvrons la communauté turque. Au numéro 5, un double portail s’ouvre sur une cour pavée ; au fond, un immeuble, dans lequel nous découvrons une salle de prière des Kurdes. Un Imam, barbu et vêtu de noir, mais souriant, nous invite à nous déchausser… Nous entrons : la salle de prière est une vaste pièce presque carrée d’environ 8 mètres de côté. Les murs sont blancs et nus. Au sol, une grande moquette recouvre toute la pièce ; des bandes rectilignes de couleur beige partagent la moquette en des sortes de couloirs de 70 cm de largeur, permettant aux musulmans de former des files alignées pour la prière. A l’avant de la salle, sur la gauche et surélevée de deux marches blanches, une petite estrade marque la place de l’imam. Le long d’un des murs,  sur un long banc de bois, sont posés des livres de prière…A l’arrière de la salle, une porte permet de communiquer avec un local plus petit : c’est la salle de prière des femmes, qui ne peuvent pas être avec  les hommes ; par ailleurs, pendant la prière, les femmes ne peuvent pas non plus voir l’imam, mais seulement l’entendre par la porte séparant la salle des hommes de celle des femmes…<o:p></o:p>

    Après la visite, l’imam nous invite à nous rechausser, et nous conduit dans un local qui fait face à la salle de prière : on y découvre un bar musulman… Un comptoir d’acajou, des tables rectangulaires en formica beige et des chaises de bistro composent tout le mobilier. Les murs sont nus…Des musulmans sont là, attablés et silencieux, buvant le thé. On fait comme eux, le thé nous est servi avec gentillesse, et les Kurdes refusent tout paiement ! Ils parlent très peu et très mal le français, et après quelques questions du genre « do you speak english ? » pour commencer…puis « sprechen sie deutsch ?»… qu’un « Ja ! » franc et massif nous permet  enfin d’échanger quelques mots en allemand… Car les Turcs, à la différence des maghrébins, ne parlent pas le français, ils n’y tiennent d’ailleurs pas particulièrement, car ils n’envisagent généralement pas de s’intégrer en France. Ils y sont venus chassés pour des raisons politiques, et même quand ils viennent pour des raisons purement économiques, leur rêve est de retourner chez eux le moment venu…<o:p></o:p>

    En passant dans la Cour des Petites Ecuries, nous sommes entrés dans un café turc : regards curieux et vaguement inquiets des clients… Attablés, ils jouent à d’interminables partie d’un jeu qui ressemble vaguement à un scrabble qui comporterait des numéros placés sur un chevalet, et qu’on ne joue qu’après avoir lancé deux dés… Je renonce à percer le secret de cette activité à la fois turque, ludique et aléatoire !…<o:p></o:p>

    Dans cette même cour, un curieux restaurant, le « Tribal Café » propose un couscous gratuit le vendredi ! La légende locale veut que le patron du lieu, victime d’un grave accident dont il a réchappé, entendrait ainsi remercier Allah de l’avoir épargné…<o:p></o:p>

    La suite de notre balade nous conduit rue de Paradis ; au numéro 18, c’est la Galerie Paradis, siège la Société Boulenger ; c’était une faïencerie célèbre au siècle dernier, dont les usines se trouvaient à Choisy-le-Roi. La sté Boulenger a notamment produit tous les carrelages blancs ayant servi à recouvrir les murs des stations et des couloirs du métro. Le siège de la rue de Paradis est décoré de fresques carrelées polychromes.<o:p></o:p>

    Rue des Petites Ecuries, au numéro 43, on peut voir l’Hôtel Botrel-Quintin, hôtel particulier édifié au 18è siècle par cet officier des Gardes-Françaises.<o:p></o:p>

    Rue du Faubourg-Saint-Denis, il reste un immeuble ayant appartenu aux Lazaristes, et qui leur servait d’immeuble de rapport ; y logeaient souvent des prêtres de passage à Paris pour quelque temps. Cet immeuble fut construit sur l’emplacement d’une ancienne léproserie du Moyen-Age.<o:p></o:p>

    Rue des Petites Ecurie, au numéro 18, nous entrons dans une boutique hindoue : «  Darma Sangh »…Beaucoup de statuettes, de l’encens…Là encore, on se déchausse pour aller au sous-sol, où se trouve un temple hindou : tapis au sol, trois autels dédiés à des divinités hindoues, et de l’encens qui brûle dans des coupelles… Le commerçant est apparemment un prosélyte de la religion de l’Inde et nous fait l’article sur les activités de son Centre d’Astrologie et de spiritualité hindoues…<o:p></o:p>

    En sortant, nous terminons la balade par l’un des hauts lieux de la communauté hindoue à Paris : le passage Brady ; comme la rue du Désir, le passage Brady a été coupé en deux par la percée du Boulevard de Strasbourg ; d’aspect très exotique, décoré de statues, d’éléphants, de boiseries dorées, il rassemble de nombreux commerces indiens, et c’est là que nous déjeunons en terrasse, dans un restaurant indien  réputé, fier d’afficher en vitrine des articles de presse élogieux.<o:p></o:p>

    La nourriture indienne est particulièrement parfumée, et le menu n’était pas trop cher : 65 francs…<o:p></o:p>

    Ainsi s’est achevé ma première balade culturelle (et gastronomique) dans un Paris méconnu et pittoresque.<o:p></o:p>


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  • UNE BALADE A CLICHY<o:p></o:p>

    Le  jeudi 10 février 2005<o:p></o:p>

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    (et repas au restaurant du lycée hôtelier René Auffray)<o:p></o:p>

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    Départ de la balade au métro Mairie de Clichy. Un peu d’histoire tout d’abord. Les premières traces d’habitat sur le territoire de Clichy remontent à la période gallo-romaine : vase funéraire conservé au musée de Clichy.<o:p></o:p>

    En 626, Clotaire y marie son fils Dagobert avec Gomatrude : on suppose donc qu’il existait alors une chapelle, mais on n’en a jamais trouvé les vestiges.<o:p></o:p>

    En 781, Charlemagne y signe une charte, le territoire s’appelle alors Clippiaco.<o:p></o:p>

    En 1193, Clippiaco devient Clichiacum.  A la fin du 12è siècle, la paroisse de Clichy est beaucoup plus vaste que la commune d’aujourd’hui, puisqu’elle s’étend jusqu’aux portes du Louvre ( porte Saint-Honoré), englobant Montceaux, Courcelles, les Ternes, Levallois, le Roule et la Ville-l’Evêque.<o:p></o:p>

    Au début du 13è siècle cette plaine constitue une réserve pour les chasses royales, d’où le nom de Clichy-la-Garenne. La paroisse de Clichy s’étend jusqu’aux portes du Louvre, englobant Montceaux, Courcelles, Les Ternes et Levallois<o:p></o:p>

    De 1612 à 1625, Saint-Vincent de Paul est curé de Clichy.<o:p></o:p>

    En 1755, Clichy compte 669 habitants, avec les premiers blanchisseurs.<o:p></o:p>

    A la Révolution, le mur des fermiers généraux réduit le territoire et la première municipalité de Clichy voit le jour.<o:p></o:p>

    Sous le Consulat, le banquier Récamier loue le château de Clichy : sa femme y tient salon et reçoit Mme de Staël et le frère du futur empereur, Lucien. C’est à partir de la Monarchie de Juillet (1830) que se développe l’industrie à Clichy. Ce sera la ville des blanchisseuses et du savon. La population s’accroît pendant tout le 19è siècle, malgré les amputations successives de Clichy : annexion à Paris du quartier des Batignolles en 1860, création de la commune de Levallois en 1866. Clichy se réduit encore un peu en 1930 quand Paris s’empare de la zone des fortifications et du cimetière des Batignolles.<o:p></o:p>

    Commençons notre balade en suivant le rue Martre, dans le même sens que les voitures. Sur la droite, le jardin Dagobert, en souvenir du mariage de Dagobert à Clichy en 626 ; puis sur la droite nous apercevons un portail monumental de pierre, noirci ; c’est le seul vestige qui subsiste du château de Crozat qui s’élevait ici. C’était une magnifique propriété du 18è siècle, qui était la résidence d’été de Crozat (1655-1738), dit Crozat le Riche, secrétaire de Louis XIV. Très riche, comme le suggère son surnom, Crozat, pendant 40 ans, va faire de cette propriété une merveille d’architecture et de luxe. A sa mort en  1738, son fils, Joseph-Antoine, en hérite. Grand collectionneur d’œuvres d’art, il va décorer la demeure  de plus de deux cents tableaux d’artistes fameux : Poussin, Watteau, Véronèse… Beaucoup de ces œuvres sont aujourd’hui au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. Le château de Crozat a été plus tard morcelé suite à de nombreuses difficultés de succession.<o:p></o:p>

    Tournons maintenant à gauche dans la rue du Landy. On aperçoit une bâtisse et une vaste porte cochère au fronton orné d’un luth et de carquois : c’est ici le « Pavillon Vendôme », une folie. La propriété fut vendue en 1697 à Françoise Moreau, une célèbre chanteuse de l’académie royale de musique. Philippe de Vendôme, arrière petit-fils d’Henri IV, en tombe éperdument amoureux, et c’est lui qui finance l’acquisition puis les travaux d’embellissement de cette propriété, qui allait autrefois jusqu’à la Seine, à environ 500 mètres de là, et où il résidait avec sa belle six mois de l’année…<o:p></o:p>

    Plus loin, à gauche, nous trouvons l’église Saint-Médard, qui fut l’église du village de Clichy, et fut construite à la place d’un édifice mérovingien, puis fut restaurée entre 1623 et 1630 par Saint-Vincent de Paul, qui fut curé de Clichy de 1612 à 1626, mais n’y résida qu’un an, en 1612. C’est là qu’est enterré en 1696 le frère de Boileau, qui habitait aux Ternes.<o:p></o:p>

