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13 septembre, la Saint Aimé....

Samedi 13 Septembre 2008 à 22:25

Publié par Robertcri dans LE MONDE COMME IL VA

Je me prénomme Robert... Quel rapport avec le 23 septembre, où l'on célèbre les "Aimé" ? Certes, le rapport est ténu, si caché que vous ne sauriez le trouver...Mais ne cherchez pas, c'est inutile, je vais tout vous dire !...Je me prénomme Robert et je suis né le 28 avril 1943... A cette époque lointaine, on ne connaissait pas d'avance le sexe de l'enfant à naître ; du coup, mes parents n'avaient choisi aucun prénom pour le bébé qui allait naître...pour moi ! Ils attendirent que je naisse, et ce fut fait donc, le 28 avril 1943, c'était un mercredi si ma mémoire est bonne ! Si, si ! vous pouvez vérifier... Mes parents virent que j'étais un garçon, et, n'ayant pas d'idée particulière pour me prénommer, ils consultèrent le calendrier, à la date du 28 avril : c'était la Saint Aimé ! Oui, vous avez bien lu, la Saint Aimé se fêtait  alors le 28 avril, avant que des esprits intelligents s'avisent de foutre la zoubida  dans les fêtes !.. Mes parents se regardèrent : "Aimé" ??...Sûrement pas ! ...Voilà comment je fus accueilli sur la terre : sûrement pas Aimé ! Un mal-aimé donc, ça commençait bien !... Poursuivant leur lecture, mes parents lurent la ligne suivante du calendrier : le 29 avril,donc si vous avez bien suivi : c'était la Saint Robert ! J'entends déjà vos objections, pour me faire remarquer que la Saint Robert se fête le 30 avril. Mais je vous arrête ! Relisez un peu plus haut, je vous ai bien dit qu'on avait foutu la zoubida dans le calendrier, faisant valdinguer les prénoms à d'autres jours, à d'autres semaines, à d'autres mois ! Heureusement, on n'a pas touché aux saisons, le Père Noël passe toujours le 25 décembre et le muguet fleurit le 1er mai... Revenons à ma naissance : mes parents me prénommèrent donc Robert, le prénom qui figurait sur le calendrier le lendemain du jour de ma naissance ! Robert, oui ! Mais Aimé,non !....C'est la vie !

Le réel et le virtuel

Mercredi 26 Novembre 2008 à 20:41

Publié par Robertcri dans LE MONDE COMME IL VA

 