    Médard, saint très populaire à qui on attribue des pouvoirs sur le temps, a vécu de  457 à 545, il était évêque de Noyon et de Tournai. Ses reliques étant passées à Clichy, on donna le nom de Saint-Médard à l’église de Clichy. Dans l’église Saint-Médard, des vitraux sont consacrés à divers épisodes de la vie de Saint-Vincent de Paul. Les fonts baptismaux en marbre datent de 1612. On trouve aussi dans cette église la chaire de Saint-Vincent-de-Paul et un crucifix lui ayant appartenu.<o:p></o:p>

    Juste à côté de cette église devenue trop petite, on a construit une nouvelle église, l’église Saint-Vincent de Paul, entre 1900 et 1905, après avoir amputé de son abside l’église Saint-Médard. Mais les travaux sont inachevés, et ne reprendront qu’en 1955, avec la construction d’une abside et de locaux paroissiaux. Dans le jardin du presbytère, il reste le moignon d’un arbre planté par Saint-Vincent de Paul.<o:p></o:p>

    Prenons ensuite la rue Pasteur, pour aller déjeuner  au restaurant d’application du lycée hôtelier René Auffray.<o:p></o:p>

    Là, nous déjeunons d’un excellent repas préparé  et servi par les élèves : pour la somme de 10 euros, on a un repas complet, avec une entrée (duo de lotte et de saumon crus), un plat ris de veau en sauce avec fond d’artichaut, asperges, carottes et petits navets,  une assiette de fromages, un dessert (tarte aux pommes), kir en apéritif, vin blanc et vin rouge (Côtes de Duras).<o:p></o:p>

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    Reprise de la balade ; reprenons la rue Pasteur puis la rue de l’Ancienne Comédie qui nous conduit au marché. Par le boulevard Jean-Jaurès, nous arrivons devant la mairie (1878, œuvre de l’architecte Depoix). Un vaste escalier d’honneur avec sa rampe en fer forgé conduit à la salle des mariages. L’escalier est décoré de deux  grandes fresques, oeuvres de Hoffbauer (1839-1922), représentant chacune une vue de Clichy, l’une au 17è siècle, l’autre au 19è siècle. Dans les angles de l’escalier, deux grands vases de céramique aux motifs agricoles, offerts à la ville en 1940 par le sculpteur et céramiste Emile Grittel (1870-1953).<o:p></o:p>

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    Continuons sur le boulevard Jean-Jaurès, jusqu’à la Place des Martyrs de l’Occupation allemande. Au centre, un kiosque à musique à colonnes de fonte édifié en 1883. C’est alors une place des Fêtes, qui sera transformée en square à la fin du 19è siècle, avec plantation d’arbres. On trouve dans ce square deux grands vases de bronze offerts par le Conseil général, provenant de Bagatelle où le philanthrope Richard Wallace ( 1818-1890) les avait fait installer.<o:p></o:p>

    Le long de l’allée Gambetta longeant le square, on trouve le Théâtre Ruteboeuf. C’est l’ancienne salle des fêtes réalisée vers 1920. C’est en 1970 que l’on nomme cet édifice théâtre Ruteboeuf.  La statue de ce poète médiéval (mort vers 1285, soit environ 150 ans avant la naissance de François Villon en 1431, trône dans le hall du théâtre.<o:p></o:p>

    Au bout de l’allée Gambetta, à gauche, traversons le parc Roger Salengro, avec son pigeonnier 1900. En le traversant, on voit, au-delà, sur le boulevard du général Leclerc, les Entrepôts du Printemps. Ils ont été construits entre 1908 et 1920, ils ont servi  tour à tour  d’entrepôt, d’atelier de confection et de bureaux. En fait, la partie de droite, de métal et de briques, est due à l’ingénieur François Hennebique, inventeur du ciment armé et au céramiste Alexandre Bigot. La partie de gauche, construite en 1923 est due aux architectes Demoisson et Wybo. (Wybo est connu pour avoir construit le palace George V).<o:p></o:p>

    Terminons par la rue d’Alsace : au numéro 36 se trouvait le cabinet médical du docteur Destouches, plus connu sous son nom d’écrivain : Louis-Ferdinand Céline (1894-1961), qui fut ensuite médecin dans le dispensaire de la rue Fanny, un peu plus loin. Dans « Voyage au bout de la nuit », il parle de sa vie à Clichy, dont il change le nom : «  Alors j’ai été m’accrocher en banlieue, mon genre, à La Garenne-Rancy… Ayant posé ma plaque à ma porte, j’attendis… »<o:p></o:p>

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    A voir aussi à Clichy :<o:p></o:p>

    -         L’hôpital Beaujon<o:p></o:p>

    -         La maison du peuple, 39 bd du général Leclerc, pur produit du front Populaire de 1936<o:p></o:p>

    -         La cité Jouffroy-Renault, rue des Cailloux : cité de 76 pavillons construite entre 1865 et 1875 par la veuve Thénard, pour être loués, puis vendus aux ouvriers « méritants ».<o:p></o:p>

    -         Le musée centre culturel du Landy, 80 bd Général Leclerc<o:p></o:p>

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  • LE CHANTIER DE GUEDELON<o:p></o:p>

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    (Avec le Centre Culturel de Vitry)<o:p></o:p>

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    Samedi 12 mai 2007<o:p></o:p>

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    Départ du car à la mairie de Vitry, 7h15, le temps est plutôt gris, il fait 15 degrés… Voyage sans problème, arrivée à Guédelon à 10 heures. Dans l’Yonne, à 10 km de Saint-Fargeau.<o:p></o:p>

    Le chantier médiéval de Guédelon a débuté en 1997. L’idée a germé dans l’esprit de Michel Guyot,  propriétaire du château de Saint-Fargeau depuis 1979. L’idée ?... Construire un château-fort, en utilisant uniquement les matériaux se trouvant sur place, et en employant uniquement les techniques en vigueur au 13è siècle. Quarante cinq ouvriers, habillés  de tenues médiévales, édifient le château, avec l’aide et le concours de tous les corps de métiers traditionnels : carriers, taillandiers, cordier, vannier, forgeron, charpentier, palefrenier, menuisier…<o:p></o:p>

    La visite du chantier est guidée, occasion de rappeler l’histoire  médiévale. En fait, pour se défendre des ennemis, les hommes construisaient au 9è siècle des édifices protégés ; un des plus anciens est la « motte » : une tour en bois est édifiée au centre d’un terrain entouré de pieux ; elle est suffisante contre des ennemis peu armés. Mais face à des projectiles lancés par des catapultes, elle  résiste mal. On en vient rapidement à construire des tours de pierre, plus solides. Elles sont d’abord isolées, mais en cas de siège, elles ne permettent pas aux assiégés de tenir longtemps, faute de ressources suffisantes à l’intérieur. C’est pourquoi l’idée naît de construire des châteaux-forts : plusieurs tours, des murs d’enceinte, et un espace intérieur important permettant stockage et cultures. Les premières tours sont carrées, mais elles présentent deux inconvénients :<o:p></o:p>

    -         les angles de tir sont limités aux quatre côtés de la tour, laissant dans les coins des angles morts.<o:p></o:p>

    -         Les projectiles qui atteignent les angles délabrent la tour. <o:p></o:p>

    Les tours carrées sont donc bientôt abandonnées au profit de tours rondes. Celles-ci ne présentent aucun angle mort. Par ailleurs les projectiles ricochent plus facilement sur la surface courbe des murs.<o:p></o:p>

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    Le 13è siècle devient ainsi l’âge d’or des châteaux-forts. Le seigneur du lieu fait construire son château selon un « permis de construire » délivré par le roi. Ce permis définit d’ailleurs un certain nombre de points que le château doit respecter quant à son architecture et à la disposition des différents éléments. Cette réglementation visait à normaliser les constructions, avec plusieurs objectifs :<o:p></o:p>

    - Faciliter la construction, grâce à certaines constantes de construction<o:p></o:p>

    - Renforcer le pouvoir royal, par la nécessaire obéissance aux directives royales.<o:p></o:p>

    - Faciliter le séjour des soldats : quand ils passaient d’un château à un autre, ils n’étaient pas dépaysés<o:p></o:p>

    - Enfin, la normalisation permettait de mieux venir à bout d’un duc qui se fût éventuellement rebellé : on connaissait l’agencement de son château !<o:p></o:p>

    Par ailleurs, la construction de nombreux châteaux-forts permit une longue période de paix, par l’effet dissuasif. Chaque seigneur savait que son château-fort était imprenable, mais savait en même temps qu’il eût été déraisonnable d’attaquer le seigneur voisin, dont le château était tout aussi imprenable !...<o:p></o:p>

    On visite le chantier : le guide nous montre les meurtrières des tours : on y tirait des flèches avec des arbalètes, mortelles à 200 mètres ; devant le château, et tout autour, il y avait un espace découvert de 200 mètres, justement, appelé « le carreau » dans lequel on était susceptible de recevoir une flèche… D’où l’expression, « se tenir à carreau », en dehors donc de la zone dangereuse…<o:p></o:p>

    Le donjon comporte à sa base une partie basse élargie : l’escarpe ; en face, le coteau des douves se nomme la contrescarpe…<o:p></o:p>

    A midi : déjeuner à la « Taverne de Guédelon » sous une halle ouverte, dans l’enceinte du chantier ; menu « médiéval » : apéritif : hypocras (vin au miel et aux épices), une soupe aux légumes, puis une potée de légumes aux trois viandes  saucisse, poulet, jambonneau, et une crème  la cardamome en dessert, vin rouge et rosé…<o:p></o:p>

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    Après-midi : Visite du château de Saint-Fargeau ; c’est un ancien château médiéval, édifié en 995 par Héribert, frère naturel de Hugues Capet, pour en faire un rendez-vous de chasse et un lieu de retraite. Le château est recouvert au 15è siècle de murailles de protection en briques de 4,50 mètres d’épaisseur !...  Entre le 10è et le 15è siècle, le château de Saint-Fargeau fut la propriété de la famille de Toucy, puis de Jacques Cœur. Le château actuel est construit par Antoine de Chabannes, en 1453. Après la Fronde, en 1652, Louis XIV y exila sa cousine germaine, la Grande Mademoiselle, Anne Marie-Louise d’Orléans. Le château est acheté en 1713 par la famille Le Peletier. Le Peletier, membre de la Convention, vota la mort du roi. Il fut assassiné, la veille  de l’exécution de Louis XVI, le 20 janvier 1793.<o:p></o:p>

    Jean d’Ormesson passe une partie de son enfance au château de Saint-Fargeau, il en fait le récit dans « Au plaisir de Dieu ».<o:p></o:p>

    Depuis 1979, le château de Saint-Fargeau est la propriété de Michel Guyot.<o:p></o:p>

     Visite bâclée par la guide… Mais il fait très beau, on se balade dans le jardin, au fond duquel le propriétaire a stocké quelques vieilles locomotives, avant de les restaurer ultérieurement…<o:p></o:p>

    On avait déjà visité ce château en…. 1982 ou 1983, avec notre fille Paki… qui faisait la tête en boudant devant une armure !...<o:p></o:p>

    Tout près, il y a Saint-Sauveur en Puisaye, où est née Colette en 1873… Visite non prévue dans notre balade, dommage !....<o:p></o:p>

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    17h15 : le car quitte Saint-Fargeau, et nous sommes de retour à Vitry à 19h15<o:p></o:p>


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  • HARCOURT et BEC-HELLOUIN<o:p></o:p>

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    Balade du 16 juin 2007 – Centre culturel de Vitry – (95 euros, déjeuner compris)<o:p></o:p>

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    7h45 : nous partons de Vitry ; le temps est annoncé comme mauvais, pour ne pas dire pourri ! Mais il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur ! Il ne pleut pas dans le car, même si la climatisation est un peu froide ! On prend la direction d’Evreux<o:p></o:p>

    10 h : on arrive au Domaine d’Harcourt<o:p></o:p>

    Il y a là un château du Moyen-Âge. Il était particulièrement bien protégé : l’accès se faisait par la traversée de deux ponts franchissant des fossés remplis d’eau. Les pierres aux angles des murs étaient en pierre tendre et non en pierre très dure. Ce choix était délibéré. En effet, à l’époque les attaquants lançaient contre les murs des boulets de pierre au moyen de catapultes. Or un boulet frappant un mur trop dur transmet intégralement le choc, d’où des dégâts importants dans la structure des murs. Au contraire, la pierre tendre amortit les chocs ! Z étaient pas bêtes, les ingénieurs ! De même, les bords des meurtrières sont également en pierre tendre. Toutefois les meurtrières ont ici été transformées au fil du temps pour tenir compte de l’armement : meurtrières très minces au début, juste pour laisser passer les flèches des archers. Puis élargies plus tard pour les arbalètes, transformées encore au moment de l’apparition des premiers canons au début de la Guerre de cent ans…<o:p></o:p>

    Autour du château se trouve un remarquable arboretum, comportant une superbe collection d’arbres commencée en 1802. On a vu des écureuils courir dans le gazon et le long des troncs. A l’entrée du domaine, un grand cèdre du Liban, planté en 1810, et qui va fêter en 2010 son bicentenaire. Les cèdres vivent beaucoup plus vieux, mais celui-ci est déjà très vieilli, car il a dû s’adapter à un climat qui ‘était pas le sien. La guide nous a présenté les nombreuses essences présentes : un  immense platane de plus de cent ans, de nombreux conifères, dont certains très curieux, en particulier un conifère… sans pomme, mais avec des sortes de fruits, et sans résine. On a vu aussi le gimko, ou « arbre aux quarante écus » : c’est un arbre très archaïque, de l’époque des fougères à l’ère secondaire. Il y a des arbres mâles et des arbres femelles, ces derniers produisant des fruits nauséabonds (odeur de vomi !). Par contre, les arbres mâles sont de plus en plus employés dans les villes : en effet ils présentent la particularité intéressante de perdre toutes leurs feuilles en même temps en un ou deux jours, ce qui facilite évidemment le nettoiement !<o:p></o:p>

    On a vu aussi, exceptionnel en Normandie, un chêne-liège…<o:p></o:p>

    Puis on a visité l’intérieur du château, qui ‘est guère aménagé, mais permet de voir des parquets du 17è siècle…<o:p></o:p>

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    A midi, on a déjeuné au « Restaurant de l’Abbaye », à Bec-Hellouin : grande tablée d’un restaurant normand rustique, avec au menu :<o:p></o:p>

    - Bouchée à la reine<o:p></o:p>

    - Pavé de saumon à l’oseille/ riz<o:p></o:p>

    - Fromage sur salade<o:p></o:p>

    - Croquant à la mousse d’abricot<o:p></o:p>

    - Café<o:p></o:p>

    Après ce bon repas, on a visité l’Abbaye de Bec-Hellouin, tout près du restaurant. Visite guidée sous la conduite d’un moine bénédictin vêtu de blanc. L’abbaye a été fondée en 1034. Il y avait au 14è siècle une grande église abbatiale, plus grande alors que Notre-Dame de Paris, mais qui s’est écroulée partiellement, avant d’être démolie sous Napoléon.  Il en reste toutefois quelques vestiges. On visite aussi la salle capitulaire, qui jusqu’en 1939 abritait des chevaux au rez de chaussée et des soldats à l’étage, dans des bâtiments du 18è siècle.<o:p></o:p>

    Aujourd’hui, la communauté compte seulement quinze moines. Les bâtiments appartiennent à l’Etat, et la communauté religieuse, pour préserver la fameuse séparation de l’église et de l’Etat,   est hébergée ici par une association ! Cet arrangement entre la religion est l’Etat a été rendu possible grâce à Edouard Herriot et Pierre Mendès-France…<o:p></o:p>

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    Enfin, on termine la journée en allant à Carsix, où nous visitons une cidrerie à la Ferme de la Bretterie. Mais ici on fabrique du cidre fermier « haut de gamme ». La production annuelle est limitée à 12000 bouteilles maximum. Les bouteilles sont bouchées par des bouchons de haute qualité. Il s’agit d’un cidre demi-sec, titrant 3,5° et pouvant être bu en accompagnement de tout un repas. En Normandie, nombre de repas de mariage se font avec du cidre pour seule boisson. On nous présente une presse ancienne, en orme et en chêne, qui servait au pressage des pommes ; cette presse a été utilisée entre 1650 et 1780.  On l’appelait « presse de longue étreinte » car les pommes y étaient pressées pendant des heures… Après la visite… on déguste ! Le producteur nous sert son cidre et aussi une sorte de confiture, la « gelée de cidre » qu’il accompagne de tranches d’un gâteau que sa femme a confectionné. C’est un régal... tant est si bien qu’on achète quelques bouteilles de cidre et un peu de gelée de cidre, avant de rentrer vers Vitry où nous arrivons vers 21 heures. Nous nous rappellerons cette belle balade, de temps à autre, autour d’un verre de cidre !... <o:p></o:p>

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    NOYON<o:p></o:p>

    Balade le 17 mars 2007 organisée par le Centre Culturel de Vitry<o:p></o:p>

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    Départ de Vitry à 7h30, arrivée à Noyon (Oise) à 9 heures…<o:p></o:p>

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    9h à 10 heures : temps libre, balade en ville, c’est le marché, il fait froid, le ciel est noir. On entre dans un bar pour prendre un café…<o:p></o:p>

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    10 heures : Accueil sur le parvis de la cathédrale de Noyons, par une conférencière.<o:p></o:p>

    Noyon est aujourd’hui une petite ville de 15 000 habitants, peu connue. Pourtant, créée par les Romains au cours du 1er siècle après Jésus-Christ, elle devint par la suite une ville très importante ; en effet, l’évêque de Noyon était un personnage très important : il était à la fois évêque, mais aussi seigneur de la ville et Pair de France, siégeant comme tel au Conseil du Roi.<o:p></o:p>

    Noyon avait une grande importance religieuse. Outre la cathédrale, la ville comportait une dizaine d’églises, et plus de 30 chanoines. Ces derniers habitaient dans le quartier canonial, juste derrière la cathédrale, dans des maisons formant un arc de cercle suivant l’enceinte romaine de jadis.<o:p></o:p>

    La cathédrale de Noyon vit les sacres de Charlemagne  en 768 et de Hugues Capet en 987. Elle fut reconstruite sous sa forme actuelle à partir de 1140, sous l’impulsion de son évêque d’alors, Simon de Vermandois.<o:p></o:p>

    La cathédrale de Noyon a beaucoup souffert en deux circonstances : la Révolution française et la guerre 1914-1918. Les révolutionnaires ont en effet détruit l’ensemble des sculptures du tympan de l’entrée, qui autrefois racontaient « en images » les principaux épisodes de la Bible et des Evangiles. Par ailleurs, tous les vitraux, richement illustrés de scènes religieuses, furent détruits au cours des bombardements de la Grande Guerre, qui détruisirent à 80% le centre ville de Noyon.<o:p></o:p>