Réel et virtuel…
 
On entend dire souvent qu’avec internet, nous perdons le contact avec le réel… Nos relations deviendraient virtuelles, et donc sans contact avec le réel… On s’éloignerait de la vraie vie… Ce n’est pas complètement faux. Est-ce pour autant vrai ? Je n’en suis pas sûr. Internet n’est pas une création ex nihilo. Tout d’abord, un constat s’impose : internet permet de nouer des contacts qu’il serait impossible ou très difficile de nouer sans ce media. Mais au-delà ce cet aspect pragmatique, réfléchissons un peu, penchons nous sur le passé… Bien des inventions ont jalonné la longue marche de l’humanité depuis des temps immémoriaux. Et lorsqu’on regarde chaque progrès accompli, on est frappé d’une chose : chaque invention a pour effet d’éloigner les hommes des autres hommes ou de la nature, quand bien même cette invention ne poursuivait pas un tel objectif. Prenons quelques exemples, sans remonter pour cela au Déluge. Lorsqu’on a inventé le train, puis l’automobile, on a eu pour objectif de permettre des déplacements plus rapides. Objectif atteint, mais au prix d’une d’une distanciation, d’une perte de contact : dans le train comme sur l’autoroute, je me déplace vite, mais je perds le contact avec la nature comme avec les gens : les coquelicots sur le bord de la route, le paysan qu’on salue en le croisant n’existent plus… L’avion c’est encore pire : on perd tout contact humain à dix mille mètres dans les airs…N’est-on pas dans une sorte de monde virtuel déjà, bien avant internet ?  On peut même s’interroger sur les conséquence d’un tel éloignement sur nos sensibilités : jadis, le roi traversant des villages dans son carrosse voyait la vraie misère des gens, tout roi qu’il était, il voyait la pauvreté, en percevait les bruits, les cris et les odeurs… De nos jours, les dirigeants du monde, dans leurs voitures, leurs trains et leurs avions, sont bien incapables de percevoir la misère, ils ne la voient plus au fond des yeux des misérables. La compassion ne joue plus, l’émotion, la pitié, ne touchent plus nos managers, pour qui la misère se résume à la sécheresse de quelques chiffres et statistiques : mais le « seuil de pauvreté », ça informe moins que la douleur dans un regard… Pensons à d’autres inventions encore : la radio permet à chacun d’entendre de la musique chez soi, plus besoin d'aller en salle de concert,  nous voici donc  une fois encore coupés des autres d’une certaine façon… Avec la télévision, plus la peine d’attendre le peloton du Tour de France au bord d’une route, on voit sur l’écran jusqu’aux détails du pédalier !... Dans « A la Recherche du temps perdu », Proust raconte que sa mère qui vient d’avoir le téléphone, découvre, ébahie, qu’elle peut désormais commander sa viande sans aller chez le boucher ! Le téléphone, tout en poursuivant l’objectif de rapprocher les gens ( Connecting people, dit la pub de Nokia !), les éloigne dans le même temps… Le cinéma a une fonction plus ambigüe : certes, il rassemble les gens dans une salle, mais dans le même temps, il permet de voir des paysages et des scènes qui n’ont que l’apparence de la réalité… Ce n’est pas la Pampa que je vois, mais une image de la Pampa, à la façon dont Magritte intitulait un de ses tableaux représentant une pipe : "ceci n’est pas une pipe !" Ainsi donc, même si internet, récemment apparu, semble favoriser une communication « virtuelle », je ne suis pas sûr qu’il nous coupe davantage de la nature et des autres que toutes les technologies précédentes. Je serais même tenté de penser l’inverse : Internet ne nous coupe pas des autres, il nous débarrasse seulement de certaines corvées : consulter ses comptes bancaires sur son ordinateur est tout de même plus pratique et rapide que de faire la queue au guichet pour voir un employé morose ! Par contre, grâce aux forums d’internet, il devient très facile de trouver, grâce aux autres, une réponse immédiate et bien réelle à ses préoccupations du moment, alors qu’on aurait bien du mal à trouver cette réponse en questionnant seulement quelques personnes parmi ses voisins ou son entourage… En fait, Internet multiplie à l’infini le relationnel ! Avec internet, on retrouve des copains de lycée ou de travail qu’on n’aurait jamais pu contacter autrement ! C’est tout de même bien réel, ça, et non virtuel !... Enfin cette opposition entre le réel et le virtuel ne me semble pas avoir grand sens, pour la raison suivante : bien des aspects de notre vie sont guidés  ou conditionnés par des considérations qui sont plus proches du virtuel que du réel : la publicité, la mode, la décoration, tout cela consiste déjà à nous dissimuler le réel au profit d’un monde virtuel aux couleurs de nos rêves…  Et puis, j'aurais dû parler de Gutenberg, car l'imprimerie, en inventant le livre a contribué aussi à une distanciation : en lisant le texte d'un autre, je n'ai plus besoin de lui parler, on échange par la lecture qui est déjà une communication à distance !... Accueillons donc internet avec optimisme : c’est un outil de plus, il n’est pas pire que les autres… et d’autres suivront. L’humanité ne s’arrête jamais.
Au cimetière du Montparnasse

Mercredi 26 Novembre 2008 à 23:22

Publié par Robertcri dans LE MONDE COMME IL VA

 