    Nous visitons la cathédrale ; on y voit le cloître, dont il ne reste aujourd’hui qu’une seule des trois travées. Le cloître était un lieu réservé à la prière et à la lecture, lecture que l’o faisait alors à haute voix ; le concept de « lecture silencieuse » n’étant apparu qu’au 16è siècle, après l’invention de l’imprimerie.  Dans la cathédrale, on visite une petite salle, l’Ararium, où étaient entreposés les livres. Il s’agissait de la Bible et de livres de prières, sous forme de manuscrits. Avant le 17è siècle, les livres n’étaient jamais rangés debout sur des étagères, mais empilés à plat, les uns sur les autres,  sur des planches.<o:p></o:p>

    On visite aussi l’ancien réfectoire des religieux. En effet, les chanoines, même s’ils ne vivaient pas en communauté, puisqu’ils logeaient dans le quartier canonial, étaient tenus de prendre leurs repas en commun. On voit dans cet ancien réfectoire une cheminée restaurée, œuvre de Viollet-Le-Duc, qui ne respecta pas l’histoire, en faisant édifier cette cheminée décorative, là où il y avait à l’origine une cheminée de cuisine, plus basse et plus large.<o:p></o:p>

    En sortant de la cathédrale, nous allons voir la Bibliothèque du chapitre. Il s’agit d’un bâtiment typique du début du 16è siècle (1506), édifié en pans de bois. Il n’y a pas de rez-de-chaussée, mais uniquement un premier étage reposant sur des piliers de bois. Cette technique avait pour but de permettre la bonne conservation des livres, en empêchant les remontées d’humidité par les murs. On stockait ici de nombreux manuscrits. Toutefois, avec l’invention de l’imprimerie, le nombre des ouvrages augmenta considérablement, et on construisit, sous le plancher du premier étage, un mur de soutènement pour supporter le poids des livres entreposés dans la bibliothèque.<o:p></o:p>

    Nous visitons ensuite l’Hôtel de Ville  dans le salon d’honneur se trouve conservé « l’Evangéliaire de Morienval ». C’est un  superbe manuscrit enluminé datant du 9ème siècle, époque de Charlemagne.  Longtemps conservé dans l’abbaye de Morienval, dans l’Oise, il passe en 1745 à l’évêché de Soissons, puis  Noyon. Le manuscrit reproduit les quatre évangiles (Saint Luc, Saint Marc, Saint Mathieu, Saint Jean) La reliure est un véritable trésor, et comporte du bois, de la corne, du cuir, de l’ivoire, des pierres précieuses. Elle contenait aussi à l’origine des reliques, disparues aujourd’hui. Le texte des évangiles, manuscrit, est rédigé en écriture « minuscule caroline ». Ces caractères sont plus faciles à lire que l’écriture gothique qu’on trouvera plus tard. Par contre, il n’y a aucune séparation entre les mots qui sont attachés es uns aux autres ! Mais rappelons-le, à l’époque, on ne lisait pas en silence. Et le déchiffrage était facilité parla lecture à voix haute…<o:p></o:p>

    Nous visitons également le Musée du Noyonnais, qui contient divers objets appartenant à la cathédrale. On y voit en particulier, de superbes coffres de chêne massif renforcé de métal, datant du Moyen-Âge (11è siècle) et toujours en parfait état. Certains de ces coffres possèdent des serrures à secret, ce qui indique qu’ils renfermaient les objets les plus précieux : vases, chasubles brodées d’or…) D’autres coffres étaient destinés à un usage plus courant : serrures plus simples et utilisation de bois de chêne  de moindre qualité, comportant des nœuds…On trouve aussi deux malles de voyages, munies de poignées pour leur transport.<o:p></o:p>

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    Déjeuner au Restaurant Saint-Eloi : belle salle aux murs rouges, aux tables rondes revêtues de  nappes blanches, chaises en pailles recouvertes d’une housse de coton blanc,  verres à eau rouges…<o:p></o:p>

    Menu :<o:p></o:p>

    -         Kir royal<o:p></o:p>

    -         Flamiche picarde<o:p></o:p>

    -         Epaule de veau farcie, riz<o:p></o:p>

    -         Millefeuilles à la vanille<o:p></o:p>

    -         Vin blanc, vin rouge, à volonté<o:p></o:p>

    Excellent, copieux, service rapide et aimable<o:p></o:p>

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    Après-midi :<o:p></o:p>

    Visite du musée Jean Calvin, édifié entre 1927 et 1930 à l’emplacement présumé de la maison natale de Jean Calvin en 1509.<o:p></o:p>

    Contrairement à ce qu’on pense souvent, Calvin n’est pas né en Suisse, mais en France, à Noyon. Il est, avec Luther, un des fondateurs éminents du Protestantisme, religion chrétienne née de la critique et de la remise en cause de certains dogmes et de certaines pratiques catholiques.  Son vrai nom est Jean Cauvin, Calvin étant la francisation du nom latin de Calvinus sous lequel il signa ses ouvrages.<o:p></o:p>

    Les Protestants récusent le célibat des prêtres. Ils s’opposent au culte et à la vénération des saints, et s’adressent directement à Dieu<o:p></o:p>

    Ils s’opposent à l’intercession, autrement dit, ils refusent que l’on prie les saints en leur demandant d’intervenir auprès de Dieu.<o:p></o:p>

    Ils s’opposent aux « indulgences » par lesquelles le pape efface certaines fautes moyennant le paiement d’une somme d’argent. Ils s’opposent à une religion qui enrichit de façon fabuleuse le Vatican tout en prêchant la pauvreté<o:p></o:p>

    Il s’opposent à l’idolâtrie, et aux ornements des églises : statues, peintures représentant Dieu ou les saints, et qui détournent la pensée de la foi, laquelle n’a besoin que des textes de la Bible.<o:p></o:p>

    Enfin, après la naissance de l’imprimerie, les Protestants sont très attachés à la diffusion la plus large possible de la Bible.<o:p></o:p>

    Jean Calvin, de son vrai nom Jean Cauvin, né en 1509, perd sa mère à l’âge de six ans. Il est élevé par son père, greffier de la ville et secrétaire de l’évêque de Noyon. Il étudie le droit et les langues anciennes à Orléans et à Bourges. C’est là qu’il entre en contact avec la pensée luthérienne, qui prône une réforme radicale de l’Eglise. En 1533, à l’occasion de la rentrée à la Sorbonne, il inspire à Nicolas Cop, recteur de l’Université de Paris, un discours réformateur ; c’est l’émeute, et Calvin est contraint à l’exil,entre Bâle, Genève et Strasbourg. En 1536, il publie son ouvrage majeur : « L’Institution de la Religion Chrétienne », texte fondateur du calvinisme. En 1539, il rencontre à Strasbourg Idelette de Bure, originaire de Noyon.. Il l’épouse (Elle meurt en 1549). En 1541, il est appelé à la tête de l’Eglise de Genève, et va s’attacher inlassablement à l’organisation du culte, à la formation des pasteurs, jusqu’à sa mort, survenue en 1564, peu après le début des Guerres de Religions, qui s’échelonnèrent de 1561 à 1598, à l’avènement de Henri IV reniant sa foi protestante.. Durant toute sa vie et malgré son exil, il continue de manifester dans sa correspondance son attachement pour Noyon.<o:p></o:p>

    Au musée Calvin, on voit de rares imprimés du 16è siècle, une Bible « Olivetan » traduite directement en français par Pierre Robert dit Olivetan, cousin de  Calvin, et de nombreux documents évoquant l’histoire du protestantisme aux 16è et 17è siècles. On y voit aussi divers objets, telle cette chaire démontable en bois, utilisée par les protestants lors de leurs célébrations clandestines en rase campagne.<o:p></o:p>


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                                                 AU FUTUROSCOPE<o:p></o:p>

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                                        Vendredi 6 et samedi 7 juillet 2001<o:p></o:p>

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    Avant/ Après…C’est ce qu’on peut lire sur nombre de publicités pour montrer l’efficacité d’un produit…J’ai envie de faire la même chose à propos du Futuroscope, pour mesurer sur moi-même l’effet produit par ce site à la fois poitevin et incontournable…Avant d’y être allé, j’ai rédigé ce qui suit, pour exprimer mon opinion sincère, c’est la première partie intitulée « avant »…La deuxième partie, intitulée : « après » sera, évidemment, rédigé après la visite…<o:p></o:p>

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    Première partie : Avant <o:p></o:p>

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    Je l’avoue sans détour, je n’éprouve, a priori, aucun enthousiasme particulier à l’égard du Futuroscope de Poitiers. J’ai beau passer au large chaque fois que nous descendons à Biarritz par le train ou en voiture, ses bâtiments de verre, de béton et d’acier, et sa grande sphère, visible à des kilomètres alentour, n’exerce sur moi aucune fascination. J’ai cru comprendre que le site est dédié à l’image sous toutes ses formes, et même si je sais que nous vivons désormais la civilisation de l’image, je me dis que ce temple de la virtualité ne saurait rivaliser avec la beauté du monde qui nous entoure…Quand bien même on me montrerait les plus belles roses sur écran géant, celles de mon jardin m’offrent davantage, dans leur réalité modeste… Car moi, simple Terrien bien sédentaire, moi qui ne suis blasé en rien, moi qui n’ai pas parcouru en tous sens les longitudes du monde, moi qui suis ébloui par la lumière d’un coquelicot le long d’une voie ferrée, par la lisière ondoyante et blonde d’un champ de blé, moi qui me surprends à rêver devant une abeille qui butine une fleur, moi qui suis fasciné par la profondeur étoilée d’un ciel d’été quand l’herbe bruisse du chant des grillons, j’ai bien du mal à quitter cette beauté omniprésente et gratuite qui nous entoure, pour me ruer vers ce temple de l’image virtuelle ! D’autant plus que le prix d’entrée, lui, est loin d’être virtuel !…Oui, que devient au Futuroscope le parfum des roses, le souffle odorant des champs de lavande, l’ombre sucrée qu’on respire à l’ombre des tilleuls dans les derniers jours de juin ?…A toutes ces questions je n’ai pas de réponse, et c’est pour cela qu’il faut tout de même que je n’en reste pas à mon opinion « avant »…Je sais aussi que tout ce qui est nouveau semble suspect, ou inutile ; et qu’on a tendance à se réfugier du côté du « bon vieux temps » où tout était mieux, bien sûr…Alors, si j’y allais, finalement, au Futuroscope ? A vrai dire, ce n’est pas moi qui ai fait le premier pas, mais Cricri. C’est elle qui a acheté les billets en cachette,  pour me faire ce beau cadeau, à l’occasion de mon départ en retraite ! Et c’est ainsi que, le vendredi 6 juillet, après une petite semaine à Biarritz, nous prenons le TGV pour Poitiers…En route pour le Futuroscope !  <o:p></o:p>

    Deuxième partie : « Après » <o:p></o:p>

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    Maintenant, le train roule vers Paris, à travers l’immense blondeur des céréales, plaine monotone d’où n’émerge, de loin en loin, que le relief dérisoire et paisible d’un clocher pointu…C’est le moment d’écrire ce second chapitre intitulé « Après », puisque ça y est, j’ai visité enfin le Futuroscope de Poitiers ! Une visite qui fut d’ailleurs très arrosée par d’abondantes et interminables averses, accompagnées souvent par de fortes rafales de vent ! <o:p></o:p>

    Globalement, je dirai que mon opinion n’est pas très différente de celle que j’avais avant, mais avec tout de même quelques nuances…Pendant les deux jours de notre séjour, nous avons eu le temps de voir toutes les attractions, tous les spectacles, en sorte que, pour en faire une rapide synthèse, je dirai qu’il y a au Futuroscope deux types d’attractions :<o:p></o:p>

    -         Les films<o:p></o:p>

    -         Les simulations<o:p></o:p>

    Les films sont essentiellement des documentaires à vocation pédagogique et un tantinet moralisatrice : la conquête de l’Everest et la nécessité de se dépasser dans un courage sans faille !, la vie sous-marine de nos amis les poissons…et la mer qu’il faut protéger, la grande migration des papillons américains, dans l’émerveillement de la Nature, avec aussi des phoques sur la banquise…Tout ça est plat, mièvre, chiant comme une soirée thématique d’Arte, d’ailleurs Cricri s’est endormie pendant une séance sur le monde merveilleux des océans !<o:p></o:p>

    Cette première série de spectacles est nulle, et on se demande avec amertume pourquoi on a payé si cher pour voir de telles conneries…<o:p></o:p>

    Heureusement, il y a le reste : les simulations. Là, on a enfin quelques émotions, après celle, violente, qu’on éprouve en payant son billet ! On se retrouve attaché à un siège qui est agité de mouvements plus ou moins violents, plus ou moins brutaux accompagnant les images projetées…Ainsi, on a vraiment l’illusion d’être dans un Grand Huit, ou sur un circuit automobile ! C’est fascinant comme sensation, mais hélas, c’est très court, chaque simulation ne durant que quatre ou cinq minutes…<o:p></o:p>

    Je résume mon opinion « après » : La partie « images » ne tient pas ses promesses, elle est fade ; mais les simulations sont vraiment bien faites, pour un prix cependant trop élevé selon moi…<o:p></o:p>

    Mais voici le détail de nos deux journées :<o:p></o:p>

    Arrivée à Poitiers vers midi. On prend un car qui nous conduit au Futuroscope ; c’est assez loin. On descend au Palais des Congrès….fatale erreur, car on est très loin du site…Et avec nos valises à bout de bras, c’est crevant, et démoralisant ; en outre, ici, rien n’est fait pour les piétons, la bagnole est reine ! On a également du mal à trouver notre hôtel, le bien nommé « hôtel du Futuroscope »…Mais on y arrive ! On mange, copieusement au restaurant du lac, dans le parc du Futuroscope…Le soleil est de la partie , on voudrait manger dehors...mais quelques gouttes de pluie en décident autrement…<o:p></o:p>

    Et puis, on attaque les attractions : on les a toutes faites, selon le dépliant ci-joint.<o:p></o:p>

    Nos préférées : n° 7 : Astratour (les montagnes russes… on se cramponne !)<o:p></o:p>

    n° 8 : un voyage plein de secousses dans la Vienne, à la suite d’un jeune fiancé qui a raté la gare de Poitiers et qui risque de manquer son mariage !<o:p></o:p>

    n° 12 : Superstition, simulation de train fantôme<o:p></o:p>

    n° 18 : Images studio : un beau musée des trucages au cinéma, un peu sommaire et superficiel…<o:p></o:p>

    n° 3 : le lac aux images : spectacle sur le lac ; on l’a vu samedi, à 22 heures, trempés, blottis sous notre parapluie trop petit !... Ca se laisse regarder, mais c’est un peu benêt !<o:p></o:p>

    n° 14 : Pavillon du Futuroscope : intéressant jeu de dégustation, avec une machine génératrice d’odeurs…<o:p></o:p>

    Les moins intéressantes : <o:p></o:p>

    n° 4 : Couleurs Brésil , bof, le carnaval de Rio…<o:p></o:p>

    n° 19 : Océan oasis : si passionnant que Cricri s’est endormie devant les fonds sous marins !<o:p></o:p>

    n° 20 : T-Rex : des tyrannosaures qui puent le carton-pâte !<o:p></o:p>

    n° 9 : le Tapis magique : on s’emmerde avec ces papillons qui copulent par millions !<o:p></o:p>

    n° 6 : Cyberworld : une sorte de Laracroft siliconée vit des aventures à la con dans un ordinateur : pour jeunes cons analphabètes en terminale…<o:p></o:p>

    Samedi soir, c’était le déluge quand on est sorti d’une attraction pour rejoindre notre restaurant… On s’est égarés sous la pluie, on a fini par arriver à plus de 21 h au restaurant, trempés jusque dans les chaussettes ! Mais on a bien dîné, avec un kir pour commencer et un café pour finir, pour encadrer un menu copieux et soigné… Après le repas, on est allés voir le spectacle sur le lac, des images de synthèse… mouais !…<o:p></o:p>

    L’hôtel du Futuroscope n’a qu’une étoile, mais il est moderne, propre, silencieux… Impeccable…<o:p></o:p>

    Conclusion : Je ne regrette pas d’être venu, surtout parce que ma femme m’a fait ce cadeau avec tout son cœur… et ça, ça vaut vraiment le détour !<o:p></o:p>

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  • DANS LES CATACOMBES

    Samedi 29 décembre 2001

    1, place Denfert-Rochereau

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    Il pleut, c’est un temps idéal pour plonger dans les entrailles de la terre !  Les entrailles ? Pas vraiment… Mais on descend tout de même 180 marches pour atteindre le « Royaume des morts » où reposent entre autres les restes éparpillés de Robespierre, Danton, Villon, Rabelais, Madame Elisabeth, et la mère de Mozart…  ! Les catacombes sont un ossuaire qui occupe une toute petite partie des galeries des anciennes carrières de Paris… Car, depuis la nuit des temps, on a exploité le sous-sol parisien pour en extraire tantôt du gypse (la pierre à plâtre), tantôt du calcaire pour en faire de la pierre de taille ; le Paris du dessus s’est construit avec les matériaux du dessous… A l’époque gallo-romaine, dans les premiers siècles après Jésus-Christ, l’exploitation se faisait dans des carrières à ciel ouvert ; puis, dès le Moyen-Age, dans des tunnels souterrains. Cette exploitation dura pendant des siècles, essentiellement articulée autour des « trois monts » : Montmartre (plâtre), Montparnasse et Montrouge (calcaire). En sorte que, au bout de plusieurs siècles, personne ne savait plus exactement où se trouvaient les tunnels, les excavations, les galeries… Or, le 17 décembre 1774, plusieurs maisons s’effondrèrent rue d’Enfer, à la hauteur du boulevard Saint-Michel, et les autorités, prenant conscience du danger, décidèrent alors d’entreprendre un recensement de l’ensemble des galeries souterraines. En 1777, le Conseil du roi créa l’Inspection Générale des Carrières, et diligenta des architectes pour étudier les travaux de consolidation ; un relevé des lieux dut établi, une carte dressée, et on recensa plus de 250 kilomètres de galeries pour une superficie totale de 860 hectares ; des travaux de consolidation furent entrepris, tant sous les ouvrages publics que sous les immeubles privés. Il n’est pas question alors d’entreposer des ossements dans les anciennes carrières… La décision de créer les catacombes viendra un peu plus tard… Les cimetières étaient très nombreux dans Paris ; il y en avait en effet auprès de chaque église, de chaque couvent, de chaque hôpital. Un des plus grands, le cimetière des Innocents, était saturé ; on y avait édifié des charniers pour entreposer les ossements excédentaires, mais des plaintes s’élevaient de la part de riverains : dans certaines caves, les bougies s’éteignaient ; des éboulements mettaient à jour des corps…En 1784, le sous-sol d’un commerçant se trouva envahi par des corps en décomposition et des ossements suite à un nouvel éboulis ; cette fois, on décida de transporter les corps dans des carrières aménagées ; le transfert commença en 1786, par charrois nocturnes, à la lumière des torches… Les convois étaient escortés de moines priant et chantant, puis on jetait les restes sans ménagement dans les anciennes carrières. Ce transport dura quinze mois ; puis on vida d’autres cimetières, comme celui du Landy, de Saint-Eustache, etc… Les transferts se poursuivirent encore longtemps, d’autant que les travaux d’Haussmann, vers 1860, obligèrent à vider d’autres cimetières qui se trouvaient sur le tracé des voies projetées par Haussmann (exemple : le cimetière Saint-Laurent sur l’emplacement du boulevard Magenta… Au total, c’est plus de six millions de corps qui furent ainsi regroupés. Le rangement des ossements fut organisé, sous Napoléon 1er, par l’Inspecteur Général des Carrières Héricart de Thury. Les ossements furent rangés sous forme d’empilement des gros os, notamment les fémurs, agrémentés de crânes disposés pour former des guirlandes ou des croix. Les autres parties des squelettes sont jetées en vrac derrière ces alignements. Des sentences édifiantes sont apposées le long des galeries, et traitant de la vie, de la mort, et de la fragilité de l’existence… Dans les catacombes, les ossements des individus ont été dispersés ; les crânes ensemble, les tibias ensemble, en sort qu’il n’existe pas de squelette entier que l’on puisse identifier, à l’exception de celui de l’infortuné Philibert Aspair, portier au Val-de-Grâce, qui descendit dans les carrières le 3 novembre 1793 et s’y perdit, mourut de faim, et ne fut retrouvé que onze ans plus tard, par hasard, en 1804. On trouve aussi dans les catacombes des ossements qui regroupent les victimes de certains drames ; ainsi, un tas d’ossements rassemble les victimes des massacres ayant eu lieu lors de la prise des Tuileries en août 1792. Plus loin, un autre tas est constitué des victimes de la répression du 28 avril 1789… Ce drame s’était produit dans les circonstances suivantes : Le pouvoir avait envisagé la suppression des octrois, lesquels percevaient des droits sur les marchandises entrant dans Paris ; à cette occasion, le patron de la manufacture de papiers peints Réveillon prononça un discours dans lequel il affirma que cette réduction des droits permettrait de réduire les salaires !… Les ouvriers se mirent en grève et déclenchèrent une manifestation ; des nobles qui passaient, entravés dans leur déplacement, firent appeler la garde nationale, qui ouvrit le feu, tuant plusieurs centaines de manifestants, rue de Montreuil… Il y eut davantage de morts ce jour-là dans Paris que le jour de la prise de la bastille, le 14 juillet 1789 !…  <o:p></o:p>