1er septembre 1999 : Nous voici dans un mois de transition, qui commence dans l’été et finit dans l’automne.  On se croirait en juillet, il ne manque rien au décor de l'été : soleil, ciel bleu et chaleur jouent les prolongations. On en a profité pour faire une petite balade au cimetière du Montparnasse, dans le 14è arrondissement de Paris. Nous n'y étions encore jamais allés. Les cimetières ont la réputation d'être des lieux tristes. Leurs occupants sont morts et nous renvoient au souvenir nostalgique de ceux qui ne sont plus, mais aussi à notre propre fin, à notre finitude comme disent certains qui s'imaginent paraître savants en se montrant abscons !… Le cimetière du Montparnasse, cependant, est plus qu’un cimetière, c’est aussi un grand parc, le deuxième de Paris avec ses dix-neuf hectares et ses onze mille arbres. Oui, vous avez bien lu : onze mille arbres ! Reposent ici nombre de personnalités qui furent célèbres, le sont encore, le resteront peut-être… Il y en a tant dans ce cimetière qu’on ne saurait tout voir en une seule visite. Et donc nous ne sommes allés que sur quelques tombes : l'écrivain-philosophe Jean-Paul Sartre et sa compagne Simone de Beauvoir, la romancière Marguerite Duras, l'acteur Jean Carmet, discret et bon vivant, grand amateur de vin… Egalement le compositeur et chanteur Serge Gainsbourg qui passera à la postérité, car il porte en lui ce qu'il faut de génie, de folie et d'excès pour transcender les hommes et le temps...  Nous avons vu aussi quelques tombes de célébrités désormais confirmées :
Garnier, qui a construit l'Opéra de Paris, et Guy de Maupassant, dont on a du mal à imaginer, quand on a lu son œuvre si multiple, si bouillonnante et si vivante, qu'il puisse reposer là, sous une pierre surmontée de deux colonnes grises, près d'un grand sapin noir... Maupassant semble toujours vivant. D'ailleurs, certains lui parlent encore ; sa tombe recèle une niche, dans laquelle des visiteurs anonymes ont déposé des petits mots. J'ai déplié l'un d'eux, une simple feuille de papier pliée en quatre, sur laquelle j'ai lu ce message :
"Cher Guy de Maupassant, j'ai lu toute ton œuvre, s'il te plaît, fais en sorte que je trouve du travail !… Roseline"
 J'ai replié le petit papier et je l'ai remis à sa place. Mais soudain, dans ce cimetière ensoleillé et verdoyant sous le soleil encore si chaud de septembre, je me suis senti accablé : pas à cause des morts, mais à cause d'une vivante ! Je me suis demandé qui était cette Roseline inconnue, cette femme désemparée au point d'invoquer la mémoire de Maupassant, au point d'écrire à son intention quelques lignes  pathétiques dans  l'espoir  de retrouver un emploi, de retrouver un peu  de travail, un peu d’argent, un peu de dignité… Combien y a-t-il de "Roseline" désespérées, dans notre pays qui se proclame de liberté, d'égalité, de fraternité ?…Vraiment, la vie est parfois plus triste que la mort, voilà ce que je me suis dit, en sortant ce jour-là du cimetière du Montparnasse.
Le jardin de Bagnolet

Mercredi 26 Novembre 2008 à 22:58

Publié par Robertcri dans LE MONDE COMME IL VA

 

J’en conviens, il faut être pervers ou mal inspiré pour aller traîner de ce côté, dans cette banlieue industrialisée dans le pire sens du terme. Mais il y parfois du meilleur dans le pire comme il y a des pépites dans la terre grise. Le promeneur qui déambule dans Bagnolet est abasourdi par le contraste étrange de cette proche banlieue, au nord-est de Paris ; au milieu de la ville, on franchit un pont, et l’on voit alors, en dessous, un long et double ruban de béton  qui est comme une échappée sur  le 21ème siècle et son flot bruyant de véhicules : c’est l’autoroute A3, une large percée de béton qui fonce vers l’aéroport Charles-de-Gaulle de Roissy. L’endroit constitue un décor futuriste, synonyme de vitesse et de progrès…Tant de bagnoles... à Bagnolet après tout, on devrait s’y attendre !... Mais à peine a-t-on franchi le pont, que soudain on a l’impression étrange d’accomplir un  voyage insolite et inattendu, non pas dans l’espace mais dans le temps. A deux cents mètres du vacarme autoroutier, surgit brutalement devant nos yeux le spectacle étonnant et suranné d’un jardin de banlieue. Au fond, on voit une humble maison grise au crépi lépreux, dont la façade basse est depuis longtemps lézardée. Les volets de bois s’écaillent, laissant voir un peu de bois vermoulu sous la peinture verte. Des rideaux, tricotés au crochet, habillent les fenêtres. A l’avant de la maison s’étend le jardin, véritable survivance des temps anciens : un jardin de banlieue, presque un jardin à la campagne comme il y en avait tant encore il y a une cinquantaine d’année. Sagement alignés dans des planches séparées par de minuscules allées de terre tassée, des légumes s’épanouissent encore sous le ciel bas d’octobre : il y a là des choux pommelés, des laitues quelque peu chétives, tout un fouillis bleuté de poireaux, le feuillage finement dentelé des carottes, et toutes ces plantes potagères qu’on ne voit plus guère de nos jours que sur les étals des grandes surfaces. Il y a de la beauté et de la nostalgie dans ce jardin de Bagnolet, souvenir émouvant, presque incongru, des temps qui ne sont plus. Et puis, un peu à l’écart, poussent aussi quelques massifs de fleurs : des rosiers aux fleurs rouges, mais surtout des dahlias, aux teintes nostalgiques : longues pointes blanches des dahlias-cactus au cœur jaune safran, larges fleurs saumonées alourdies par la pluie, tendres boules nacarat des dahlias pompons, comme endormis là en attendant l’hiver… Rien de moderne ici, les piquets pour tenir les tomates sont en châtaignier, un vieux salon de jardin en rotin grisonne sous le soleil pâle et semble attendre un improbable visiteur, un arrosoir renversé traîne sous un robinet de laiton jaune. A côté sur un tabouret, un chat noir et blanc dort en rond. On dirait que la vie ici s’est arrêtée en un autre siècle, où tout allait moins vite… où l’on savait prendre son temps… Avant de m’éloigner, je regarde longuement cette humble maison et son petit jardin de banlieue. Mais je suis sans illusion. Quand je reviendrai ici, un jour, plus tard,  elle aura sans doute disparu. A la place s’élèvera un immeuble avec des fenêtres écologiques à triple vitrage, caméra vidéo et code numérique à l’entrée… La maison et son jardin avec ses fleurs et ses légumes ne seront plus qu’un vague souvenir avant de sombrer dans l’oubli… Tout passe, dit ma concierge… Sic transit gloria mundi  disent les plus lettrés, mais ça revient au même !...
Accident aux Antilles

Vendredi 28 Novembre 2008 à 17:49

Publié par Robertcri dans LE MONDE COMME IL VA

 

Un avion s’abîme aux Antilles. La catastrophe fait cent cinquante deux morts, aucun survivant. Toutes les victimes habitaient La Martinique. C’est un drame humain, incontestablement. On organise une cérémonie, cela se comprend. Là où je suis surpris, c’est de constater son caractère à ce point grandiose : cent cinquante deux portraits géants sont déployés… Les noms des victimes sont déjà gravés sur une stèle du souvenir !… Quelle précipitation dans les honneurs posthumes, et surtout quelle emphase, quel excès dans cet hommage ostentatoire ! Je veux bien convenir que les victimes n’ont pas eu de chance ! Je reconnais que ce qui leur est arrivé est très triste… Et je compatis au sort de ces gens. Ceux qui sont morts dans la catastrophe, mais aussi ceux qui restent, leurs proches. Mais quel mérite particulier avaient donc les victimes  pour que l’on rende de tels honneurs ?… Ah, on s’est montré moins empressé pour célébrer les morts de la Grande Guerre. Ceux-là n’étaient pourtant pas partis pour une partie de plaisir, pour un voyage d’agrément, mais pour la plus cruelle des guerres ! Ils n’étaient pas morts dans un accident stupide, mais dans une boucherie organisée par des hommes, délibérément ! En partant, ils savaient qu’ils risquaient de rencontrer la mort au fond d’une tranchée. Ils se sont battus pour l’honneur et pour la patrie à laquelle on croyait alors. Ils n’ont pas eu pour autant leur portrait hissé sur le pavois de la renommée ! Et il a fallu plusieurs années avant qu’ils aient leur nom sur un monument… Quant aux survivants, parfois cruellement mutilés, certains ont attendu d’avoir 80 ans ou davantage, pour que l’on daigne enfin accrocher à leur veston le ruban rouge de la Légion d’Honneur… Quel étrange nation que la nôtre, qui délaisse ceux qui sont morts en faisant à la patrie le sacrifice de leur vie et qui rend les plus grands honneurs à ceux qui ont simplement été victimes d’un accident  tragique ! Cette émotion médiatisée est indigne ! Quelle ineptie, de voir que les cent cinquante deux morts des Antilles ont leurs noms gravés sur une stèle, tandis que les cinq mille  tués sur la route chaque année en France, doivent, eux, se contenter d’un entrefilet dans un journal !... Parfois d’une silhouette de bois noir au bord de la route, à la sortie d’un virage !
 
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