    Dans les catacombes, on parcourt près de 800 mètres sous terre, au milieu des ossements. A environ 20 à 25 mètres sous terre, on longe les rues de Hallé, l’avenue René-Coty, la rue Dareau et la rue d’Alembert… On voit aussi les vestiges des carrières de calcaire, dont les voûtes sont soutenues par des piliers tournés (piliers en calcaire qu’on laissait au milieu de l’exploitation en les contournant, pour soutenir la voûte et en empêcher l’effondrement) ou piliers à bras, c’est à dire piliers dont les éléments ont été montés à bras d’homme. La balade se termine au bout d’une longue galerie maçonnée, et on sort, après avoir gravi une bonne soixantaine de marches, rue Hallé ; on a parcouru environ 1800 mètres de galeries souterraines.   <o:p></o:p>


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                    BALADE LITTERAIRE<o:p></o:p>

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    D’octobre 2000 à juin 2001, j’ai participé à un atelier d’écriture…Pour clore cette activité, une balade littéraire  a été organisée le samedi 9 juin, avec comme seule information un lieu de rendez-vous : Le Jardin des Plantes, entrée principale, face au mammouth de bronze, à 10 heures…A l’heure dite, j’y étais…et je suis même arrivé le premier …Nous nous sommes finalement retrouvés une vingtaine de « disciples », accompagnés de trois animatrices…<o:p></o:p>

    Premier exercice : les animatrices nous donnent une longue liste d’expressions toutes faites, du genre : » Tel père tel fils, une colère noire, se regarder en chiens de faïence, avaler des couleuvres, filer un mauvais coton, changer son fusil d’épaule » etc… Consigne : Imaginer ce que pense le mammouth de bronze, et l’écrire, en intégrant dans le texte un maximum de ces expressions… Au bout de dix minutes, à tour de rôle, chacun lit aux autres ce qu’il a écrit ! C’est un bon exercice rien que pour la voix, car il n’est pas facile de se faire entendre au milieu des bruits de la ville : voitures, klaxons, pompiers, ambulances…<o:p></o:p>

    Voici mon texte, c’est le mammouth qui parle :<o:p></o:p>

    « Frères humains du Jardin des Plantes, je vous accueille aujourd’hui à la fortune du pot. On ne va pas se regarder en chiens de faïence, allez, approchez, je ne vous casserai pas de sucre sur le dos, et je ne jetterai pas de l’huile sur le feu de vos querelles. Moi, le mammouth, j’étais au bout du rouleau depuis longtemps, et j’avais mangé mon pain blanc, croyant reprendre du poil de la bête… J’avais les yeux plus gros que le ventre, et je me suis retrouvé Gros Jean comme devant. Trempé comme une soupe, je filais un mauvais coton et je n’étais vraiment pas dans mon assiette ; bref, j’étais au pied du mur… Les hommes, cruels avec moi, me faisaient avaler des couleuvres, et j’en avais vraiment assez de prendre des vessies pour des lanternes… Comment tirer mon épingle du jeu ? Peut-être en faisant l’âne pour avoir du son ? Peut-être en mettant carrément les points sur les i ? Oui, je voulais pouvoir à nouveau dormir sur mes deux oreilles, oui je voulais vivre comme un coq en pâte… Alors, je changeai mon fusil d’épaule et décidai de prendre le taureau par les cornes : désormais, je mettrais de l’eau dans mon vin !… oui, je sais, il y a du pain sur la planche !… »<o:p></o:p>

    Deuxième exercice : On emprunte le bus, ligne 89, jusqu’à la Grande Bibliothèque François Mitterrand. La consigne est la suivante : pendant le trajet du bus, fermer les yeux 6 fois pendant plusieurs secondes ; à chaque fois qu’on les rouvre, inscrire sur un papier le mot qui nous passe par la tête… Arrivés à la Grande Bibliothèque, on escalade l’escalier imposant, et on prend place sur l’immense esplanade revêtue de bois… il fait un grand soleil…Les participants échangent leurs papiers. Chacun, à partir des mots que lui a fournis son voisin, doit écrire un texte…Moi, j’ai hérité des mots suivants : Liberté, Tours, Gratte-Ciel, Moquette, Béton, Amour,  Gris, Colle…<o:p></o:p>

    Je les utilise en écrivant le texte suivant :<o:p></o:p>

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    Au pays de Lincoln et de la LIBERTE<o:p></o:p>

    Je découvre New-York, et au milieu des TOURS<o:p></o:p>

    J’erre parmi les rues, soudain comme écrasé<o:p></o:p>

    Par tous ces GRATTE-CIELS, ce BETON sans AMOUR<o:p></o:p>

    Le bitume des rues est une noire MOQUETTE<o:p></o:p>

    Où je COLLE mes pas dans l’ineffable quête<o:p></o:p>

    Du ciel bleu de mes rêves dans l’azur infini…<o:p></o:p>

    Mais je suis à Paris et le ciel est tout GRIS.<o:p></o:p>

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    Là encore, chacun lit son chef d’œuvre !<o:p></o:p>

    Troisième exercice :  Chacun écrit sur un papier un vers connu ; on échange les papiers, et chacun doit ajouter un vers supplémentaire de sa composition… Il en résulte, après plusieurs échanges, un long poème que les animatrices recueillent pour en faire une synthèse.<o:p></o:p>

    Quatrième exercice : On va à pied jusqu’au Parc de Bercy, que je ne connaissais pas encore… On s’allonge sur la pelouse, pour une relaxation, les yeux fermés, pendant cinq minutes, sans parler ni bouger… Consigne : Après les cinq minutes de relaxation, écrire ce à quoi on a pensé, en privilégiant le toucher, l’odorat, l’ouïe… Là encore, après 10 minutes de rédaction, chacun lit son texte aux autres. Voici le mien :<o:p></o:p>

    « Sur son calepin, le 14 juillet 1789, Louis XVI avait écrit ce mot laconique :  « Rien »…Rien… Je pourrais reprendre à mon compte cette royale annotation, tandis que je m’éveille d’une courte relaxation, les yeux fermés, allongé sur la pelouse du Parc de Bercy… Rien ! Il ne s’est rien passé pendant ces quelques minutes… Je cherchais le silence, et je ne l’ai pas trouvé ; la ville fait un bruit de fond permanent et lancinant, incessant… Mes mains n’ont effleuré que du gazon, une herbe rase et sans gloire : en vain j’y ai cherché la douceur des herbes d’autrefois… Rien ! Et même dans l’air il n’y avait rien, pas le moindre parfum d’eucalyptus, ni la senteur du chèvrefeuille, rien !… Mais ça ne fait rien, une seule pensée me pénètre et m’obsède : j’ai faim !, Et ça… ce n’est pas rien ! »  <o:p></o:p>

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    HOTEL DU NORD<o:p></o:p>

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    Vendredi 16 novembre 2001 <o:p></o:p>

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    Il a gelé un peu ce matin : -1°C. Au programme du jour : l’hôpital Saint-Louis, le canal Saint-Martin, et le déjeuner, au célèbre « Hôtel du Nord » …<o:p></o:p>

    Les anciens des écoles d’Ivry sont nombreux : 21 aujourd’hui, malgré un froid rendu plus piquant à cause du vent. Nous commençons par une petite balade dans l’hôpital Saint-Louis, celui d’origine, et qui n’est plus utilisé aujourd’hui, sauf pour quelques services administratifs, et qui sera transformé bientôt en un musée de la médecine.  Cet hôpital a été construit en 1607, en dehors de Paris à l’époque. Il a été édifié pour regrouper les « pestiférés », c’est-à-dire tous les contagieux, loin de la ville… Les immenses salles communes étaient situées au premier étage, le rez-de-chaussée étant réservé à des pièces de service telles que des celliers, des entrepôts divers… Pour limiter les risques de contamination, l’hôpital est entouré d’une double enceinte isolant complètement les bâtiments de l’extérieur ; par ailleurs, un bâtiment prolongé d’un couloir en étage forme une sorte de sas permettant l’approvisionnement de l’hôpital en nourriture en évitant tout contact entre les gens de l’extérieur et les malades, entassés à trois ou quatre par lit, pratique courante à l’époque !… C’est l’hôpital Laënnec, construit en 1637, qui, le premier, accorde un lit par malade !… Saint-Louis est construit selon l’architecture de l’époque, proche de celle des châteaux ; la cour des malades évoque, en plus austère, la Place des Vosges… Par ailleurs, l’hôpital Saint-Louis est un véritable « hôpital-prison » dont il est impossible de sortir : des archers y veillent ! Et pendant les épidémies, le personnel soignant est également assigné à résidence dans l’hôpital, sans pouvoir en sortir, pendant des périodes pouvant aller jusqu’à deux ans !… La chapelle de l’hôpital était en fait une chapelle paroissiale, dont le chœur était dans l’hôpital, pris dans le mur d’enceinte, le reste à l’extérieur, l’accès étant réservé aux habitants du quartier. Les malades n’avaient en aucun cas accès à la chapelle. Cette chapelle fait l’objet, en ce moment même, d’importants travaux de restauration. L’hôpital Saint-Louis était prolongé par un cimetière, sur l’emplacement duquel on a édifié le nouvel hôpital St-Louis en service aujourd’hui. Nous quittons l’hôpital par la rue de la Grange aux Belles, en haut de laquelle, au numéro 53, se trouvait le gibet de Montfaucon…<o:p></o:p>

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    L’Hôtel du Nord : Il est situé au 102 quai de Jemmapes, au bord du canal Saint-Martin, et doit sa célébrité au fait qu’il a servi de modèle pour le décor du film « Hôtel du Nord » tourné en 1938 par Marcel Carné... Mais revenons un peu en arrière… En 1912, l’Hôtel du Nord est ce qu’on appelle alors un « garni », c’est à dire un hôtel où résident des occupants pour de longues durées… Il comprend 33 chambres de…       6 m2 ! L’affaire est rachetée en 1920, par Emile Dabit et sa famille. Le quartier est alors fréquenté par un mélange étonnant de populations très diverses : des mariniers (on est à côté du canal St-Martin), de nombreux commerçants, artisans et ouvriers, et pas mal de prostituées !… Le fils des hôteliers, Eugène Dabit, observe cette faune qui hante le quartier, tous ces gens l’inspirent, et il décide d’écrire une chronique, qui s’apparente à une série de nouvelles ; il y est aidé par ses amis, dont Roger Martin du Gard et André Gide… Il intitule sa chronique « Hôtel du Nord », et la publie à compte d’auteur, à ses frais donc, car aucun éditeur n’en veut ! Pourtant ce sera d’emblée un très grand succès populaire ! Ce succès attire l’attention de Marcel Carné, intéressé par les milieux populaires, et qui réalisera le film, sur des dialogues d’Henri  Jeanson… Le succès du film sera immense, non seulement en France mais à l’étranger… Au lendemain de la guerre, l’hôtel est vendu par les Dabit à la famille Dangue, puis dans les années 60 à un repreneur, qui laisse l’établissement se dégrader au point qu’il a failli être vendu dans les années 80 à un promoteur pour être rasé et remplacé par un ensemble immobilier… Une association de riverains s’est alors constituée pour sauver l’hôtel du nord, ce qui a conduit au classement de la façade comme monument historique. Depuis, un restaurant occupe les lieux, et maintient l’esprit de l’époque ; chaque samedi soir, chanteurs et chanteuses interprètent les chansons des années 30 à 40…<o:p></o:p>

    Quoi qu’il en soit, nous sommes très bien accueillis par le propriétaire actuel, qui fut un des assistants de Marcel Carné.<o:p></o:p>

    Et, pour la somme de 150 F, voici ce que fut le  menu :<o:p></o:p>

         En apéritif : un Lillet blanc<o:p></o:p>

    -        salade chaude de gésiers<o:p></o:p>

    -        pavé de saumon à l’aneth/riz<o:p></o:p>

    -        tarte aux pommes<o:p></o:p>

    -        café<o:p></o:p>

    -        boisson : beaujolais nouveau<o:p></o:p>

    Après ça, il ne restait plus qu’à digérer ! C’est ce que nous avons fait en nous baladant le long du canal Saint-Martin… Après le canal de l’Ourcq, percé sous Napoléon, de 1802 à 1806, le canal Saint-Martin est créé en 1822-1823 ; il a été ouvert aux mariniers en 1825. Long de 4,5 km, il permet, par 9 écluses, de franchir une dénivellation de 25 mètres. Sa largeur est de 27 mètres dans sa partie à l’air libre, et de 16 à 24 m dans sa partie souterraine. Le canal Saint-Martin constituait une frontière entre la ville et les faubourgs. Il a été fréquenté par les mariniers à partir de 1825 ; il leur permettait de raccourcir leur trajet de 12 kilomètres par rapport à la Seine ; mais les berges étaient interdites aux chevaux ; de ce fait les péniches étaient tirées par des hommes ; souvent, c’étaient des clochards qui s’embauchaient pour s’atteler aux péniches, le temps d’un halage… Et , curieux renversement de situation, on pouvait voir, sur la berge, des hommes halant une péniche chargé de… chevaux !… En 1927, un système de halage électrique avait été envisagé par Bienvenüe ; mais finalement, c’est un remorqueur diesel, le « Richard Lenoir » qui assura le trafic jusqu’en 1960. Les écluses, autrefois manuelles, ont été électrifiées en 1970. L’une d’elles, celle de l’Arsenal, est dotée aujourd’hui d’une surveillance informatique sur écran ! Le progrès va partout ! A noter enfin que le canal Saint-Martin, pendant la guerre de 14/18, servait au transport des blessés, venant de la Marne,et dirigés vers l’hôpital militaire Villemin, rue des Récollets.<o:p></o:p>

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  • HÔTEL DE BOURRIENNE<o:p></o:p>

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    21 mai 2007, 58 rue d’Hauteville, 75010 PARIS<o:p></o:p>

    Visites sur RDV : 01 47 70 51 14<o:p></o:p>

    6 euros/pers, 5 euros à partir de 15 personnes.<o:p></o:p>

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    (Visite par SLV   EDF, il faisait beau, j’y suis allé à scooter))<o:p></o:p>

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    L’Hôtel de Bourrienne représente l’un des très rares ensembles                               fin18è siècle - Directoire - Empire conservés à Paris.<o:p></o:p>

    Il est situé au n° 58 rue d’Hauteville, dans le 10è arrondissement de Paris. Sa façade n’est plus visible de la rue, car un immeuble de rapport a été construit devant au 19è siècle. Il faut donc passer sous le porche de cet immeuble, pour atteindre la cour de l’Hôtel Bourrienne.  Le bâtiment présente une façade sobre, sans luxe tapageur. Il a été construit entre 1787 et 1790 par l’architecte Célestin-Joseph Happe. Son premier propriétaire fut Madame de Dompierre. A l’époque, fin du 18è siècle, le quartier était en zone péri-urbaine, et l’on y construisait pour être au calme… Auparavant, il y avait là des terrains de maraîchage possédés par la communauté religieuse : « Les Filles-Dieu », dépendant de Fontevrault. Monsieur d’Hauteville acheta ces terrains, les lotit, et en vendit une parcelle à Madame de Dompierre, laquelle fit construire l’hôtel à partir de 1787..<o:p></o:p>

    En 179O, il devient la propriété de Lormier-Lagrave, riche planteur à Saint-Domingue, plus ou moins ruiné par l’abolition de l’esclavage en 1794. En 1795, après sa mort tragique, c’est sa fille, Madame Fortunée Hamelin, qui en devient propriétaire. Elle est alors une « Merveilleuse », qui, avec les « Incroyables » prennent le contre-pied de la Révolution et traduisent le désir d’un retour de la monarchie.<o:p></o:p>

    En 1801, après la débâcle du couple Hamelin,  l’Hôtel fut vendu à Louis de Bourrienne, ami intime de Napoléon, après avoir été son condisciple à l’école militaire de Brienne. Bonaparte et Bourrienne s’y étaient rapprochés, car tous deux subissaient les quolibets de leurs camarades, Bonaparte pour son accent corse, et Bourrienne du fait de sa timidité…  L’école de Brienne avait été créée afin de former à l’art militaire les gens de la petite noblesse, qui, dans le système de l’époque ne pouvaient avoir accès aux plus hautes fonctions militaires, réservées alors aux nobles ayant plusieurs quartiers de noblesse.  Bourienne, d’abord secrétaire de légation à Stuttgart en Allemagne, avait épousé une demoiselle Conradi, fille d’un avocat de Leipzig. Quoi qu’il en soit, de retour à Paris, Bourrienne devint fournisseur des armées de Napoléon, ce qui l’enrichit considérablement ; il paya l’Hôtel  cent mille livres. Toutefois, en 1802, Bourrienne, compromis dans une faillite frauduleuse, fut congédié de son emploi de secrétaire de l’empereur et envoyé à Hambourg. Neurasthénique, Bourrienne se retirera en province et vendra l’Hôtel en 1824. Il y eut ensuite de nombreux propriétaires, jusqu’à ce que Charles Tuleu achète la propriété le 21 janvier 1886. Il fait construire au fond de la propriété un atelier, dans lequel il installe la fonderie de caractères d’imprimerie dont il a hérité de son parrain Alexandre de Berny, lui-même fils de Madame de Berny, grande égérie de Balzac ! La même année il épouse Jane Peignot, fille de Gustave Peignot, lui-même  fondeur en caractères d’imprimerie. Dans les années 1920, les deux sociétés fusionnent, et la société Deberny-Peignot est réputée dans les milieux de la typographie. Les Tuleu font réaménager les combles de lhôtel dans le style  Art Nouveau, et font classer l’hôtel « monument historique » en 1921.<o:p></o:p>

    En 1943, les Tuleu décédés, leurs neveux, monsieur et madame Jean Peignot,  prennent la maison en charge, et en assurent depuis la pérennité.<o:p></o:p>

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    VISITE DE L’HÔTEL BOURRIENNE<o:p></o:p>

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    Remarque : Si la construction de l’hôtel est le fait de Madame de Dompierre, la décoration a été commandée par Madame Hamelin puis par monsieur de Bourienne, et attribuée à Lecomte, Bellanger et Prudhon.<o:p></o:p>

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    L’entrée est de modeste dimension, environ 12 mètres carrés, et s’ouvre sur un large corridor ; à gauche, un escalier conduit au premier étage, habité de nos jours par les petits neveux et nièces de Charles Tuleu de Berny, propriétaire de la demeure au 19è siècle, et dont on voit un portrait de famille dans le salon d’hiver.<o:p></o:p>

    Au fond du couloir se trouve le jardin d’hiver, aux baies vitrées donnant sur le jardin.<o:p></o:p>

    A droite du corridor, on trouve plusieurs pièces de réception :<o:p></o:p>

    - Le petit salon et salle à manger

    Superbe parquet en mosaïque, de la période Empire, en chêne, palissandre et citronnier (le citronnier n’est pas notre arbre à citrons, mais un bois exotique oriental appelé citronnier par les ébénistes…)<o:p></o:p>

    La décoration murale relève du goût de l’Antique qu’on avait alors : fresques en bas-reliefs évoquant les récentes découvertes de Pompéi, colonnes avec des chapiteaux babyloniens. Mais la décoration s’inspire aussi de la mode anglaise de l’époque : murs vert tendre avec bas reliefs imitant le Wedgewood anglais…<o:p></o:p>

    Au plafond, une peinture représente une treille et des raisins.<o:p></o:p>

    On peut admirer un lustre d’époque fin 18è siècle évoquant la chasse, avec les supports des bougies en forme de cors de chasse…<o:p></o:p>

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    - Bureau :<o:p></o:p>

    Beau parquet « point de Versailles » en chêne, datant de la construction, soit 1785. Au plafond, il y avait une toile marouflée. Elle a été vendue et se trouve actuellement aux Etats-Unis.<o:p></o:p>

    Beau portrait de l’épouse de M. de Barny : une femme belle, aux yeux clairs et dont le portrait est d’une très étonnante modernité…<o:p></o:p>

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     - Grand Salon : C’est la salon des grandes réceptions. Décor parfaitement symétrique, avec de grands miroirs faisant face aux portes fenêtres donnant sur le jardin. Les miroirs étaient un signe de richesse, car très coûteux. Murs vert tendre, jaunes, rouge sombre, ornés de personnages antiques. On s’y réunit beaucoup, et notamment les sociétés monarchistes, réclamant le retour de la monarchie et le rétablissement de l’esclavage. C’est l’époque des Incroyables et des Merveilleuses, et aussi celle des Muscadins, appelés ainsi parce qu’ils se parfumaient, monarchistes convaincus. Bourrienne  va beaucoup militer en ce sens, en particulier après avoir « retourné sa veste », trahissant Napoléon au profit de Louis XVIII. Madame Hamelin, fille d’un planteur de Saint-Domingue, est amie de Joséphine de Beauharnais, et milite pour le rétablissement de l’esclavage. C’est dans ce salon qu’a été tourné au cinéma la rencontre entre Bonaparte et Joséphine, dans le film où Christian Clavier joue le rôle de Napoléon.<o:p></o:p>

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    Chambre  à coucher de madame Hamelin :<o:p></o:p>

    C’est une chambre d’apparat située au rez-de-chaussée. La décoration est faite d’oiseaux, de fleurs, à la façon de Louis XVI. Il est vrai que madame Hamelin venait de Saint-Domingue ; cela a pu influencer ce choix d’une décoration exotique. Au 18è siècle, la chambre n’est pas une pièce que l’on cache. Au contraire. Et le lit est le meuble dans lequel on investit le plus. Il est en effet un symbole à plusieurs titres : d’abord, à une époque où le chauffage est peu usité, le lit est l’endroit où on a chaud. Et c’est également l’endroit où l’on se retire pour se soigner en se reposant. Avoir chaud, bien se soigner, sont des signes de luxe, et on tient à le montrer… A l’époque du Directoire, puis de l’Empire, on assiste d’ailleurs à une sorte de libération des femmes : on utilise moins de cosmétiques sur le visage, on se montre plus souvent sans perruque, avec des cheveux libres, et coiffés selon des modèles antiques : coiffure à la Titus par exemple… De même, on supprime le corset (qui reviendra cependant plus tard), et on porte des robes à taille très haute. Enfin apparaissent le châle qu’on pose sur les épaules, les cothurnes, chaussures à haute semelle pleine, et on se met à porter de petits sacs à mains, les réticules..<o:p></o:p>

    Toute une époque !....<o:p></o:p>

    A l’arrière de l’Hôtel Bourrienne, il y a un jardin ; mais il n’en subsiste de nos jours qu’une petite partie, le reste ayant été amputé pour construire plusieurs bâtiments, dont une école…<o:p></o:p>

    L’Hôtel Bourrienne est un exemple rare de demeure du 18è siècle comportant encore de nombreux éléments décoratifs de cette époque.<o:p></o:p>

    Les visites se font sur RDV.<o:p></o:p>

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    COMPLEMENT : Le quartier de la Nouvelle-France :<o:p></o:p>

    La Nouvelle-France, nom donné au 18è siècle au Canada français, était le nom d’une caserne parisienne d’où partaient les soldats pour « La Jolie Province ».  Ce nom de Nouvelle France, désigna, par extension, le quartier alentour. Ce terrain, marécageux à l’origine, fut assaini. Il se couvrit de belles demeures à la fin du 18è siècle et au début du 19è siècle. Beaucoup d’entre elles furent détruites ou saccagées quand s’installèrent boutiques et ateliers ; disparurent alors en particulier trois maisons construites par Ledoux. Pourtant, derrière des immeubles de rapport, se cachent encore quelques beaux hôtels :<o:p></o:p>

    -         L’Hôtel Titon, 58 rue du Fbg Poissonnière, fut construit vers 1780 pour un conseiller au Parlement de Paris, Jean-Baptiste Titon. Les anciens jardins de l’hôtel Titon forment aujourd’hui la Cité Paradis au fond de laquelle se trouve la façade est de l’hôtel.<o:p></o:p>

    -         L’Hôtel Cheret, 30 rue du Fbg Poissonnière, construit vers 1780 pour François-Nicolas Lenormant de Flaghac, trésorier des ordres du Roi, fut aussi habité par le maréchal Ney, qui termina sa vie tragiquement, fusillé avenue de l’Observatoire à Paris. Le  porche sur la rue s’ouvre sur une grande cour. Le long de celle-ci se trouvent les anciens communs, ainsi que, au fond, un corps de logis dont la façade est agrémentée de quatre colonnes ioniques et d’ornements Louis XVI.<o:p></o:p>

    -         L’Hôtel Bony, 32 rue de Trévise, que l’architecte Bony construisit pour lui-même en 1826, a conservé sa décoration intérieure Restauration.<o:p></o:p>

    -         L’Hôtel de Botterel-Quintin, 44 rue des Petites Ecuries, fut construit à partir de 1782 par Perrard de Montreuil pour le comte de Botterel-Quintin ; la façade modeste cache une très belle décoration intérieure de style Directoire, dans le même goût que ce que l’on peut voir dans la chambre à coucher et la salle à manger de l’Hôtel Bourienne.<o:p></o:p>

    -         L’Hôtel Marmont, 51 rue de Paradis, construit en 1780, fut acheté par le banquier Perregaux et habité par son gendre le Maréchal Marmont qui y signa en 1814 la capitulation des troupes françaises. L’hôtel est complètement défiguré extérieurement mais quelques salons ont conservé des vestiges de leur décoration Empire.<o:p></o:p>

    -         Et enfin, toujours au fond des cours, des vestiges de la même époque, plus ou moins bien conservés :<o:p></o:p>

    -         54 rue d’Hauteville, un petit pavillon<o:p></o:p>

    -         60 Faubourg Poissonnière : un petit hôtel Louis XVI<o:p></o:p>

    -         56 Faubourg Poissonnière : un noble hôtel défiguré par des surélévations.<o:p></o:p>

    -         52 et 50 Faubg Poissonnière, deux bâtiments qui devaient servir d’auberges<o:p></o:p>

    -         6 bis rue Laumain, un pavillon élevé vers 1840…<o:p></o:p>


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